Samedi 31 octobre 2009

Miaou lecteur,

Nous passons la borne de mi-parcours du quinquennat de notre despote élu pour cinq ans. Pas de fleurs, pas de trompettes, je ne vais même pas établir la liste des vilénies de ce gouvernement, ma gazette n’y suffirait pas. Par ailleurs, le bilan de mi-parcours est dans la tête (ou dans le porte-monnaie) de tous, que chacun fasse donc ces comptes… Je n’aurais pour les licenciés, les retraités ruinés, les malades mal remboursés, les déclassés, les pauvres et les appauvris, les détenus arbitraires, les victimes de violences policières, les reconduits aux frontières, les pollués, les mal-bouffeurs empoisonnés, les stressés du travail, les désespérés (pour les suicidés, c’est trop tard), les jeunes (des banlieues ou non) désorientés et stigmatisés et quelques autres, qu’ils aient voté pour ou contre qu’un mot : courage, je pense que le pire est encore devant nous !

Puisque le sujet fait buzzer, un mot sur le fils du père. Comme on s’en doute, mon approche sera celle d’un chat noir et non d’un loup blanc ; pas de hurlement donc, plutôt une réflexion.

Toute espèce, et l’homme en tant qu’espèce ne fait pas exception, tend à perdurer par la reproduction. Sans vouloir mettre une volonté là ou il n’y a sans doute (mais sait-on jamais) qu’un « jeu » de forces, tout se passe un peu comme si les gènes voulaient survivre au delà de leur porteurs de générations en générations. Les espèces qui se sophistiquent (au sens ou un mammifère est plus complexe qu’un poisson et un poisson plus complexe qu’une amibe) transmettent à la génération suivante non seulement des gênes mais aussi des techniques de survie de plus en plus subtiles et complexes. Si l’on admet, suivant ce schéma, que l’espèce humaine est la plus complexe de toutes les espèces de la planète, il est alors logique que la transmission à la génération suivante soit une préoccupation majeure de tous parents. S’ajoute à cela l’influence culturelle occidentale qui veut que si la mère transmet la vie, il reste au père pour être un « vrai » (c'est-à-dire socialement reconnu) père, la responsabilité de fournir un « patrimoine » (ou au moins une « situation ») à sa progéniture. De ce fait, comment en vouloir au père de chercher à toute force à placer le fils, au mépris de toute logique et de toute raison lorsque à la fois l’instinct et à la fois la culture poussent à la roue.

Aveuglement ou cynisme, le discours fait par le père devant l’école de la république parlant de méritocratie et réussite par le travail tandis que le fils se trouve placé pour s’être juste donné la peine de naître ? Difficile à dire… Bêtise humaine en tout cas.

Je n’en veux pas à l’homme de n’être qu’un homme, mais j’en veux à notre république d’être incapable de protéger nos élus et leurs électeurs de ces faiblesses humaines. Faudrait-il donc pour empêcher le népotisme interdire radicalement aux pères (et mère) de familles d’être élus ? Sans doute pas mais ne pourrait-on envisager une disposition constitutionnelle qui viserait à encadrer de près les fonctions occupés par les « fils de » justement parce qu’ils sont « fils de » ?

Repoussé par tous les avertisseurs (sondages, journalistes, députés, « amis »…), le père a finalement demandé au fils de laisser tomber, preuve que seule aujourd’hui en France une mobilisation non pas de la rue mais de « l’opinion » nuance importante dont je t’entretiendrais un jour ami lecteur, permet de faire reculer celui qui pense tout ordonner, tout régenter dans notre pays, en Europe et même dans le monde, alors qu’il reste l’œil paranoïaquement fixé sur sa « cour », quêtant une approbation ou redoutant un reproche. Triste aliénation pour un qui voudrait ne rien devoir à personne et tout diriger chez eux.

Le plus agaçant de ces sujets minables qui font bruisser l’actualité c’est que du coup est passé sous silence un certain nombre de réformes importantes qui mériteraient débat comme par exemple et en vrac, la validation par le conseil constitutionnel de la loi Hadopi, la réforme du statut de la Poste, la réforme de la taxe professionnelle, la réforme de la carte électorale et du mode de scrutin, la réapparition du fichage des jeunes (et moins jeunes) par un Edwige « amélioré », la légalisation de la privatisation des jeux d’agent en ligne, le Taser reconnu par son fabriquant comme potentiellement létal en fin de compte, le déficit record du budget (145 milliards d’euros) envisagé pour 2010 tandis que l’on maintient un bouclier fiscal qui nous en coûte 50 milliards chaque année, le stress au travail induit par les impératifs contradictoires, les délires sécuritaires sur la route, l’état des prisons françaises, le sort réservé aux migrants, ou l’adoption du traite de Lisbonne et les conséquences pour les ressortissants européens…

Comment ne pas être sidéré (au sens propre) par une telle débauche de problèmes, de nouvelles et de réformes ? Comment être sur tous les fronts, de tous les combats, parer tous les coups et rester suffisamment lucide et informé pour discerner le bon du mauvais, ce qui est un progrès utile à l’humanité et ce qui n’est qu’une basse manœuvre politique destiné à assurer le contrôle du peuple, sa servilité et son assujettissement ? Je n’ai pas les réponses, hélas, juste un ou deux principes de bon sens et un texte daté de 1948 adopté par les nations de l’époque et reconnu comme le plus abouti de la conscience humaine. Bien sûr, il n’est pas parfait ni intouchable mais si on peut l’enrichir, il ne faut rien y retrancher. Il constitue la base non négociable qui doit guider toute politique humaniste ce qui doit rester la seule légitimation d’un gouvernement acceptable.

Le temps me manque ce mois-ci pour détailler mais nul doute que ces sujets cités en vrac reviendront régulièrement dans l’actualité des mois à venir. En attendant ami lecteur, couvre-toi bien, si tu chopes la dernière cochonnerie à la mode, ne compte pas trop sur le système de santé qui croule sous les dettes lui aussi, pour t’aider à survivre. Heureusement, l’arrière saison est belle.

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Mercredi 30 septembre 2009
Miaou lecteur,


Tandis que moult petits loups blancs emmènent leur progéniture à l’école pour la rentrée des classes, tout en se demandant s’ils les reverront sains et saufs tant la psychose H1N1 a été bien entretenue (toujours la stratégie de la peur pour assurer la servilité), les politiques sont eux aussi bien rentrés. L’actualité a été fertile en déclaration durant leurs « université d’été ». Je passe sur les dérapages (plus ou moins contrôlés) qui alimentent le buzz et détournent des sujets importants et je reviens ce mois-ci sur la taxe « carbone ».

Pour un (devinez qui) qui prétend ne pas augmenter les impôts, nous sommes désormais bien servis ; je la fais courte : bouclier fiscal pour les nantis et taxe pour les autres. Une taxe, ce n’est donc pas un impôt ? Il faudra que je me documente un jour sur les subtilités du vocabulaire fiscal et le vice de la langue politique… Toujours est-il que le pigeon, pardon le pollueur, c’est à dire celui qui ose encore se déplacer au moyen d’un véhicule motorisé fonctionnant avec un carburant tiré des hydrocarbures fossiles et se chauffer avec une chaudière fonctionnant idem va payer. Payer ? Oui enfin sauf s’il est pauvre ou s’il est un peu moins pauvre et qu’il a des enfants, car dans ce pays, fonder une famille excuse tout, même de polluer pour la transporter et la chauffer. Il sera alors dédommagé par un chèque ou un petit avoir fiscal. De même s’il habite loin en campagne. Bref, la taxe « carbone » je me demande bien qui va la payer si l’état rembourse ceux qui la paye (les riches par le bouclier fiscal les pauvres par un chèque)… Peut être cette fameuse « classe moyenne » appelé de mes vœux lors de mes deux dernières gazettes ? Encore faudrait-il alors cesser de s’acharner à la détruire par une paupérisation grandissante, résultat direct des politiques néo-libérale des 30 dernières années et son productivisme qui génère le CO2 honni.

Je crains qu’on ne s’aperçoive un jour que le « remboursement » n’est qu’une misère comparé au coût de la taxe et que seuls les riches seront épargnés finalement. Bref, rien de nouveau, les riches roulent en 4x4 ou en grosse berline et les pauvres paient leur carburant plus cher pour aller bosser (quand ils ont un job), pour aller chercher leurs enfants à l’école et faire leurs courses et pour les réchauffer l’hiver. La maxime de Claude ALLEGRE, célèbre dégraisseur de mammouth, fait mouche : les riches en auto, les pauvres à vélo.

Les petits loups blancs avaleront-il le truc ? N’en doutons pas. Il s’en trouvera même pour penser qu’ils font un effort « pour l’environnement ». Ah, ah, ah ! Alors de ce point de vue, je les édifie tout de suite ; cette taxe « carbone » pour sauver l’environnement, c’est un leurre !

Démonstration :
Le but (disent-ils, et « ils » adorent dire) est de limiter les rejets de CO2 dans l’atmosphère afin de limiter l’effet de serre. Je note déjà qu’il ne s’agit pas de diminuer la quantité de CO2 déjà présente dans l’atmosphère et dont plus personne un tant soit peu rationnel (sauf peut-être le même Claude ALLEGRE dont les propos sont sur ces sujets disons, brouillés, même s’il indique travailler sur la « séquestration » du CO2) ne nie l’impact environnemental mais juste de diminuer l’ajout de CO2 supplémentaire. En gros, face à un incendie (te souviens-tu ami lecteur du discours de J. CHIRAC en mai 2006 sur la maison qui brûle ?), nos dirigeants commencent à se dire qu’il faudrait mettre un peu moins d’huile sur le feu ! Les pompiers ? Ce sera pour plus tard ! Le plus amusant (moi en tout cas ça me fait rire, pas vous ? Ah bon !) c’est que c’est la caserne des pompiers qui brûle et que du coup, le matériel anti-incendie (et les pompiers) risquent fort de ressembler à un tas de cendre quand les dits dirigeants se décideront enfin à en faire usage…
Mais rien que de tenter de limiter ces rejets au moyen d’une taxe française restera sans effet puisque les autres pays consommeront (à notre place et un peu plus tard) les hydrocarbures fossiles que nous nous efforcerons de ne pas consommer pour préserver notre porte-monnaie. Et au final le CO2 sera rejeté tout de même dans l’atmosphère… Par d’autres ! Pour le profit de leurs économies restées prédatrices et de leurs actionnaires. Et je doute qu’alors l’effet de serre se dise : « épargnons la France des fortes chaleurs et des fortes tempêtes, ces gentils français ont mis en place une taxe « carbone »…
 
Cette taxe « carbone » ne peut donc avoir d’effet tangible que si elle est mondialisée. Le truc vraiment drôle (moi en tout cas ça me fait rire aussi, toujours pas vous ? Ah bon !) c’est que c’est ce dernier argument qui conduit nos dirigeants à refuser l’instauration de la taxe Tobin (1% sur les transactions monétaires) unilatéralement en France. Il faut dire que là, au lieu de pénaliser les petits loups blancs au petit portefeuille vide ou presque, elle toucherait aux gros portefeuilles bien pleins des requins de la finance…

Justice est donc faite ici de cette farce. Ici parce qu’avant de trouver un média à large diffusion capable de présenter la chose aux petits loups blancs, il fera chaud !
Mais comme je n’aime pas démolir sans proposer, voici une idée de remplacement :
Je propose de ne pas faire de remboursements ridicules et complexes de cette taxe (et tant pis pour les pauvres, c’est pour « sauver la planète » qu’on vous dit et on pourrait compenser en augmentant le SMIC par ex.) mais plutôt de s’en servir pour constituer un fond qui sert à acheter du brut. Ensuite, surtout ne pas consommer ce brut mais le stocker dans des cavités géologiques particulières (je vous passe les détails techniques mais en gros, re-stocker le brut dans des endroits ou il aurait pu se former, en extrayant préalablement le sel qui s’y trouve souvent à la place). Au moins, une fois chez nous, personne n’osera venir nous le prendre (dissuasion nucléaire oblige). Et rien n’interdit d’acheter sur les « marchés » une chose dont on ne se sert pas… On pourrait même proposer aux autres pays disposant aussi de l’arme atomique, de revenus et de vastes terrains propices (je pense au hasard aux Etats-Unis, mais aussi à l’Angleterre et aux champs pétrolifères quasi vidé de sa mer du nord) de se convertir eux aussi à l’écologie intelligente en appliquant cette idée. Une fois les états « éclairés » propriétaires le plus légalement du monde des dernières réserves de pétrole, ces mêmes états pourraient plus facilement faire passer l’idée d’une sortie nécessaire du « tout pétrole » au reste du monde (et à leur propre peuple). Ca tombe bien, il faut des crédits pour les recherches dans la fusion contrôlée de l’hydrogène... Et pourquoi ne pas étendre cette démarche au charbon et ré-emplir nos anciennes mines ? Pour les vaches et leur production de méthane, je n’ai pas trouvé d’idée décente…

Allez, en bonus, un petit mot sur l’Europe.
Les députés du parlement européen viennent de reconduire E. BAROSO président de la commission européenne. Cette élection s’est faite dans un fauteuil : il était le seul candidat, ce qui n’est pas précisément démocratique et fait plutôt penser à la réunion annuelle d’un syndic de propriétaires. Les partis « des forces de progrès » (en gros « de gauche » ) n’ont pas su proposer un adversaire et de toutes façons sont minoritaires au parlement ce qui, en pleine crise financière et faillite patente du capitalisme financier, fait vraiment douter du sens commun des électeurs mais passons, je suis et reste démocrate...
Conséquence directe, la politique européenne va continuer exactement comme avant c’est à dire poursuivre dans le néo-libéralisme le plus dogmatique, donc le plus imbécile. Et ce ne sont pas les agriculteurs producteurs de lait dont on « libéralise » le marché qui me démentiront ! Quand je te disais, ami lecteur, en mai dernier que voter aux élections européennes était très important…

Ar c’hazh du.
Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Lundi 31 août 2009
Miaou lecteur,

Comme promis, la suite de ma Gazette de juillet, prônant le plus d’être et le moins d’avoir.

Après avoir montré, rapidement, pourquoi il nous faut, dans la perspective d’une société humaniste, c’est à dire une société visant « au plus grand bonheur possible du plus grand nombre » comme le propose Priestley reprit par Bentham, faire primer l’être sur l’avoir, je te propose ici, ami lecteur, quelques pistes pour limiter la quantité d’avoir à laquelle chacun peut prétendre. Nul doute que ces pistes feront hurler les petits loups blancs, toujours prompt à ne voir que leur intérêt immédiat et personnel sans se rendre compte qu’ils font ainsi le lit de ceux qui les exploitent, mais c’est pourtant ainsi qu’il faudrait envisager une société plus heureuse et plus durable.

Première piste : l’héritage.
Puisque le capital accumulé est facteur d’inégalité sociale et que le modèle élaboré ici tente de proposer une meilleure répartition des richesses sans, bien sûr, décourager la motivation des producteurs de richesses, erreur commise par les collectivistes, il semble logique de limiter la part de richesse qu’un individu peut recevoir sans avoir pour autant participé à l’effort commun pour la produire. Or, comme disait Beaumarchais, les héritiers se donnent juste « la peine de naître et rien de plus ». A ce titre, je milite pour la suppression du droit à hériter et le retour à l’état (c’est nous) des biens meubles et immeubles d’une personne décédée. Bien entendu, ce type de proposition radicale doit être relativisée et amendée par quelques aménagements de simple bon sens. Ainsi, par exemple, on laissera la jouissance des biens (l’usufruit) au dernier vivant d’un couple et l’on instaurera une franchise fiscale à la hauteur du prix d’une maison modeste et des quelques biens meubles qu’elle pourrait contenir ; je ne cherche pas à spolier les enfants des gens modestes mais à capter les héritages souvent considérables des familles qui collectionnent les châteaux, les résidences secondaires, les terrains agricoles, viticoles ou forestiers, les toiles de maîtres et autres œuvres d’art, les voitures de sport, les juteux placements et j’en passe. Toutes ces choses égoïstement acquises par des profits réalisés sur le travail des individus moins favorisés par le sort contraints au salariat pour vivre et se créer un foyer.
Si un patrimoine conséquent ne peut plus être accumulé dans le but de le transmettre, à quoi bon dès lors le constituer ? Cet argent dormant, destiné aux héritiers devra, soit être consommé de son vivant (ce qui fera tourner la machine économique), soit être redistribué par l’état au décès. Cette approche égalitaire de la naissance, outre qu’elle évitera la création de « mentalité d’héritier » (de gosse de riche si on préfère), a aussi le mérite d’éviter que les richesses ne se concentrent, par accrétion, dans les mains de peu de gens, ce qui n’est jamais très bon pour une démocratie et à coup sûr mauvais pour les ressources de la planète.
Le cas du patron de PME qui décède reste assez délicat à gérer. Il nécessiterait un développement à lui seul. L’idée, pour éviter un démantèlement d’une entreprise viable, serait de transférer la propriété à un patron repreneur. Il lui resterait interdit de tirer profit de la disparition de la dite entreprise ou de la revendre avec profit (voir la dernière piste)

Seconde piste : le revenu maximum.
Si la société développée occidentale et moderne (un état social) prévoit un salaire minimum pour toute activité salariée et même parfois un revenu minimum pour chaque citoyen indépendamment de son travail, il reste un long chemin à parcourir pour faire accepter un revenu maximum. L’idée qu’aucune activité ayant un rôle social ne pourra jamais prétendre à une rémunération supérieure à un maximum fixé par la loi, choque encore nombre de petits loups blancs. Et pourtant, j’ose un chiffre. Je ne pense pas qu’il faille dépasser un revenu dépassant de 300 fois le revenu minimum. Ainsi entre le « Rmiste » et le « Mannequin de pub » ou le « Grand capitaine d’industrie ou son actionnaire » ou encore « l’Artiste ou le Sportif adulé », ce facteur limiterait les gains de ces « grands hommes » à 150.000€ par mois ce qui semble tout de même très suffisant pour entretenir un foyer décent… Je parle bien de revenu et non de salaire. Il est en effet bien connu que le salaire des « grands hommes » ne représente qu’une part marginal de leurs revenus.
Pour y parvenir, je propose de laisser libre les sources de revenus, je ne remet pas en cause le principe des professions libérales, et de contrôler ce total par l’impôt, (cf. la troisième piste ci-après). Libre à chacun de travailler et même de travailler beaucoup pour vivre et vivre bien, mais force doit rester à l’état de contrôler et limiter les accumulations de biens dans les mains d’un petit nombre pour prévenir le risque de faire tomber la démocratie dans l’oligarchie ou la ploutocratie.

Troisième Piste : L’impôt juste et confiscatoire.
Comme je l’ai déjà dit dans de précédentes Gazettes, l’impôt, pourvu qu’il soit équitable, ne constitue pas une injustice mais, bien au contraire, est le garant d’une certaine paix sociale par une judicieuse redistribution. Je propose donc que l’impôt sur le revenu soit considérablement revu pour permettre une progressivité qui va, non pas comme aujourd’hui de 0%  jusqu’à 40%, mais bien jusqu’à 100%. Je ne rentre pas dans les détails de cette mécanique, n’étant pas fiscaliste. Disons simplement que l’excèdent au-delà d’un certain revenu (300 RMIs par mois), est intégralement reversé à l’état. En parallèle, je propose de supprimer ou du moins diminuer la TVA sur les produits de consommation courante (ce qui constitue « vraiment » le panier de la ménagère).

Dernière piste : l’interdiction de la spéculation.
Le point sans doute le plus important en ces temps qui viennent de montrer les ravages que peuvent causer l’avidité et la rapacité sans limites des spéculateurs. Le principe est donc assez simple : interdire la réalisation de profits de la vente d’un bien sur lequel n’a pas été effectué de valeur ajoutée. Ce principe s’applique tout particulièrement sur les marchés ; il permet de continuer à investir dans une entreprise et d’en tirer des dividendes selon le principe, proposé par notre despote élu pour 5 ans lui-même du 1/3 aux actionnaires, 1/3 pour l’investissement, 1/3 pour les employés, mais il interdit de revendre une action (ou quoi que ce soit de coté aujourd'hui sur un "marché") plus chère qu’elle n’a été achetée (en euros constants).

Bien entendu, ses propositions restent des principes, des pistes, et demandent de multiples ajustements. Un obstacle (et non des moindres) est l’instauration d'un système de répression des fraudes. efficace. Mais quand on voit l’énergie policière qui est dépensée pour la répression routière ou du vol de pomme dans ce pays, nul doute qu’une correcte réorientation des forces de police vers la délinquance en col blanc donnerait des résultas bien plus intéressant en matière de retour sur investissement, pour ne rien dire de la meilleure justice sociale qui s’instaurerait. Par ailleurs, la meilleure répartition des richesses qui en résulterait, découragerait la petite délinquance (pourquoi voler ce que l’on possède déjà ou ce que l’on peut s’offrir sans trop souffrir ?). Enfin, les individus, débarrassés de la pression de la compétition et assurés d’un confort matériel minimum pourraient se tourner vers des objectifs de vie beaucoup plus satisfaisants ; la quête de leur être, le soin de leurs blessures spirituelles, le partage  et l’échange avec les autres, l’augmentation de leur culture, de leur savoir, de leur joie par l’amour, par les loisirs, et la recherche d’une paix intérieure quand la mort se rapproche.
Moins de stress, plus de plénitude, moins de travail, plus de plaisir. J’aime mon utopie. Pas vous ?

Ar c’hazh du.
Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Vendredi 31 juillet 2009

Miaou lecteur,

Et nous voici fin juillet. Nous avons fêté, comme chaque année, la prise de la bastille ; défilé impeccable devant un parterre de politiciens impassibles et ennuyés, allocution fastidieuse du despote élu pour 5 ans, feux d’artifices, et bal musette puisqu’en France, comme l’a pointé Beaumarchais, tout finit par des chansons, même les révolutions.

Artifice, le joli adjectif que voilà, beau symbole des temps et de la poudre jetée aux yeux des petits loups blancs par un magicien qui fait croire qu’il Oz… Artifice pour pour mieux persuader qu’on ne peut décidément rien faire pour changer le monde et surtout pas mieux répartir pour chacun les richesses produites par tous.

A ce propos, j’en appelle ce mois ci à Aristote. Non pas que je connaisse bien ce philosophe, mais parce que malheureusement lorsqu’on veut convaincre dans ce pays, il faut savoir citer des sources, anciennes de préférence, cela rassure le lectorat (et les examinateurs de philo). Mais je pense que la chose la plus importante en matière de philosophie n’est pas de bien connaître un auteur, même si cela aide, c’est plutôt de bien saisir ces idées et sans doute mieux encore de les faire siennes en développant celles qui ont su vous convaincre. Et si au passage, vous trahissez un peu l’auteur initial, ce n’est pas très grave, il est mort depuis longtemps, et vous pouvez toujours alors prétendre à une idée un peu originale, ce qui, convenons-en, est un moindre mal dans ce monde sans autres idées que celles prônées par une minorité dirigeante, inculte et autoritaire…

Aristote donc. Au-delà de sa justification révoltante de l’esclavage, que j’interprète, pour ma part, plus comme la réponse à un besoin de confort du maître que comme la nécessité de l’asservissement per se et qu’on pourrait donc de nos jours remplacer avantageusement par le confort " moderne ", Aristote est un partisan farouche du " juste milieu ". Bien sûr pas le milieu tiédasse du " marais " des temps de la convention dont l’héritage mollasson transparaît encore de nos jours dans une aile " gauche " vendue au grand capital (les courants Strauss Kann, Lamy et autres) pensant pouvoir apprivoiser le monstre, qui par des réglementations humanisantes, qui par quelques réformes techniques d’une part, et dans une aile " droite " conservatrice et catholique se réclamant de la morale chrétienne (le courant Bayrou) pensant, eux, apprivoiser le même monstre par la voie de la charité et de la compassion nous expliquant qu’il faut bien qu’il y ait des riches car sinon qui s’occuperait des pauvres, d’autre part.
Ce milieu là qui ne sert que d’alibi oppositionnel dans le but de laisser à penser aux petits loups blancs que notre régime est démocratique, n’est pas celui d’Aristote. Le sien, c’est le juste milieu qu’incarnerait une société ou les pauvres comme les riches seraient peu nombreux et les très pauvres comme les très riches seraient encore plus rares. Et cela par la vertu d’une démocratie distributive des richesses produites et limitative des enrichissements capitalistes, lesquels pourrait se définir comme l’accumulation des richesses par accrétion exponentielle ou plus simplement par l’aphorisme : plus tu es riche et plus tu le seras avec en corollaire plus tu es pauvre, plus tu le seras et ce, quelque soit tes efforts, ta peine et ton travail.
Aristote, qui me semble avoir compis que plus que les idées, c'est l'argent qui mène le monde et fonde les classes sociales, recommandait de donner à la plus grande partie d’une population (les " ni très riches ", " ni très pauvres ", la classe moyenne donc) les moyens de contrôle de la société parce que les riches, trop opulents, se désintéresseraient de la conduite de la cité pour tout autres sujets que le maintient de leurs privilèges (et qu’est donc le bouclier fiscal sinon une manifestation contemporaine de ce souci ?) et parce que les pauvres trop déçus du système social proposé ne pourrait raisonner autrement qu’en opposition radicale qui conduiraient à la destruction de la cité. Reste donc la classe moyenne et partant celle-ci doit être aussi nombreuse que possible afin de contenter le plus grand nombre et assurer d'autant mieux la paix sociale.
Ce type de société est aujourd’hui dans le monde développé le mieux représentée par les pays nordiques (Suède, Danemark et Norvège), pays parmi les plus stables du monde. Les impôts sont réellement redistributifs, et la prise en charge des exclus est une réalité. Ainsi, contrairement à la France ou l’on compte un employé de Pole Emploi pour 200 chômeurs, il y en a un pour 10 chômeurs au Danemark… Les chances de personnalisation du parcours professionnel et de redirection vers un métier ou il y a une demande se trouve multiplié d’autant. Une approche flexi-sécurité qui a un vrai sens et n’est pas un alibi, paravent à une casse sociale à la française. Ce système est sans doute loin d’être parfait, c’est pourtant le plus humain que j’ai pu trouver sur terre à ce jour, si l'on accepte de se défaire du mythe du bon sauvage de Rousseau mettant en avant les sociétés tribales ou, à mon sens, plus que la richesse, c'est la précarité qui est partagée en frères.

Certes un vrai système, qui donne à chacun selon ces besoins, est bien loin d’exister. Encore faudrait-il commencer par expliquer à tous que la plupart de ce qu’il considère comme des " besoins " ne sont que le résultat d’un permanent lavage de cerveau médiatique pour le plus grand profit d’un très petit nombre. Ce mécanisme est bien connu mais pour les petits loups blancs qui dorment dans le fond, j’y reviens brièvement ; c’est basiquement une mauvaise utilisation des auxiliaires être et avoir. Trop de gens, efficacement mis en condition, pensent pouvoir être en ayant et palient à leur vacuité existentielle, (leur manque d’être faute d’intelligence, de culture, et de reconnaissance sociale de ce qu’il sont), par l’accumulation d’avoir (une femme, des enfants, une maison, une voiture…) leur donnant l’illusion qu’ils sont " quelqu’un ". Restant (évidemment) insatisfaits, ils changent alors souvent leur avoir (d’abord de voiture puis de maison, puis de famille) espérant être mieux en ayant autrement et toujours davantage alors que le mal est en eux et non autour d’eux. Ce vide jamais comblé fait le bonheur des marchands d’illusions (ces chers publicitaires) qui permettent l’écoulement d’une production de biens toujours plus grande et la réalisations de profit toujours plus élevés. Et chacun, de travailler toujours plus dur pour obtenir de quoi combler ce manque d’être par toujours plus d’avoir.
Or les dés sont pipés ; Outre que le manque d’être ne sera jamais comblé par de l’avoir (même s’il faut un peu d’avoir pour être), l’effort fourni est disproportionné pour l’avoir obtenu, car une part non négligeable de ce travail est détourné au profit d’une petite quantité d’individus qui ont compris que, dans ce système, il faut faire faire et non faire soi-même pour bénéficier (le mot est là bien placé) d’une place au soleil.

Une société plus humaine passe donc par davantage de recherche d’être que de recherche d’avoir. C’est le sens de l’opposition fondamentale entre le libéral (que j’exècre) et le libertaire (que je révère) : le premier prône la liberté d’avoir tandis que le second prône la liberté d’être. Aussi, afin de permettre à tous d’être davantage faut-il (raisonnablement et avec discernement) limiter à chacun le droit d’avoir. Et ce rôle est dévolu à l’état qui ne peut, de ce fait qu’être que l’émanation du peuple puisque c’est lui qu’il gouverne et lui qu’il limite dans sa liberté d’avoir. Le libertaire n'est donc pas en lutte contre l'état mais contre le fait qu'il empêche l'individu d'être, donc contre un état complice du capital et du libéralisme dont il a depuis longtemps cesser de vouloir tempérer les excès.

Le mois prochain, puisque août est traditionnellement un mois " calme " sur le plan politique, je donnerais quelques pistes de ce que devrait être une société ou la liberté d’être prime la liberté d’avoir, une société plus égale parce que plus fraternelle. Liberté, Egalité, Fraternité. L’idéal pour passer du 14 juillet au 4 août.

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Mardi 30 juin 2009

Miaou lecteur,

Navré de ce retard à la publication de cette gazette. Comme chaque année, je rentre de mes vacances bretonnes ou durant 15 jours, j’ai su m’abstraire du buzz permanent dans lequel me plongent les médias et ma vie de travailleur salarié.
J’ai donc pu me ressourcer dans ce pays dont la culture me fascine et qui reste, au moins en " basse saison " et pour sa partie intérieure, relativement préservée sinon du modernisme et de ses excès mais au moins d’une défiguration touristique. Car, même abîmée par les dérives du productivisme agricole dont l’Europe ne s’est pas encore défait et qui conduit à la chute de cours (le lait récemment, mais avant le porc), à la pollution des sols, des nappes phréatiques, des rivières et du littoral ainsi qu’à la destruction des haies des parcelles remembrées, cette région de France reste, autant que faire se peut, dans notre monde mondialisé " authentique " et surtout magique à qui sait la découvrir…


Alors, pour rester dans le registre de l’environnement et suite à la brillante percée du mouvement écologiste aux élections européennes ou la faible participation a montré une fois encore que les petits loups blancs ne savent toujours pas vraiment ou siège le pouvoir qui nous dirige depuis plus de trente ans vers ce gâchis social et environnemental que nous constatons tous, j’ai noté, avant de décréter mon black-out de 2 semaines sur l’actualité que, toujours aussi vif dans l’art du populisme, notre despote élu pour 5 ans, avait déclaré moins de 3 jours après le dit succès qu’il inclurait dans sa relance de sortie de crise un volet éco-business. Sans préciser pour autant ce que pourrait bien être ce volet, sans renoncer aux réacteurs nucléaires de prochaine génération (bête noire des écologistes), et sans revenir bien sûr sur les massives aides financières de l’état pour les constructeurs automobiles qui semblent davantage vouloir utiliser cette manne pour payer des publicités vantant le non-impact de leurs produits sur l’environnement plutôt que de développer des moteurs réellement " vert " (pour peu que cela soit possible)…

Au-delà de la polémique et du populisme toujours aussi patent de notre despote élu pour 5 ans, il faut bien comprendre que renoncer au nucléaire aurait un certain nombre de conséquence que beaucoup de petits loups blancs vaguement verdissants mesurent mal. Pour étayer mon propos, je vais être contrait de fournir quelques chiffres tirés comme toujours de la toile (source inépuisable d’information qu’il faut bien entendu prendre avec des pincettes).
Ces dernières années, la France a consommé environ 480 Twh (téra watt heures) par an en électricité. De quoi faire tourner une moto à pleine puissance durant 1550 ans. Produite à env. 80% par le parc nucléaire français, cela représente 160.000 éoliennes moyennes. Quand on sait qu’une éolienne a besoin d’une zone d’env. 34 ha découverte pour fonctionner correctement (chiffre moyen, les sources ne sont pas très claires à ce sujet), il faudrait couvrir près de 10% du territoire national pour parvenir à produire l’énergie de notre parc nucléaire… Sans même parler des coûts de revient (qui rejaillirait évidemment directement sur notre facture EDF), et des conséquences sur les paysages, on mesure vite les limites de ces idées. Mais le pire c’est que le vent ne souffle pas régulièrement. Il y aurait donc des journées sans électricité… Difficile à tolérer.

Cela n’interdit pas, bien sûr, de placer des panneaux solaires sur nos toits d’immeubles et de maisons, ni de développer ça et là les parcs à vent, et de favoriser les mesures d’isolation des habitations, le tout pour soulager la consommation de produit générateurs de CO2, mais le problème énergétique est d’un tout autre ordre de grandeur.

Aussi, tant qu’on aura pas trouvé mieux (et je ne vois guère que la fusion contrôlée dans cette perspective à moyen terme), l’énergie nucléaire de fission reste la seule alternative aux énergies fossiles parce qu’elle est disponible H24, peu coûteuse et ne crée pas de gaz à effet de serre. Cette énergie n’est bien sûr pas sans défaut (principalement les déchets et les coûts de démantèlement) mais, pour peu qu’elle reste dans les mains d’un opérateur responsable, elle reste largement moins polluante que les marées noires à répétitions et les milliards de tonnes de CO2 dégagé par les combustibles fossiles. Le dit opérateur, récemment privatisé, sera-t-il aussi responsable que l’était l’état ? Wait and see… Si je me réfère au déboire connus par les autres secteurs réseaux privatisés depuis les 30 dernières années (eau, téléphone, train, autoroute…) on peut avoir des doutes quant au souci " sécurité " (qui, s’il n’a pas de prix à toujours un coût), face à la pression des actionnaires avides de profits. Le paradoxe de la situation c’est que la plupart des députés écologistes européens sont des libéraux convaincus (et donc pour les privatisations, dans le cadre de la théorie qui veut que la concurrence est bonne pour le consommateur) et contre le nucléaire en général sans proposer d’alternative crédible.

Il y a encore beaucoup de chemin à faire, petits loups blancs, avant que votre conscience écologique embryonnaire et vos appétits consuméristes insatiables savamment entretenus par un pouvoir aliénant et protéiforme ne trouvent un compromis que la planète puisse soutenir. Je rappelle au passage que ce compromis sera d’autant moins drastique pour tous que nous serons moins nombreux sur terre à en exploiter les ressources.

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du
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Dimanche 31 mai 2009

Miaou lecteur,

 

Mai est passé et toujours pas de printemps des peuples…
Pour changer un peu, un événement d’ordre international. Le nouveau messie sauveur du peuple mondial, le formidable président des USA, a annoncé après avoir, dans un beau geste de transparence, autorisé la publication des mémos internes (expurgés tout de même) de la CIA expliquant la " bonne " façon de torturer, que :

" Ceux qui ont fait leur devoir en se basant avec bonne foi sur les conseils légaux du département de la Justice ne seront pas poursuivis ".

Je ne vais pas rentrer dans les détails sordides des " méthodes " employées pour faire très mal à un être humain dans le but de lui faire dire ce que l’on veut l’entendre dire ; disons simplement que le panel dont ont usé "ceux qui ont fait leur devoir" est du même ordre que celui employé par la gestapo, les staliniens et les franquistes, pour ne citer que des bourreaux occidentaux d’un passé récent (donc de temps et d’espaces réputés " civilisés ") sans oublier naturellement certain de nos officiers revenants d’Algérie, les véritables éducateurs des tortionnaires d’Amérique du sud durant les années 70 (je vous suggère, pour plus de détails, de vous référer, par exemple, au travail de Marie Monique ROBIN " Escadrons de la mort, l’école française "). La coercition, psychologique ou physique est de toute façon une abomination et reste indéfendable, quel qu’en soit le motif, au regard des droits de l’homme (article 5). Je ne me vais pas non plus me lancer dans une diatribe contre la torture, tu y auras sans doute droit un jour ami lecteur dans une " Humeur du moment " tant ce sujet est prégnant et me " concerne " comme on dit dans les milieux " in ".

Pour l’heure, je voudrais juste faire remarquer que la déclaration du président des USA est, pour le moins, curieuse, puisque :
1 – Dans un pays démocratique, ou la séparation des pouvoirs s’applique, ce n’est pas à l’exécutif de décider de ce qui est légal ou non mais au législatif. Les poursuites sont par ailleurs une décision de justice, donc dévolue au judiciaire. L’exécutif est, pour sa part, responsable de l’arrestation des individus en infraction et de leur présentation à la justice. Le président des USA ne peut, sauf à remettre en cause cette séparation des pouvoirs, donc la démocratie de son pays décider " de ne pas poursuivre " alors qu’il est justement le dépositaire de la force publique.
2 – La motivation de la décision est non recevable. Ce n’est pas parce que l’on obéit aux ordres des ces chefs que l’on n’est pas passible des tribunaux. C’est exactement ce que n’avaient pas compris des hommes comme Eichmann ou Papon qui prétendaient se défendre de leurs crimes en déclarant " n’avoir que suivi les ordres. " Car c’est justement cette obéissance aveugle à la hiérarchie barbare qui permet la réalisation de l’horreur.
3 – La " bonne foi " invoquée est justement une mauvaise foi. Comment peut-on admettre, en conscience, que les actes commis fassent parti d’un devoir et n’aient pas de lien avec un abus inadmissible de pouvoir, sauf justement à faire taire sa conscience par un recours à des justifications juridiques et légales ? Ce qui est légal n’est pas forcément légitime, loin s’en faut. Pour les petits loups blancs qui n'ont pas encore compris la nuance, je leur suggère une pièce classique de Sophocle : "Antigone" 

En fait, si le président des USA est disposé à dédouaner ainsi les bourreaux, c’est pour éviter d’avoir à remonter une chaîne qui aboutit à la maison blanche. En effet, comment condamner un tortionnaire qui a agit sur ordre sans condamner aussi le donneur d’ordre ? Et de proche en proche, comment ne pas remonter au sommet, c’est à dire jusqu’à G. BUSH ? Et si on condamne un président des USA pour actes de barbarie comment prétendre que les USA soit le phare de la civilisation ?
On ne peut pas, et c’est pour cela qu’il vaut mieux refermer le couvercle quitte à invoquer un vague "risque" pour les troupes... 
Mais justement, poursuivre les criminels d’état, fussent-ils dirigeants, est le vrai signe d’une grande démocratie. Le fait que cela n’ait jamais lieu, m’incite à penser qu’il n’existe pas de vraie démocratie dans le monde et cela justifie du même coup les actions des dictateurs (politiques ou religieux).
Si les USA ne reconnaissent pas le TPI (tribunal pénal international) aujourd’hui, c’est parce qu’ils considèrent que leur justice est la plus " juste " du monde. Cette rapide démonstration montre que nul état, pas même celui réputé le plus " civilisé " n’est disposé à faire passer la justice avant la " raison d’état ". Une vraie démocratie ne peut être sans reconnaître qu’il existe une instance indépendante pour juger des actes de ces dirigeants. Tout tortionnaire qui reste, ni inquiété, ni impuni pour les actes qu’il a perpétré représente le ferment des futures barbaries.

Je rappelle, par ailleurs, aux petits loups blancs que la plus grande assemblée élective mondiale attend nos voix ce 7 juin. Faible rempart, mais vrai rempart, le parlement européen reste le seul moyen pour les citoyens de contrer les malversations et les abus de la commission et du conseil des ministres européen, institutions peu représentatives. Alors en trois mots : Aux urnes citoyens.

 

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Jeudi 30 avril 2009

Miaou lecteur,

Avril déjà se termine et je ne l’ai pas vu passer. Ma gazette ce mois-ci sera brève, non pas qu’il n’y a guère de chose à dire mais plutôt parce que j’ai eu l’impression que les médias (au moins partiellement) et plus important encore, les réactions populaires (pour peu que les gens de tout milieux que je fréquente soient tant soit peu représentatifs de « l’opinion ») semblent désormais ouvrir un peu les yeux. Partant de là, et fidèle à ma ligne éditoriale, je ne me mettrais pas à hurler avec les loups (qu’il soient d’un blanc pur ou qu’ils commencent à grisonner).

Je reviens toutefois brièvement sur les « séquestrations » de patrons d’usines ayant annoncé des licenciements importants et surtout la nième « sortie » de notre despote élu pour cinq ans stigmatisant les « preneurs d’otages ». Nous avons là, une fois encore, une rhétorique révoltante (poussant à l’indignation). Comment comparer le geste posé par des employés terrorisés mais combatifs visant à tenter de faire comprendre à leur employeur son intransigeance, son mépris de ses semblables et son peu de talent pour diriger une entreprise qui pourtant lui verse de substantiels émoluments, et les pratiques crapuleuses de voyous prenant des otages pour obtenir de l’argent ?
La lutte sociale, si elle ne saurait sortir, dans un état de droit, du cadre des droits de l’homme et du respect humain du à chacun, même aux pires canailles, est par nature une lutte. Et la lutte se conduit aussi sur le terrain de l’intimidation psychologique. La seule force que possèdent les faibles face à la puissance de l’argent c’est leur nombre.
Cette forme de lutte n’est pas nouvelle, elle date de 1936. Elle marque une évolution positive de la lutte sociale ; alors que les canuts avaient détruit leurs outils de travail, les ouvriers grévistes de 1936, sans actes de sabotage occupent les locaux et retiennent les décideurs dans le but d’obtenir de meilleures conditions de travail, de salaire et une périodes de repos. Toutes choses qu’ils finissent par obtenir légalement lors de l’arrivée au pouvoir du front populaire.
Aujourd’hui, le pouvoir, pourtant élu par eux est hostile aux employés, ou plutôt est hostile à de meilleures conditions de vie pour eux à partir du moment ou ces améliorations sont perçues par ce pouvoir comme moins « efficaces » économiquement parlant. Rappeler à ces dirigeants (politiques ou industriels) que, dans une société humaine, l’efficacité économique (la maximisation des résultats d’une entreprise)  doit toujours être subordonnée à l’efficacité sociale (la pérennité de l’entreprise et l’amélioration des conditions de vies des hommes) fut-ce en maintenant sur place les dirigeants cyniques et égoïstes par la pression psychologique du nombre est nécessaire et me semble bien éloigné des pratiques crapuleuses des enleveurs d’enfants…
Amalgame grossier que tente pourtant de faire notre dirigeant en chef. Car enfin, qui voudrait me faire croire que si un dirigeant tentait d’affronter courageusement ses employés hostiles pour quitter son bureau, un seul d’entre eux oserait lever la main sur lui ? Mais le courage physique, justement est ce qui manque bien souvent à ces dirigeants… Et c’est en cela que l’intimidation du nombre est « efficace » pour la lutte.
Sans compter qu’un employé n’attaque pas le premier et que c’est uniquement lorsqu’il est agressé par un plan de licenciement ou une dégradation inacceptable de ces conditions de travail qu’il lui arrive parfois (et encore pas toujours) de réagir. Il s’agit donc d’une légitime défense. Légitime aussi longtemps qu’elle est mesurée et proportionnée à l’agression. Et même si au comble de la frustration, des employés mettent un bureau de préfecture à sac, nous sommes encore très loin du cas de cette entreprise indienne ou les ouvriers, licenciés comme des chiens, ont tué leur patron…

J’ai vu un film à Utopia ce mois-ci : « Let’s make money ». Il raconte en image et en interviews ce qu’est la mondialisation néo-libérale. Pour ceux qui savent déjà ce que c’est, il n’apprend pas grand chose mais pour un petit loup blanc qui voudrait grisonner un peu, je le recommande vivement. D’autant que le discours en est mesuré et s’attache surtout aux faits. Or les faits parlent d’eux-mêmes. Le petit coté « Orwellien » de l’interview du Premier ministre local de Jersey (un paradis fiscal en pleine Europe) n’échappera sans doute pas à un être éveillé. Et pourtant, contrairement à 1984, ce n’est pas de la fiction. Et les déclarations du G20 semblent bien falotes en regard de cette réalité.
Pour finir un chiffre cité à la fin de ce film : c’est en trillion de dollars (milliers de milliards) que se comptent les profits mondiaux qui échappent aux impôts. Et cette somme se concentre dans les mains de 3% de la population… Une imposition « raisonnable » de ces profits permettrait de financer le programme des nations unis pour vaincre la pauvreté mondiale.

Dire que l’on ne peut rien faire pour améliorer le sort de l’humanité est un mensonge. On peut le faire, il faut que nos dirigeants le veuillent et pour cela il faut que nous élisions ceux qui le veulent. Nous votons en juin pour élire le parlement européen, c’est à toi de voir petit loup blanc, veux-tu grisonner un peu ou préfères-tu rester propre sur toi par crainte de perdre le peu que tu as ?..

 

Ar c’hazh du.

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Mardi 31 mars 2009

Miaou lecteur,

Mars, l’équinoxe nous fait quitter l’hiver, le printemps commence chaudement ; on manifeste et les impôts, encore…

Grève du 19. La crise n’est pas jugulée et la contestation monte. Et notre despote élu pour cinq ans stigmatise (il aime tant ça, diviser la population) les grévistes comme des nantis qui peuvent se permettre de manifester… Voilà bien un argument inepte ! Si les revenus de certains sont si faibles qu’il les empêche de faire grève, il faut alors compter d’autant plus de protestataires ! Mais le débat n’est, bien sûr, pas de savoir combien peuvent ou ose exprimer leur mécontentement, mais bien de savoir ce que l’état (ou les états) doit faire pour aider les plus défavorisés à survivre à cette crise qui résulte, faut-il le rappeler, des dérives absurdes d’un système, présenté comme le seul possible, qui favorise les forts et détruit les faibles, ce qui est l’antithèse d’une société humaniste, censée se substituer à la loi de la jungle. Et, une fois défini ce que l’état (ou les états) doit faire, comment il doit s’en donner les moyens, ce qui nous ramène (voir ma gazette de février dernier) à la question de l’impôt, de sa légitimité et de sa « justesse ».
Or, le bouclier fiscal ne sera, bien entendu, pas revu. Notre despote élu pour cinq ans nous l’a réaffirmé : « Il ne sera pas un président qui augmente les impôts » ! Dit-il ! C’est donc sans doute une erreur de ma banque si celle-ci m’envoie un courrier pour me préciser qu’il faut que je déclare les « profits » réalisés par mon livret A en 2008, profits sur lequel sera prélevée une taxe nouvelle de 1,1%… Comme je le disais le mois dernier, jamais je ne me plains de payer des impôts et les quelques euros que je vais perdre sur des intérêts versés pour ma modeste épargne de 2008 ne m’empêcheront pas de dormir, d’autant qu’ils iront, promis juré, aider les « bénéficiaires » (heureuses personnes !) du RSA.
Mais je note deux choses :
Premièrement, une fois encore, les classes moyennes vont payer une taxe de solidarité à laquelle vont échapper les tranches les plus fortunées de la population protégés par le « bouclier » fiscal. Une digression au passage, ami lecteur ; la rhétorique commu-niquante toujours aussi abjecte : Un bouclier protège ; et qui d’autre devraient être protégé par celui de l’état, sinon les plus faibles d’entre nous ? Or qui donc se trouvent de fait « protégés » par ce bouclier ? Je te laisse conclure ami lecteur.
Deuxièmement, notre despote élu pour cinq ans, abusant du langage et de la crédulité des masses populaires, ment effrontément lorsqu’il prétend ne pas augmenter les impôts puisque de fait, cette nouvelle taxe sur l'épargne date de 2008, durant son mandat et avec son aval donc.
Au final, seules les (très) riches, une fois encore, seront exemptés de l’impôt. Lorsque qu’il prétend ne pas augmenter les impôts, il faut entendre, qu’il prétend ne pas augmenter les impôts des riches… Mais qu’attendre d’autre d’un gouvernement des riches, pour les riches mais élu par les pauvres ?
Le bouclier fiscal protège 14.000 foyers fiscaux et coûte à l’état 460 millions d’euros (source de Bercy), soit 33.000€ par foyer fiscal ! 33.000€, c’est quasiment ma paie annuelle d’ingénieur au bout de presque 20 ans de carrière. Il existe donc, en France, 14.000 foyers fiscaux qui, grâce à cette loi, économisent en impôts la paie annuelle d’un cadre installé. Je n’ose imaginer leurs revenus ! Oh oui, qu’il était urgent de protéger ces malheureux, victime de la rapacité étatique !
La TVA sur la restauration va baisser à 5%. Cette opération va coûter à l’état 3 milliards d’€ (sources de Bercy toujours). Soit moins de 100€ par foyer fiscal… Encore faut-il que le dit foyer puisse se payer un resto de temps en temps ou un café par semaine sur le zinc pour profiter pleinement de ce magnifique effort de relance du pouvoir d’achat ! Et encore faudrait-il aussi que les restaurateurs répercutent complètement cette baisse… Bref, comme d’habitude, des miettes pour le peuple et le gâteau pour ceux qui ont déjà tout !
Seule concession accordée à la canaille, une petite serpillière pour éponger le massacre des laissés pour compte de la faillite sociale entraînée par les faillites financières :
- Une meilleure indemnisation du chômage partiel, en portant le taux de 60% à 75%.
- Une prime de 500 euros en soutien aux salariés dont les CDD n'ont pas été reconduits, s’ils ont travaillé au moins deux mois dans les 28 mois précédents.
- Un cadeau aux ménages, avec la suppression, pour quatre millions d'entre eux, pas trop pauvres ni trop riches, des deuxièmes et troisième tiers de l'impôt sur le revenu.
Mais, plus un mot sur la répartition équitable des profits entre les actionnaires, l’investissement et les employés et ce en dépit des résultas excellents encore en 2008 des grandes entreprises multinationales.
De grandes gesticulations médiatiques au sujet des primes et autres parachutes pour féliciter l’incompétence et la gabegie des dirigeants crapules et autres patrons voyous, mais aucune nouvelle de la loi promise en septembre dernier, et pour fin 2008, visant à interdire ces pratiques. On décrète que les boss des entreprise aidées devront rester vertueux, on parle de produire un règlement, on parle oui, on parle… Tu parles !
Enfin, aucune remise en cause des allègements de charges sur les heures supplémentaires, fidèle à cette politique absurde qui consiste à épuiser les travailleurs pour un revenu à peine décent tandis que les autres, chôment pour une misère que l’on vient en plus leur contester en les traitant de fainéants et de profiteurs (stigmatiser et diviser le peuple, toujours). Comme c’est facile et comme les petits loups blancs mordent vite à de tels appâts ! Ah, comme ils semblent heureux, les petits loups blancs de Continental, de Gandranges (exemples médiatiques parmi tant d'autres qui le sont moins) d’avoir cru aux promesses de pérennité de leur emploi en échange du retour au 39h. Ils devaient travailler plus pour gagner plus, ils ne travailleront plus du tout pour ne plus rien gagner…

Finalement, crise ou pas crise, le gouvernement ne change rien à sa politique et poursuit envers et contre tout (et presque tous) sa marche néo-libérale forcée et fanatique. Même A. MINC, l’un des chantres du néo-libéralisme, a récemment appelé les dirigeants à un peu de décence et de retenue, leur rappelant que ce pays adore les boucs émissaire… Et moi, petit chat noir, je rappellerais volontiers à A. MINC qu’un bouc émissaire est une victime expiatoire, un innocent sur qui se cristallisent les ressentiments. Or les dirigeants cupides et avides qu’il met en garde ne sont pas innocents et, même si leurs débordements sont légaux, grâce à ton vote petit loup blanc, ils n’en sont pas moins illégitimes.
De la désespérance naît la révolte et la révolte peut vite dégénérer en révolution. Le gouvernement et le MEDEF ont reculé dans les îles, nul doute qu’il en ferait autant en métropole si les petits loups blancs cessaient de leur faciliter la tâche. Mais dehors désormais il fait beau. Alors en attendant celui des peuples, vive le printemps de la nature.

Ar c’hazh du.

Par Ar c'hazh du - Communauté : solidar' infos
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Samedi 28 février 2009

Miaou lecteur,

 

Février, Les impôts et ce qu’on en fait…

Avant de te présenter, ami lecteur, un petit cours de civisme, c’est à dire de ce qu’il faut savoir pour être un citoyen méritant ce titre, je commente rapidement une info que je relierais volontiers à ma gazette de décembre dernier enjoignant chacun à limiter sa fécondité.

Je sais qu’il est immodeste de se citer soi-même, mais la modestie est, à mon sens,  une forme policée d’hypocrisie et je hais l’hypocrisie. Donc que les agacés s’agacent et ne poursuivent pas plus avant et que les curieux restent !

Tout le monde, même le plus retardé des petits loups blancs a, je l’espère, entendu parler du « planning familial qui, depuis près de 50 ans lutte pour permettre aux femmes (mais aussi aux hommes) de maîtriser leur fertilité. La contraception est, à mon sens, la plus merveilleuse invention depuis que l’homme est homme, parce qu’elle permet le plaisir sans la crainte, parce qu’elle assure la joie et donc l’équilibre mental, libère l’humanité du joug de la frustration et de son cortège d’aliénation et d’oppression mais aussi, et surtout, parce qu’en trompant la nature, elle permet l’affirmation de la civilisation et le recul de la barbarie. Je développerai un jour ce thème plus avant dans une « Humeur du moment ».

Pour l’instant il y a urgence : Le planning familial, qui n’a pas pour but de détruire la famille (sacro-saint fondement de nos sociétés, un axiome que j’aimerais un jour voir un peu expliqué à défaut d’être démontré), mais au contraire de la conforter au travers de l’assurance de grossesses désirées et heureuses, est une association tellement reconnue comme utile qu’une loi est venue en 1973 lui garantir le soutien de la république (la loi Neuwirth).

Or ce soutien est remis en cause, insidieusement, comme sait si souvent le faire le « politique », par la restriction budgétaire. Cette année, la loi de finance prévoit de quasi couper en deux le budget de l’année précédent…

Une pétition est lancée : http://www.planning-familial.org/petition-defense-loi-neuwirth
Si, toi aussi ami lecteur, tu penses que les femmes, toutes les femmes, pas seulement celles qui ont une situation sociale avantageuse mais aussi celles qui vivent dans l’ignorance et / ou un milieu social obscurantiste voir hostile, doivent pouvoir maîtriser leur fertilité sans pour autant devoir se priver des joies de leur corps et de leur(s) partenaire(s), sois gentil, signe la pétition. Cela n’engage pas vraiment, cela n’est pas bien long et cela n’aura peut être pas d’impact réel, mais sait-on jamais : et si les choses changeaient parce que beaucoup de gens voulaient qu’elles changent ?

 

Voilà c’est dit. Les impôts donc :

Comme chaque année, à pareille époque, j’ai payé mon tiers provisionnel. Et comme chaque année, cela m’a amené non pas à grogner contre « l’état qui nous rackette » (je n’ai jamais pensé cela) mais plutôt à réfléchir sur ce mécanisme… Voici le résultat dactylographié de cette réflexion :

Tout d’abord, l’impôt est, à l’origine, le prix à payer pour notre vie en société. Il sert à financer les structures de l’état, ses institutions et il permet la réalisation de certaines politiques de développement. La force publique (armée, police) la justice, l’éducation, le transport, la santé publique (entre autres) sont autant de secteur reconnus nécessaires à chacun pour assurer sécurité et confort à lui et à ses proches. Mais l’impôt sert aussi à assurer une fonction de redistribution (une sorte de Robin des bois d’état) en prenant aux riches pour redonner aux pauvres (prestation sociale diverses et variées). Il assure ainsi à tous une certaine paix sociale, nécessaire pour produire la richesse dont chacun va bénéficier, plus ou moins.

Rien d’anormal dès lors que le riche, ayant le plus à perdre de troubles sociaux, paie davantage que le pauvre, le plus enclin à se révolter contre un système social qui ne lui est pas favorable (tout au moins comparativement).

L’impôt n’est donc pas forcément quelque chose de néfaste, c’est au contraire pour peu qu’il soit « juste » un grand facteur de cohésion sociale.

Mais tout est là. Est-il « juste » cet impôt ? Comment définir un impôt juste ?

Il est évident qu’il ne lui suffit pas d’être légal. En dictature, la loi est illégitime et il est juste de la combattre. Dans une république raisonnablement démocratique, ou la loi est édictée par un parlement représentant le peuple, l’impôt est-il juste ? Pas nécessairement puisque la loi (fiscale ici) peut être le résultat de factions et de coteries qui favorise une classe sociale au détriment d’une autre.

Pour les petits loups blancs qui pensent que les classes sociales sont une vue de l’esprit sans réalité sociétale, je ne dirais qu’une chose : ha, ha, ha, elle est bonne ! Je suppose donc que la différence entre un ménage riche habitant le XVIème arrondissement de Paris et dont les enfants fréquentent le lycée Louis le grand et qui va aux sports d’hiver et au Club Med l’été et un ménage pauvre habitant la banlieue dont les enfants sont à peine scolarisés et pour qui les vacances c’est le gris des grands ensembles, c’est aussi une vue de l’esprit ? Je passe sur les différences en matière de qualité (et quantité) de nourriture, de santé et de durée de vie et je reviens à mon propos : du besoin et de la légitimité de l’impôt.

Un impôt est « juste » lorsqu’il répartit équitablement la charge sur les revenus des citoyens et lorsqu’il ne prive pas ces derniers d’une part disproportionnée des dits revenus. Nanti de cette définition, on mesure à quel point l’impôt est injuste en France. Car par impôt, il ne faut pas entendre simplement l’impôt sur le revenu ! Cette belle escroquerie intellectuelle nous est servi (presque) à chaque fois que l’on parle « impôt » dans les médias. C’est oublier que l’impôt sur le revenu ne couvre que 17% du budget (chiffres 2006). Nul doute qu’avec le « bouclier fiscal », cette part va diminuer. En revanche, la TVA et la TIPP assurent à eux 2 env. 55% du budget… Le solde c’est principalement l’impôt sur les sociétés (17%), l’impôt sur la fortune (5%) et les droits de successions (6%).

Il est patent, ami lecteur, que les revenus de l’état sont basés essentiellement sur notre consommation et non sur nos revenus. Car il ne faut pas oublier en outre que le bénéfice des sociétés c’est aussi notre consommation (sur laquelle a déjà été payé la TVA…) Etonnons-nous après cela que l’état encourage tant tout ce qui nous pousse à la consommation…

Mais il faut surtout noter que si l’on paye peu ou pas d’impôt sur le revenu lorsque l’on gagne le SMIC, on laisse tout de même près de 20% de ses revenus à l’état car un Smicard consomme quasiment tout ce qu’il gagne, tandis qu’un cadre moyen célibataire gagnant 3 fois le SMIC (la vache à lait fiscale idéale) laisse env. 35% de ces revenus.

Mais pour peu qu’il soit marié avec un enfant à charge, et son taux d’imposition passe alors à celui du smicard env. 20%. Je te laisse imaginer, ami lecteur, ce qu’il advient pour les foyers fiscaux des couches sociales plus élevées ; La capacité d’épargne d’augmente avec les revenus permettant d’investir dans des portefeuilles d’actions ou des appartements à louer... En clair, plus on est riche et plus la part due à l’état diminue… Enfin, récemment, au cas ou les impôts à payer dépasseraient tout de même la moitié de ses revenus (cas d’un célibataire très riche), intervient alors le bouclier fiscal qui garantie que l’état ne saignera jamais un riche…

Ainsi donc, il est légal de priver un SMICARD de 20% de ses revenus mais illégal de priver un riche (gagnant des dizaines de fois le SMIC) de plus de 50% de ses revenus…

Conséquemment, il vient que l’impôt en France doit être repensé pour être plus juste. Ce constat a été fait déjà depuis plus de 30 ans et rien ne vient, hormis toujours plus de création de niches fiscales pour les riches. Un hasard ? Evidemment non…

Mais on peut si facilement convaincre le petit loup blanc que l’impôt est une plaie, que pour ne pas payer un liard à l’état, le pauvre est prêt à admettre l’injustice sociale qui en découle et dont il est pourtant directement victime que ce serait dommage de risquer sa carrière politique à tenter de mettre en place un peu de justice sociale dans ce pays. Bravo donc petit loup blanc, continue de penser que l’état c’est le mal quand il te prend TES sous et vote derechef pour ceux qui te promettent moins d’impôts (que de toute façon tu ne paie pas) et surtout jamais un impôt plus juste…

 

Dans le même registre, Le récemment en charge président des USA vient d’imposer un salaire maximal aux dirigeants des entreprises qu’il entend aider des deniers de son état. C’est une première et un grand geste symbolique. Symbolique parce que les dirigeants ne se rémunèrent pas seulement avec un salaire et que donc leur revenu ne va pas vraiment décroître mais l’idée de plafonner les revenus est lancée. Et lancée par le dirigeant de la plus grande nation du monde et celle qui a la réputation de libéralisme la plus forte. Alors messieurs les dirigeants européens, que dites-vous de cette idée ? Puisque nous avons un revenu minimum (qu’il faudrait, au passage, harmoniser) qu’attendez-vous pour exiger face au monde, un revenu maximum ? Et je parle bien de revenu, pas de salaire… Quel individu mérite d’être rémunéré plus de 100 fois le Smic ? Quelle tâche justifierait une telle rémunération ? Et pire encore, qui a besoin de telles sommes pour s’assurer une vie heureuse ?

Et si l’état, enfin, rejouait son rôle, non pas de providence (ce qu’il n’a jamais fait) mais au moins de Robin des bois ? Quel espoir alors pour les peuples vivant sur son sol !

 

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Samedi 31 janvier 2009

Miaou lecteur,

 

Janvier, un an de passé depuis l’ouverture de mon blog…

L’an passé à pareille époque, j’avais pointé la gouaille triomphante du despote élu pour 5 ans devant un parterre de journaliste hilares. Cette année les vœux à la presse et à la France se sont déroulés sous un autre signe ; Celui de la chape de plomb. L’amuseur ne fait plus rire et présente plutôt désormais le hideux visage de l’autoritarisme. Il a perdu de sa superbe notre dirigeant. En un an, d’agitation frénétique en effet d’annonce de nomination surprise en production de lois scélérates, son activisme a fini par lasser, au sein de ses troupes et même dans les couches populaires, le noyau de naïfs qui avaient cru que les promesses populistes faisaient de leur auteur un ami du peuple. Alors, à défaut de soutien, à défaut de légitimité, faute de pouvoir désormais convaincre, et afin de masquer son désastreux bilan économique et social, le fiasco de sa politique interne comme externe, il lui reste la force, celle que lui confère sa fonction. Et il poursuit cette folle fuite en avant. " Réforme ", réforme toujours et toujours plus vite. Comme Robespierre, il réclame de l’audace encore de l’audace toujours de l’audace pour sauver… Sauver quoi la république ? Non, lui même et sa clique bling bling, d’affairiste et de corrompus, avides de se refaire suite à leurs déboires, le crack spéculatif leur a coûté cher reconnaissons-le, " vite Mr Président sauvez-nous ! "

 

Tentative de passage en force sur l’audiovisuel. La presse et la télévision privée, par nature soumise aux impératifs de rentabilité, donc peu encline à dénigrer le grand capital, dont elle attend des subsides publicitaires et qui peut même se payer le luxe de l’acheter afin de faire publier " l’info qu’il faut ", ont suffisamment montré au cours des années passées à quel point elles étaient inféodées au pouvoir, hypnotisées par ses ors et incapable même d’esprit critique, à défaut d’esprit de contradiction. Le rapport des potins de cour, de la vie sexuelle du président à la déchéance de tel (ou telle) ministre, a cédé le pas sur l’analyse des projets de loi, de la situation économique et sociale du pays, ou de l’avancée de la construction européenne… Certes, il reste un petit bunker d’irréductibles dans la presse ; Marianne et quelques autres ont dit et continuent à dire, et souvent avec panache, le mal qu’ils pensaient du néo-libéralisme mais ils ne prêchent qu’un petit nombre de convertis. Je n’évoque le cas des médias Internet que pour la forme, leur faible lectorat les rend, hélas, marginaux. Quand a la radio je manque de recul, n’écoutant que France Culture qui, en dépit de son incontestable qualité n’a qu’une audience marginale. Toutefois, pour entendre parfois dans les bus les radios plus " populaires ", il me semble bien qu’elles sont le reflet sans image de la télé en matière d’information. Quoi qu’il en soit, la principale source d’information, pour le peuple, reste la télévision et sa " grande messe du 20h ".

Mais son " opinion " se fait aussi par l’entremise de séries de fiction, policières pour la plupart, souvent importées des USA, et qui distillent un message d’intolérance, de peur, et donne à penser que la Patrie, le Pays (celui des civilisés) vit sous la loi martiale, dans une atmosphère de guerre civile ou les bons, c’est à dire les forces de l’ordre, luttent, dans un Ragnarök crépusculaire, contre les forces du mal, à savoir en vrac, les terroristes, les fanatiques religieux (forcément islamistes), les petites frappes des quartiers aux ordres des barons de la drogue, les " ultra " gauchistes et tant d’autres figures épouvantails encore… Des séries ou les " bons " parce qu’ils sont " bons " ont donc tout à fait le droit d’utiliser la force et le pire de la force, l’exécution sommaire et la torture, contre les " méchants " justement parce qu’ils sont " méchant ".

Cette " justification " sournoise, lancinante, martelée de la barbarie m’est insupportable. Mais ce qui m’est encore plus insupportable c’est de penser que ces séries rencontrent le succès populaire. Petit loup blanc comme tu es faible ! Panem et circenses, la recette romaine fonctionne toujours et, par la violence et l’angoisse qu'elles distillent, ces séries rebondissent sur une actualité volontairement noircie issue du 20h, entretenant l’idée que nous sommes en guerre et même en état de siège et, par là, qu’il est normal, voir légitime, que le gouvernement prenne des " mesures " énergiques, difficiles et autoritaires et que le peuple fasse des sacrifices à commencer par celui de ces libertés les plus fondamentales.

Mais pour que cela fonctionne, encore faut-il s’assurer que, dans le même temps, il ne soit pas possible de montrer à la télévision, un chef de l’état et sa clique gouvernementale en vacances (au hasard au Brésil), nageant dans les eaux bleus d’une piscine luxueuse à bord d’un yacht, ou au bras d’un mannequin croulant sous le poids de l’or de ses bijoux, ou un verre de champagne à la main dans un jet privé vautré dans un fauteuil grand confort et tout sourire devant (ou derrière...) une " hôtesse " prévenante. Ces images je ne dis pas qu’elles existent, je dis qu’elles pourraient exister. Et c’est là le problème ; difficile de maintenir le peuple en état de guerre, donc en état de soumission aux chefs, s’il peut se rendre compte que ce n’est pas forcément le cas pour ces même chefs. Donc il faut un contrôle des images, surtout celles qui touchent les dirigeants. C’est le vrai sens de la réforme de l’audiovisuel public. Si le PDG des chaînes privées pour des raisons évidentes d’intérêt bien compris, se gardera de montrer quoi que ce soit qui gênerait le pouvoir, un " PDG " de chaîne publique, hors de contrôle, pourrait lui commettre une telle bévue… Mieux vaut l’en dissuader en lui faisant savoir, dès sa prise de fonction, qu’il est révocable directement par le Prince sur simple caprice de celui-ci, comme était embastillable quiconque par simple lettre de cachet scellée par le roi peu avant 1789…

Pour être objectif, si faire se peut, je pense que la suppression de la publicité sur le service public est une bonne chose pour peu que la perte de recette soit intégralement compensée par l’état, donc par l’impôt et / ou par une taxe prise aux chaînes privées sur leur recettes publicitaire. A ce jour, ce point fait toujours débat. Toutefois, il était inutile de placer dans cette même loi l’autorisation d’augmenter la part de la publicité dans la grille des chaînes privées par l’adjonction d’une seconde " coupe publicitaire ". Sauf, bien sûr, à plaire aux dirigeants des chaînes privées, vieille pratique du séné et de la rhubarbe… Je vois même poindre dans un futur proche, 2 ou 3 ans, le rétablissement de la pub sur les chaînes publiques au motif que les finances de l’état ne permettent plus d’en assurer leur financement. Bien entendu, on ne reviendra alors pas sur la seconde coupe publicitaire pour les chaînes privées… Là aussi vieille tactique stalinienne du salami. Mais je fais là sans doute de la politique fiction et, en tout cas, un procès d’intention.

Quoi qu’il en soit, le sénat, traditionnel bastion conservateur et opposé à tout changement trop brutal vient de conditionner la révocation du PDG des chaînes publiques, à l’assentiment des 2/3 du parlement. Cet amendement va déplaire à l’exécutif… Heureusement que la chambre des députés a le dernier mot. Mais ce dernier mot sera-t-il celui du despote élu pour 5 ans ? A suivre...

 

Seconde round dans le plan de relance. L’état constate que son action de relance pourtant présentée alors comme rapide, massive et pertinente, suite au plus gros crack économico-financier enregistré depuis 1929 (mais le " record " pourrait bien tomber dans les mois, voir semaines, qui viennent…) est loin d’être suffisant. Je dis  " économico-financier " car il est assez difficile finalement de savoir qui est la poule et qui est l’œuf dans cette affaire. La faillite financière a-t-elle entraîné la récession ou la récession était-elle en germe déjà l’an passé et a-t-elle entraîné la faillite financière, précipitant à son tour la récession ? Peut importe au fond, le système était pourri depuis longtemps. Quant un bateau fait eau de toute part, peu importe de savoir s’il coule dans l’eau ou si c’est l’eau qui le remplit, les passagers et les marins se noient et ce d’autant plus vite qu’ils sont à fond de cale. Le capitaine, ses officiers et leurs mignons, eux, auront toujours une place dans une chaloupe…

Le plan donc était insuffisant, les banques se font tirer l’oreille pour lâcher un peu de l’argent reçu de l’état vers les particuliers et les entreprises et leurs dirigeants refusent de lâcher leur prime de Noël. Toujours pas la moindre, en dépit de discours moralisateurs, ébauche de proposition pour mettre la spéculation au banc de la finance...

On envisage même de refinancer l’automobile, secteur moribond d’une société ou le tout pétrole vit son chant du cygne, la bagnole représente toujours la liberté, l’indépendance et un statut social. Mythe d’autant plus dépassé que la voiture est désormais dans presque tous les ménages y compris les plus défavorisés et que le temps perdu dans les embouteillages n’est certes pas un gage de liberté…

La société a, depuis plus de 30 ans, obérée toutes chances de recherches sérieuses d’alternative crédible aux hydrocarbures, et refusée tous investissements importants dans la recherche (hormis le trop peu connu et mal financé programme ITER), au motif que demain est un autre jour et qu’on a assez de souci avec le présent ; une mentalité de vieux nantis. Au lieu de saisir, via cette crise et le couteau sous la gorge, la chance de changer l’approche passéiste et conservatrice, nos dirigeants préfèrent alimenter, une fois encore, les industries condamnées au lieu de soutenir les innovations. Le couteau va donc immanquablement s’enfoncer dans la gorge, la nôtre celle de ceux qui ont besoin de progrès techniques pour dynamiser le progrès social pour améliorer leurs vies.

Par ailleurs, l’accord UNEDIC ratifié par un seul syndicat " social traître " est dénoncé par les autres qui en appelle désormais à l’arbitrage du gouvernement. Dans le climat social chauffé " au rouge " par la crise, je suis curieux de voir la décision que va prendre le gouvernement, c’est à dire le chef de l ‘état puisque celui-ci assume désormais de nouveau ce rôle depuis qu’il n’a plus la présidence de l’union Européenne. Faute de grive, il doit manger des merles... Mais je deviens moqueur.

 

Action sociale du 29. Nul besoin donc d’expliquer plus avant pourquoi la grève générale du 29 a rencontré le succès que l’on sait. Dire que le droit de grève a été limité au point que : " Désormais quand il y a une grève en France personne ne s’en aperçoit ! " comme le pérorait le 5 juillet dernier devant un parterre de militant encostardé, notre despote élu pour 5 ans. Env. 1 million de personnes, je crois que là, on s’en est aperçu. Qu’eut ce alors été sans les lois de service minimum et autre ?

Alors, l’aube d’une nouvelle ère ? Nouvelle prise de la bastille ? Sans doute pas. Réveil des forces sociales faute d’une représentation politique sérieuse, peut être. Cette fin de mois de janvier j’ose penser, un peu, à une possibilité de changement... Je nous le souhaite à tous en tout cas, puisse 2009 nous ouvrir une porte.

 

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Vendredi 2 janvier 2009

Miaou lecteur,

Décembre, Noël, les bons vœux et c’est reparti pour un an…
Pardon ami lecteur pour mon retard de publication mais que veux-tu, on m’a choyé durant 15 jours et je suis faible de volonté quand on me traite si bien… Quoi qu’il en soit, voici ma gazette de décembre.

Quel sont, les deux actes les plus subversifs qu’un citoyen puisse poser face au gouvernement de son pays ? Et pourquoi sont-ils subversifs ? Allez ne te grattes pas la tête plus avant, ami lecteur, je vais te donner la réponse et, par la même, l’occasion à tous d’être subversif, puisque c’est deux moyens sont parfaitement légaux… Et si !

1er moyen :
Fais la grève de la consommation.
Et oui petit loup blanc, avec ta frénésie de dépense, tu aides grandement ton gouvernement : tu participes à la croissance, justifie à posteriori les choix capitalistiques de sa politique, légitime l’économie prédatrice qui détruit l’environnement pour satisfaire tes besoins créés pour la plupart par une habile propagande publicitaire, et encourage l’exploitation des peuples miséreux vivant dans les dictatures ou le travail est délocalisé. Enfin, tes déchets non recyclables s’accumulent dans les dépotoirs et autres décharges contrôlées (ou plutôt incontrôlées) de plus en plus par les mafias.
En limitant drastiquement ta consommation au strict nécessaire (manger bio, se loger chichement et se déplacer à bon escient), en refusant le dernier jouet plastoc made in china, à ton rejeton et en en profitant pour lui expliquer qu’ainsi tu tentes de lui sauver sa planète, celle dont il va « hériter » dans quelques années, tu fais un geste pour l’environnement ET tu forces ton gouvernement à envisager un autre mode de vie social, par exemple basé sur la satisfaction des besoins premiers de tous avant de penser à la satisfaction des besoins derniers d’un très petit nombre…

2nd moyen :
Fais la grève de la reproduction.
Oui tu as bien lu, ne fais pas d’enfants. Ce faisant, tu terrifies le gouvernement qui se demande bien comment il va faire pour imposer des fantômes et gouverner des chimères.
En ces temps ou la virtualité est reine, fais donc toi aussi des enfants virtuels. Au passage, tu fais d’une pierre deux coups puisque l’enfant étant le principal prescripteur de consommation dans nos pays développés, tu vas alléger la tienne d’autant. Cette grève est d’autant plus facile à faire que la contraception, la plus brillante invention de l’humanité, ne t’empêche en aucun cas de jouir avec l’être aimé des joies du sexe, je dirais même au contraire…
Effet collatéral, tu allèges cette planète surpeuplée de ta descendance.
Et franchement, petit loup blanc, crois-tu tes gènes et ceux de ta moitié à ce point exceptionnels pour justifier de les imposer aux autres au travers d’une loterie qui montre trop souvent à quel point le hasard fait mal les choses ? Et te crois-tu si fort que tu pourrais avoir un, voir plusieurs, enfants et en faire par la suite des citoyens responsables ?
Et enfin, quel avenir réserverais-tu à un enfant dont les perspectives futures seront, quelque soit l’excellence de sa formation, obérées par la dette abyssale que tu lui laisse, la vacuité des solutions sociales non violentes et l’impossibilité d’une consommation non destructrice d’un environnement de toute façon dégradé par tes activités passées et présentes ? Les enfants déjà nés et bien formés dans les universités à qui l’on propose une vie de petit boulot à 1.000€ par mois l’ont bien compris (en Grèce notamment). Et cette prise de conscience fait tellement peur au gouvernement qu’il a reculé sur la « réforme » (la nième depuis 30 ans) de l’éducation nationale comptant sur les fêtes pour laisser l’affaire se tasser…

Le futur, si futur il y a, ne peut passer que par une réduction drastique de la population humaine. Pour fixer les idées, disons 1 à 2 milliards d’habitants au plus. Comme je suis un grand humaniste, je refuse quelque « solution finale » que ce soit et je refuse que la « nature » (en fait la puissance de l’argent) se charge de sélectionner les plus aptes. Reste donc l’action de tous et un moratoire volontaire de la reproduction humaine. Evidemment, il ne sera pas suivi autant que je le souhaiterais mais rien n’empêche d’en parler et d’oser le proposer.
Ne pas perdre de vue que l’alternative est notre extinction sous un monceau d’ordure dans une guerre d’extermination misérable au milieu de souffrances indicibles, pour la dernière goutte d’eau ou le dernier grain de blé…

Je clos ici ma courte gazette de décembre, j’ai noté peu d’autres sujets importants et les fêtes c’est aussi fait pour « lâcher l’affaire » (un court moment) et prendre le temps de vivre… C’est gratuit, à faible impact environnemental et tellement reposant !

Ar c'hazh du.

Par Ar C'hazh Du
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Dimanche 30 novembre 2008

Miaou lecteurs,

 

Novembre, on arrête d’expulser mais il manque des logements ; Après " travailler plus " voici, travailler mieux, travailler vieux. Liberté, liberté chérie...

 

Depuis le 1er novembre, comme chaque année, la trêve hivernale entre en vigueur. Concrètement, on ne peut expulser un locataire qui ne paie pas son loyer durant les mois d’hiver. C’est une conséquence de l’hiver 54 et de l’appel de l’abbé Pierre, révolté d’avoir trouvé, en plein Paris, un soir d’hiver, une femme morte de froid avec son avis d’expulsion entre les mains. L’histoire est connue. Depuis 50 ans qu’on la raconte, qu’il y a-t-il de changé ? Je veux dire de vraiment changé ? Cette année, on annonce 265 personnes mortes dans la rue en France. Pas toutes de froid bien sûr mais importe-t-il vraiment de savoir de quoi elles sont mortes ? Ces personnes n’avaient nul part où vivre, nul part ailleurs où mourir… D’où ma question :

Quelle politique de logement et plus particulièrement de logement social a suivi la France depuis les années 50 ? Schématiquement, la construction de logements sociaux est passé de 10.000 logements neufs par an à 140.000 logements neufs par an en 1973 (1er choc pétrolier et début de la " crise "). Puis la construction a brutalement décrue sur 3 ans pour se stabiliser à 50.000 logements par an en moyenne jusqu’au années 2000 ou la courbe a de nouveau baissée régulièrement depuis en s’accompagnant de surcroît de destructions importantes et souvent médiatisées de " barres HLM ".

En clair, l’état a pratiquement renoncé à construire des logements sociaux depuis la fin des 30 glorieuses et a accentué son désengagement au tournant du siècle. Toujours au prétexte facile de la loi du marché et du laisser faire. L’idée étant que le privé pallierait ce désengagement, quitte à subventionner les investissements privés dans le locatif. On trouve en effet pléthores de lois qui ont permis de défiscaliser tout ou du moins une bonne partie des achats de foncier neuf à but locatif.

Malheureusement, cela ne fonctionne pas… En tout cas, pas comme il le faudrait. D’abord, parce que le nombre de logements sociaux et surtout très sociaux reste insuffisant, ensuite parce que le bourgeois investisseur exige de telles références pour louer son bien que les " mal logés ", chômeurs ou travailleurs toujours plus pauvres, n’ont aucune chance de les fournir. Enfin parce que la pénurie endémique de logements, entretenue par cette politique de désengagement de l’état sur le logement social a conduit à la hausse des prix du foncier et donc des loyers. C’est d’ailleurs sur cette bulle foncière qu’a pu se bâtir le scandale des sub primes.

Les SDF en France, par nature difficiles à recenser, avoisineraient les 100.000 auxquels il faudrait encore ajouter les 3 millions de mal logés, ceux qui ont un toit mais pas de murs, en tout cas pas de foyer décent, aux normes de confort minimales du standard européen.

Au regard de cela, que reste-t-il de la promesse de campagne de notre despote élu pour 5 ans ? D’ici 2 ans, plus personne ne devait dormir dehors ? Alors ? Comme il est facile d’être populaire en étant menteur… En attendant, au lieu d’aider les travailleurs pauvres à accéder à la propriété en garantissant par exemple un prêt bonifié auprès des banques ou en assurant une relève en cas de " plan social ", l’état, depuis 30 ans, a préféré, quel que soit le gouvernement, favoriser l’augmentation du capital de ceux qui avaient déjà un toit en laissant les pauvres leur payer un loyer au lieu de petites mensualités aux banques. Un choix politique, s’il en est, ne favorisant certes pas le partage des richesses et l’accession à la propriété, pourtant bien connu comme étant une des aspirations majuscules des français. A croire que pour " aider " les pauvres il faille fatalement commencer par aider les riches… Quitte ensuite à regretter de ne pas avoir les moyens d’aider les pauvres !

 

Retraite, les députés viennent de décider, à la sauvette, que l’on pourrait désormais travailler, si on le souhaite, jusqu’à 70 ans. Prétextant le cas très particulier de quelques pontes de médecine ou autres fous de travail qui se voyaient contraints à laisser tomber leur job à 65 ans. Je ne vois d’ailleurs pas ce qui les empêche de continuer d’exercer bénévolement leur art s’ils aiment tant se dévouer pour autrui.

Et bien moi, je pense au cas plus général des autres, à tous ceux pour qui le travail est une souffrance consentie à la survie, un mal nécessaire si l’on veut rester honnête et jouer le jeu de la vie en société, le temps qu’il faut passer à s’user pour profiter d’un peu de confort, de repos, de certains luxes inouïs comme manger, dormir, aimer et se réjouir. Je pense à tous ces gens, à qui on explique que leur travail sert au bien commun mais qu’ils doivent être raisonnables, ne pas exiger l’impossible comme des hausses de salaires alors que déjà, les bienheureux, ils ont un job. C’est si rare de nos jours un job… Il faudrait tout de même pas demander en plus qu’il soit enrichissant (à tout point de vue), bien beau déjà qu’il permette de survivre…

Alors, bien sûr, entre petit salaire, accidents de parcours, plans sociaux, période de chômage, hausse des prélèvements sociaux et vieillissement de la population, la retraite arrivé à 65 ans, elle n’est pas bien grosse… Surtout que les entreprises licencient dès 55 ans (voir plus tôt) et que retrouver du travail à cet âge, c’est diablement difficile. Faire la soudure de ces 10 dernières années, celles qui autrefois rapportaient tant en points de cotisations et garantissaient un revenu décent une fois les gants raccrochés, c’est aujourd’hui une mission quasi impossible.

Alors, fort logiquement dans la tête d’un député qui lui bénéficiera d’une retraite des plus dorée et ce dès 60 ans, la solution, c’est de retarder le moment ou les gens auront envie d’y être, à la retraite et de leur laisser, s’ils ont la chance de travailler toujours à 65 ans, le choix (!) de continuer à travailler pour cotiser plus longtemps. Le choix oui, la liberté toujours, c’est si bon la liberté… La liberté de travailler même le dimanche (on y pense sérieusement en haut lieu) d’être mal payé, mal logé, mal assuré, mal retraité… Tu le veux ainsi, petit loup blanc, alors ainsi soit-il ! Détruisons donc le poulailler tellement aliénant pour nos libertés et que nos prédécesseurs avaient mis des décennies de luttes sociales à bâtir pour protéger les blanches poules du renard.

Ainsi soit-il, le renard sera donc libre de croquer des poules et les poules seront libres de se faire croquer par lui… Récemment je le rappelle ici, une autre loi est sortie qui vise à individualiser le salarié face à l’employeur en permettant de sortir du cadre des conventions collectives un contrat de travail. Pierre par pierre, c’est l’ensemble du droit du travail, garant d’une protection minimale des salariés, que les " réformateurs " détruisent.

Au passage, quelle belle pirouette ! Voici que la liberté justifie désormais tous les abus sociaux. Et voilà que ce choix merveilleux qui nous est laissé de s’user plus longtemps pour avoir de quoi vivre plus vieux, télescope le mythique " there is no alternative " tellement liberticide et si cher aux néo-libéraux. Intéressant aussi d’entendre parler de liberté en matière de " droit du travail " et d’entendre dans le même temps parler de contraindre les sans abri à s’abriter dans les refuges (pour la plupart crasseux et dangereux et ou la dignité humaine est bafouée)... Un discours fluctuant au gré des besoins, une autre preuve que le néo-libéralisme est un totalitarisme. Mais nos dirigeants savent tellement mieux que les pauvres ce qui est bons pour eux...

Alors je propose, chat noir encore une fois, en faux, une autre voix : Pourquoi rejeter loin de l’Europe tous ces jeunes hommes et femmes venant de pays ou l’on crève de faim, ou l’on souffre du manque de liberté et qui seraient ravis de remplacer nos seniors qui, eux, aspirent à un repos mérité au soir d’une vie de travail ? L’Europe vieillit, parce que sa population ne se reproduit pas assez ? Cela grève les retraites ? Alors accueillons donc à bras ouverts, ces gens malheureux qui viendront rajeunir notre population, travailler à la place des anciens, produire de la richesse et consommer cette richesse… On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ? A-t-on seulement essayé ?

A moins que ? A moins que l’on ne souhaite, toujours en haut lieu, le maintien de ce statu quo ? Que la " crise " soit une bonne façon d’assurer, par la peur du lendemain qu’elle engendre, la docilité d’une population vieillissante, conservatrice, craignant le jeune, craignant le neuf, craignant l’autre, craignant tout parce qu’elle craint la mort, qu’elle sait proche désormais ? La bonne nouvelle c’est que le statu quo ne dure jamais et que les forces sociales sont tôt ou tard trop puissantes pour être contenues par un carcan gouvernemental. La mauvaise nouvelle, c’est que plus ces forces ont été longtemps contenues et plus leur libération est brutale. Et cela fait déjà presque 40 ans… Et entre temps, que de souffrances !

 

Je retarde encore un peu une gazette sur les fichiers ; Edwige vient d’être remplacée par une autre bonne idée dans l’art de contrôler les poules, euh les moutons, enfin les loups blancs veux-je dire. Joyeux Noël à tous, puisse-t-il mettre un peu d’humanisme dans le cœur des hommes durs...

 

Ar c’hazh du.

Par Ar C'haz Du
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  • : Ar C'hazh Du
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  • : Hédoniste, Épicurien, Romantique et Libertaire.

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