Miaou lecteur,
Nous passons la borne de mi-parcours du quinquennat de notre despote élu pour cinq ans. Pas de fleurs, pas de trompettes, je ne vais même pas établir la liste des vilénies de ce gouvernement, ma gazette n’y suffirait pas. Par ailleurs, le bilan de mi-parcours est dans la tête (ou dans le porte-monnaie) de tous, que chacun fasse donc ces comptes… Je n’aurais pour les licenciés, les retraités ruinés, les malades mal remboursés, les déclassés, les pauvres et les appauvris, les détenus arbitraires, les victimes de violences policières, les reconduits aux frontières, les pollués, les mal-bouffeurs empoisonnés, les stressés du travail, les désespérés (pour les suicidés, c’est trop tard), les jeunes (des banlieues ou non) désorientés et stigmatisés et quelques autres, qu’ils aient voté pour ou contre qu’un mot : courage, je pense que le pire est encore devant nous !
Puisque le sujet fait buzzer, un mot sur le fils du père. Comme on s’en doute, mon approche sera celle d’un chat noir et non d’un loup blanc ; pas de hurlement donc, plutôt une réflexion.
Toute espèce, et l’homme en tant qu’espèce ne fait pas exception, tend à perdurer par la reproduction. Sans vouloir mettre une volonté là ou il n’y a sans doute (mais sait-on jamais) qu’un « jeu » de forces, tout se passe un peu comme si les gènes voulaient survivre au delà de leur porteurs de générations en générations. Les espèces qui se sophistiquent (au sens ou un mammifère est plus complexe qu’un poisson et un poisson plus complexe qu’une amibe) transmettent à la génération suivante non seulement des gênes mais aussi des techniques de survie de plus en plus subtiles et complexes. Si l’on admet, suivant ce schéma, que l’espèce humaine est la plus complexe de toutes les espèces de la planète, il est alors logique que la transmission à la génération suivante soit une préoccupation majeure de tous parents. S’ajoute à cela l’influence culturelle occidentale qui veut que si la mère transmet la vie, il reste au père pour être un « vrai » (c'est-à-dire socialement reconnu) père, la responsabilité de fournir un « patrimoine » (ou au moins une « situation ») à sa progéniture. De ce fait, comment en vouloir au père de chercher à toute force à placer le fils, au mépris de toute logique et de toute raison lorsque à la fois l’instinct et à la fois la culture poussent à la roue.
Aveuglement ou cynisme, le discours fait par le père devant l’école de la république parlant de méritocratie et réussite par le travail tandis que le fils se trouve placé pour s’être juste donné la peine de naître ? Difficile à dire… Bêtise humaine en tout cas.
Je n’en veux pas à l’homme de n’être qu’un homme, mais j’en veux à notre république d’être incapable de protéger nos élus et leurs électeurs de ces faiblesses humaines. Faudrait-il donc pour empêcher le népotisme interdire radicalement aux pères (et mère) de familles d’être élus ? Sans doute pas mais ne pourrait-on envisager une disposition constitutionnelle qui viserait à encadrer de près les fonctions occupés par les « fils de » justement parce qu’ils sont « fils de » ?
Repoussé par tous les avertisseurs (sondages, journalistes, députés, « amis »…), le père a finalement demandé au fils de laisser tomber, preuve que seule aujourd’hui en France une mobilisation non pas de la rue mais de « l’opinion » nuance importante dont je t’entretiendrais un jour ami lecteur, permet de faire reculer celui qui pense tout ordonner, tout régenter dans notre pays, en Europe et même dans le monde, alors qu’il reste l’œil paranoïaquement fixé sur sa « cour », quêtant une approbation ou redoutant un reproche. Triste aliénation pour un qui voudrait ne rien devoir à personne et tout diriger chez eux.
Le plus agaçant de ces sujets minables qui font bruisser l’actualité c’est que du coup est passé sous silence un certain nombre de réformes importantes qui mériteraient débat comme par exemple et en vrac, la validation par le conseil constitutionnel de la loi Hadopi, la réforme du statut de la Poste, la réforme de la taxe professionnelle, la réforme de la carte électorale et du mode de scrutin, la réapparition du fichage des jeunes (et moins jeunes) par un Edwige « amélioré », la légalisation de la privatisation des jeux d’agent en ligne, le Taser reconnu par son fabriquant comme potentiellement létal en fin de compte, le déficit record du budget (145 milliards d’euros) envisagé pour 2010 tandis que l’on maintient un bouclier fiscal qui nous en coûte 50 milliards chaque année, le stress au travail induit par les impératifs contradictoires, les délires sécuritaires sur la route, l’état des prisons françaises, le sort réservé aux migrants, ou l’adoption du traite de Lisbonne et les conséquences pour les ressortissants européens…
Comment ne pas être sidéré (au sens propre) par une telle débauche de problèmes, de nouvelles et de réformes ? Comment être sur tous les fronts, de tous les combats, parer tous les coups et rester suffisamment lucide et informé pour discerner le bon du mauvais, ce qui est un progrès utile à l’humanité et ce qui n’est qu’une basse manœuvre politique destiné à assurer le contrôle du peuple, sa servilité et son assujettissement ? Je n’ai pas les réponses, hélas, juste un ou deux principes de bon sens et un texte daté de 1948 adopté par les nations de l’époque et reconnu comme le plus abouti de la conscience humaine. Bien sûr, il n’est pas parfait ni intouchable mais si on peut l’enrichir, il ne faut rien y retrancher. Il constitue la base non négociable qui doit guider toute politique humaniste ce qui doit rester la seule légitimation d’un gouvernement acceptable.
Le temps me manque ce mois-ci pour détailler mais nul doute que ces sujets cités en vrac reviendront régulièrement dans l’actualité des mois à venir. En attendant ami lecteur, couvre-toi bien, si tu chopes la dernière cochonnerie à la mode, ne compte pas trop sur le système de santé qui croule sous les dettes lui aussi, pour t’aider à survivre. Heureusement, l’arrière saison est belle.
Ar c’hazh du.