Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 23:59

Miaou lecteur,

Cela fait déjà quatre années que je tiens le rythme d’une gazette mensuelle, soit mine de rien 49 gazettes… Il est des jours comme ça ou je m’impressionne !

Mais trêve d’auto satisfaction, je profite de la rupture toute artificielle entre 2011 et 2012 pour tenter de me lancer dans un exercice de style un peu différent (quoique) de la « gazette » : le style épistolaire ; un peu comme les « Lettres persanes » de Montesquieu en son temps que j’ai relu récemment, l’idée m’est venue de me faire passer, non pas pour un persan à Paris qui échange de la correspondance avec ses amis et serviteurs restés au pays, mais pour un envoyé extra-terrestre d’un système lointain (modernité oblige) ayant pour mission d’observer les progrès de cette étrange humanité dans le but de déterminer si elle est en mesure d’atteindre un jour un degré d’humanisme suffisant pour entamer des échanges culturels, commerciaux, scientifiques, artistiques et autres.

J’avancerais un peu à l’aveuglette, sans trop savoir ou mènera cette posture « d’envoyé d’Utopie » parmi les hommes et leur système imparfait mais cela me tente d’essayer. Je produirai donc désormais à un rythme plus erratique et irrégulier des lettres émanant de cet envoyé tantôt à ces contacts professionnels, tantôt à ces amis, tantôt à sa douce amie resté là-bas et parlant de la vie d’ici.

Comme pour une pièce de théâtre, il convient de présenter les lieux et personnages. En voici donc la liste :

Brokazh : Le système lointain d’où vient Ar c’hazh du.

Ar c’hazh du : Analyseur d’espèce, envoyé en mission d’analyse sur terre et basé en France (Europe).

Kazhbrav : Analyseur central, chargé de collationner les informations fournies par l’ensemble des analyseurs d’espèces en missions sur terre et de produire un rapport de service.

Kazhenn Gwenn : La douce amie d’Ar c’hazh du restée à Brokazh.

Mignonkazh : un des amis d’Ar c’hazh du basé aussi à Brokazh.

Voilà, place aux lettres de terre ! Je vous souhaite à tous une bonne année « de la fin du monde ».

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 20:04

Miaou lecteur,

 

Nous voici donc à l’aube de la nouvelle année. Le bilan de celle qui vient de s’écouler est plutôt terne si l’on regarde les « fondamentaux » socio-économiques mais sur le font populaire, il permet de garder l’espoir. Le sud de la méditerranée a fait sa révolution et a mis fin a plusieurs régimes tyranniques. Ces révoltés tentent à présent de construire une constitution et de se doter de parlements représentatifs.

 

Que ces parlements se remplissent de religieux plus ou moins fondamentalistes donnent à penser que la pensée démocratique nord africaine est immature certes mais aussi que les peuples rejettent par là même le "modèle" occidental. Cela montre aussi que le modèle capitaliste ne fait plus rêver (l’a-t-il jamais fait ?). Le malheur c’est que ce peuple tend à jeter le bébé avec l’eau du bain et rejette avec le capitalisme, la démocratie comme si l’un était indissociable de l’autre…

 

Bien sûr il n’en est rien mais dans quel endroit du monde désormais peut-on trouver une démocratie ou le capitalisme est suffisamment maîtrisé et encadré pour que la libre entreprise assure la richesse commune sans permettre à quelques-uns l’accumulation de richesses inemployée au bien commun ? Peut être dans les pays nordiques ? Pas si sûr… On licencie désormais aussi chez Nokia. Quoi qu’il en soit, ce modèle était celui voulu pour la France au sortir de la guerre ; une république sociale au terme de sa constitution, ou la laïcité forçait le remplacement de la charité par la fraternité (et son corolaire, la solidarité). Faute d’avoir su le transposer (sans l’imposer) aux autres démocraties européennes, l’Europe a viré libérale sous l’impulsion de l’Angleterre et des Néo Libéraux, disciples de l’école de Chicago (Hayek et consort) dont on ne dira jamais assez le mal qu’ils ont fait au monde. Peut être un jour un tribunal pénal international jugera-t-il le crime financier à l'aune d'un crime contre l'humanité, espérons le.

 

La nième cure d’austérité qu’on a promis aux 350 millions d’européens pour sauver la monnaie indique clairement que nos dirigeants préfèrent sauver le matériel et lâcher l’humain. Un dogme a été établi ainsi : le rentier sera payé et tant pis si le peuple en meurt !

Peu avant la révolution française, Louis XVI demandait un soir à Versailles à Joseph Marie Terray alors son contrôleur des finances : Comment trouvez-mes fêtes ? Celui passe pour lui avoir répondu : impayables Sire…

Comme j’eusse aimé que nos décideurs européens se tiennent face aux marchés et répondent aux créanciers : nous trouvons vos dettes impayables !

L’on me dit qu’il faut protéger l’épargnant (dont je fais au passage parti), et bien je dis non ou alors en partie seulement. Car décider de protéger l’épargnant, c’est oublier beaucoup de chose :

 

C’est oublier que les dirigeants de nos états ont cru pouvoir remplacer l’impôt par la dette permettant aux épargnés de l’impôt de prêter l’argent ainsi économisé à ces même états et même percevoir des intérêts sur ces prêts.

 

C’est oublier que le prêteur est toujours co-responsable du défaut de paiement avec le débiteur, le risque encouru étant « couvert » par le taux d’intérêt. Le préteur est avant tout un joueur qui parie sur le retour de son capital et l’empochage des intérêts sur la base de la confiance que lui inspire le débiteur. S’il se trompe, il perd ! Or les marchés se sont trompés en croyant nos états de bons débiteurs par ces temps troublés. Qu’ils partagent aussi les conséquences de leur imprévoyance et s’en prennent aux agences de notations qui les ont faussement rassurés avec leur triple A !

 

C’est oublier enfin que protéger le préteur c’est frapper l’emprunteur et donc attaquer le faible pour protéger le fort, c’est voler au secours de la victoire. Une bonne politique sans doute pour un Prince machiavélique mais une politique immorale qui déshonore le but même de la politique : rendre possible la vie en commun.

 

Aujourd’hui, la récréation est finie. Une saine politique commande de revenir à une fiscalité en rapport avec la dépense. L’état ne peut plus s’endetter pour assurer son fonctionnement ? Soit ce qu’il ne pourra plus emprunter, il le percevra ! A commencer par l’annulation de la dette (ou sa restructuration si le mot choque) ou tout au moins une partie de celle-ci. Par exemple, celle qui asphyxie nos communes sur qui un état lâche s’est défaussé d’une partie de sa charge sans en transférer les budgets. Et s’il faut vraiment protéger la veuve de Carpentras, il est toujours possible de faire défaut tout en garantissant un remboursement d’une partie de l’épargne française (et européenne). Ainsi le défaut toucheras les « gros » poissons et laissera filer les petits. Un filet à maille large, c’est une bonne image de ce qu’il faudrait pour filtrer la dette.

 

Restent les banques ; soit elles sont restés propres et leurs pertes spéculatives leurs seront supportables, soit elles ont voulu se « gaver » d’actif pourris pour toucher un gros pactole et là leur perte les feront couler. L’état, bon Prince, les ramassera dans le caniveau par une nationalisation facile incluant une garantie des dépôts là encore à hauteur de ce que la veuve de Carpentras a en banque (mettons 5 fois le SMIC et brisons là). Ensuite il fera le tri des banques qui pourront faire des « affaires » des banques qui seront contraintes à la simple gestion des comptes de la veuve. Ceux qui décideront d’aller dans les premières y courront le risque de tout perdre, les autres bénéficieront de la couverture de l’état et de l’emploi de règles prudentielles drastique et fatalement d'un rapport moindre.

 

Et pour limiter la fuite des capitaux, cet état devra être à l’échelle de l’Europe.

Si règle il doit y avoir alors soyons y tous soumis, riche comme pauvre petit états comme les grands. Quel dirigeant ou prétendant tel osera placer ce type de gestion à son programme ?

Comme disait E. ZOLA en conclusion de son "J'accuse" : Qu'ils viennent, j'attends.

 

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 18:00

Miaou lecteur,

 

Il est des mois comme celui-ci ou je n’ai rien à dire... Ce n’est pas qu’il n’y a rien à dire (bien au contraire) mais plutôt que le spectre terrible du « A quoi bon le dire ? » instille en moi ses volutes narcotiques et me porte doucement au découragement et à l’indolence.

 

A quoi bon dire que l’écart riche / pauvre atteint un seuil insupportable ? Apparemment les pauvres le supportent encore bien même si la « petite » délinquance (tout de même désormais armé d’AK47) indique chaque jour que ce seuil est dépassé…

 

A quoi bon dire que le bonheur de tous passe par le partage des richesses et la justice sociale ? L’individualisme semble plus important à chacun d’entre nous, assurant ainsi le triomphe du fort sur le faible…

 

A quoi bon dénoncer une planète massacrée et une surpopulation galopante ? La maternité est trop chevillée à l’utérus des femmes pour les voir y renoncer et les dirigeants préfèrent avoir une nombreuse population de crève la faim n’ayant rien à perdre en cas de guerre qu’une population moins nombreuse et plus heureuse laissant une empreinte écologique plus soft…

 

A quoi bon appeler aux urnes ? Les choix des peuples ne sont écoutés que lorsqu’ils font le jeu des puissants, sinon on se passe de son avis…

 

Et la dette, et la dette, alouette, alouette, haaaaaaa…

 

J’ai participé à une manif des indignés (je ne suis pas indigné, je suis révolté mais bon, il n’y a pas encore de manifestation des révoltés...) 150 personnes à tout casser et les passants autour qui se précipitent vers leurs achats de Noël… Cette société a eu raison des mes con-citoyens et en a fait des con-sommateurs… Cette année, les restos du cœur ont eu du mal à boucler leur budget, l’Europe remet en cause sa politique sociale pour la rejeter au bon soin des états membres, comme si un miséreux de Lettonie avait moins de valeur qu’un RMIste de France. Où est l’Europe sociale promise lors du traité de Maastricht ? Apparemment DMC comme disent les d’jeuns !

Il est probable que demain débouche sur des émeutes de la faim et un début de guerre civile, mais tant que la « dinde aux marrons » de Renaud aura plus d’importance que la mendiante Rom à l’entrée du parking ou tu as garé ton SUV, petit loup blanc, les miaulements perdus d’un chat noir sur un blog Internet n’auront guère d’importance.

 

Alors ce mois-ci, ma gazette fait relâche. Tu m’as gavé, petit loup blanc, avec ta bêtise égoïste ! Voilà gavé. Alors mettons cela sur le coup des jours sans lumières et espérons que le blues se chasse avec les fêtes (ou pas). Et je vais m’aérer la tête avec les souvenirs de mes vacances à Belle-île en mer…

 

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 23:55

Miaou lecteur,

 

Comme promis, la suite de mes réflexions sur la démocratisation de l’entreprise. En 1969 un dénommé L.J.PETER a publié un bouquin (avec R. HULL) resté célèbre chez tous les « cadres avisés » d’entreprise (et sans doute aussi chez un grand nombre de « non cadres avisés ») : « Le Principe de Peters ». Je fais parti de ceux qui ont lu le dit bouquin et je pense que la petite synthèse qu’en donne Wikipedia est assez bien faite. Je te suggère ami lecteur d’y faire un saut.

 

Ce que je trouve intéressant pour mon propos de ce mois-ci, c’est le paradigme qui se trouve à l’origine de cette satire : « la hiérarchie est non seulement indispensable mais elle constitue de fait la raison d’être de l’entreprise ». Le reste, clients, employés, ressources humaines, actionnaires (oui même eux) doivent admettre et se plier à cette exigence : La hiérarchie ne doit pas être déjugée, elle est inamovible. Conséquemment, la compétence d’un individu n’est pas le critère de réussite dans l’entreprise, seule la servilité, la veulerie et l’absence de scrupules auront du poids en matière de promotion. Cela conduit naturellement à une perte d’énergie considérable pour l’entreprise, une frustration immense pour les employés compétents et, à mon sens le pire, une scandaleuse injustice pour les hyper compétents.

 

C’est exactement ce constat auquel je suis parvenu (avant même de lire ce bouquin) et qui m’a conduit à déterminer que le paradigme ci-dessus doit exploser si (et j’insiste sur ce point car ce présupposé est loin d’être acquis) si donc, on souhaite rendre une entreprise pérenne et performante.

 

Admettons donc que le PDG et son staff déterminent les services dont il a besoin pour organiser son entreprise ; les branches RH, Achat, Vente, Production, Conception, Juridique, Services Généraux… lui seront rattachés directement car chapeautées par son staff. Ces services sont basiques au point qu’on se demande ce qu’un PDG apprend dans son école de PDG…

 

Mais chaque service doit ensuite s’organiser à son tour et de proche en proche on dessine l’organigramme de l’entreprise. Chaque service ayant une mission, le directeur détermine le nombre de « sous service » dont il va avoir besoin et ainsi de suite. Les RH recrutent ensuite le personnel sur la base des besoins exprimés (en théorie du moins).

 

Le système proposé ici diffère alors complètement d’une hiérarchie classique. Car ce n’est pas le n+1 qui va nommer le chef du « sous service » mais les n-1 sur une base élective annuelle. Ainsi le chef choisi devient de fait un représentant du service et non son tyran. De boîte en boîte, on remonte ainsi jusqu’au directeur du service.

 

Ce dernier a la certitude d’avoir en face de lui les meilleurs parce que les plus reconnus dans leur domaine par l’ensemble des employés du domaine. Il a sur eux un contrôle par les objectifs qu’ils leur fixent et les directives qu’il leur donne, mais il ne contrôle pas leur présence l’an prochain puisqu’elle est le résultat de l’élection par les n-1. Aussi s’il veut garder cette personne, il doit composer avec les besoins qu’il exprime pour son équipe par rapport aux objectifs fixés. Il ne peut, par ailleurs s’en débarrasser facilement s’il n’en veut plus puisque c’est l’équipe et non lui qui le choisit.

Ce type d’équilibre des pouvoirs partagé à tous les niveaux induit inévitablement une meilleure attitude à la fois de la hiérarchie plus conciliante envers ses « électeurs » mais aussi des équipes, satisfaites d’avoir choisi celui qu’elle reconnait pour sa compétence. Le rôle du manager devient alors celui d’un ambassadeur et d’un porte-parole. Il assure (enfin) son rôle de courroie de transmission du haut vers le bas mais aussi du bas vers le haut sans crainte excessive car il a l’aval de son équipe et la garantie de sa position face à sa hiérarchie.

 

Par ailleurs celui au sein d’une équipe qui se ferait remarquer par son travail, son attitude conciliatrice envers ces pairs, ces idées innovantes, bref son implication au long de l’année, réussirait sans trop de mal à créer l’alternance. La promotion se ferait au mérite reconnu par les pairs et non à l’aptitude à la servilité envers un chef. La compétence supposée et promue serait aussi chaque année soumise à la sanction des urnes. Ces deux mécanismes conduiraient de fait au maintien et à la promotion  de la compétence et non à sa destruction comme indiquée par Peter.

 

Dans ce fonctionnement, le salaire (hors inflation) serait bien entendu lié à la fonction occupée et non à l’individu qui l’occupe.

 

Un équilibre des pouvoirs entre la base et la haute hiérarchie est nécessaire pour produire des rapports sociaux harmonieux, créateurs de synergie et d’entraide au travail. Nul doute, dans mon esprit, qu’une entreprise ainsi gérée, une fois la confiance installée, crèverait ces objectifs à la grande surprise de ces dirigeants.

 

Puisque la démocratie est le plus mauvais système si l’on exclue tous les autres, il reste à voter pour ceux qui nous proposent ce genre d’idée… Comment ça personne ne propose ce genre d’idée ? Il y aurait-il aussi de l’incompétence et de la veulerie chez nos intellectuels et nos représentants ?

 

Ar c’hazh du.

 

 

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 21:42

Miaou lecteur,

 

Je suis en retard pour cette publication mais il faut comprendre que les vacances de septembre avec une aussi belle arrière saison incitent plus aux activités nautiques qu’à l’introspection et la critique du temps (qui passe)…

 

Toutefois entre 2 sorties de mon dériveur et siestes farnientes, j’ai eu la possibilité de réfléchir un peu au mal qui ronge la démocratie. Si l’on admet le point de vue cynique que tout est le résultat d’un rapport de force dans le « jeu » politique, il faut bien admettre alors que le lieu des enjeux de pouvoirs s'est déplacés de la sphère publique vers une sphère que l’on qualifiera de « privé » pour faire simple.

Autrement dit, le ring où s’affrontait les tenants du conservatisme alliés du capital et les tenants du progrès social alliés aux masses prolétariennes (j’aime bien de temps en temps user d’un vocabulaire apparemment marxiste, et parler en terme de lutte des classes, cela fixe les idées même si l’on frise alors l’approximation), ce ring donc qui, dans une république doit se trouver sur le champs politique et recevoir des adversaires qui combattent dans le cadre d’un règlement constitutionnel, se trouve déplacé dans un champs beaucoup moins bien contrôlé, ou la règle est celle du plus fort et où tous les coups sont permis du simple fait que l’arbitre renonce à y faire appliquer ce règlement constitutionnel ; il s’agit de la sphère privée et plus exactement du champs clos et opaque de l’entreprise.

 

Selon l’idée anglo-saxonne qu’un « charbonnier est maître chez lui », il est admis plus ou moins tacitement et plus ou moins complètement que le patron, le P-DG (et son board représentant les actionnaires propriétaire), peuvent faire régner au sein de l’entreprise l’ordre qu’ils veulent fut-il en bute avec le dignité humaine. On m’objectera immédiatement le droit du travail et le syndicalisme et je répondrais benoîtement « mais lol » si je voulais faire D’jeuns… Je veux juste faire « Chat noir » et je réponds plutôt que le droit du travail, résultat de la lutte sur le ring autrefois placé sur le champs politique est tranquillement détricoté, maille par maille depuis le déplacement du ring vers le champs privé, au nom du libéralisme, seul garant de la prospérité (là encore « lol » car il faudrait peut être un jour s’interroger sur le partage de la dite prospérité, en admettant que la prospérité soit bien au rendez-vous puisque la « crise » dure quand même depuis 1973, c'est-à-dire bizarrement depuis que ce discours sur le « moins d’état » a commencé à faire effet sur le politique). S’ajoute la suppression des arbitres (les inspecteurs du travail), la limitation toujours plus drastique du droit de grève, le maintien (volontaire ou non, la question finira par se poser un jour j’en suis convaincu) d’un haut niveau de chômage, garantissant en contre-coup par la peur qu’il engendre une tenue en respect de la chiourme prolétarienne de plus en plus sévèrement contrôlée (appauvrie, harcelés, humiliés, maltraités) par des contremaître choisi pour leur bas niveau d’empathie et parfois même leur psychopathie (et de nos jours appelés « managers » pour faire plus propre), eux-mêmes soumis à des impératifs contradictoire : faire faire plus avec moins sinon c’est la relégation au banc des galériens…

 

Le pire de tout cela c’est que l’entreprise n’en retire pas les profits qu’elle espère de cette politique brutale pour la simple raison, (voir ma gazette du mois dernier) que chacun se protège alors de son mieux par le dé-engagement, résultat immédiat de la pratique du bâton à la place de la carotte. On assiste même à des effets complètement inattendus (ou au contraire complètement prévisibles selon la connaissance que l’on a de l’humain) où la compétence est punie tandis que l’incompétence est promue. En effet, l’important dans ce type de bureaucratie n’étant pas de savoir-faire le travail mais de savoir-être servile envers sa hiérarchie et impitoyable envers ces subordonnés. Le rêve Stalinien finalement réalisé en entreprise par les tenants du capital, voilà bien la preuve que les idéologies n’ont pas d’importance en matière de lutte de pouvoir. Dès lors que l’on renonce à l’humanisme, que l’on parte d’un bord ou de l’autre, le totalitarisme pointe rapidement son museau hideux.

 

Tout cela pour dire que si l’on n’instaure pas dans les entreprises un véritable « jeu » démocratique, le capital comme le travail se sont plus rémunérés et l’économie est dès lors condamnée. Comment, une fois le constat fait, s’assurer de la démocratisation de l’entreprise sans ouvrir la voie à la destruction de l’outil de production ?

Suspens, ami lecteur, une(des) proposition(s) est(sont) en gestation dans mon cerveau en vacances, je vous en parle le mois prochain. Il y sera question de promotion de l’intelligence, d’ambassadeur d’équipe et d’élection parmi les pairs.

 

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 16:52

Miaou lecteur,

 

Dans la torpeur estivale et en dépit d’une bourse qui décroche, d’une monnaie menacée d’explosion et de peuples en colère, les gouvernements d’Europe, rendant impuissants par leur soumission inconditionnelles aux puissances de l’argent, ont préféré partir en congé espérant voir remises à septembre les conséquences de leurs non-décisions. Grand bien leur fasse, tout le monde a droit à des vacances…

 

De mon coté, j’ai vécu au cours de ce mois trois (petit) évènements qui m’ont donné à réfléchir. Bien que peu nanti, le fruit de mon travail qui est ma seule richesse, m’a permis d’économiser suffisamment pour payer mon solde d’impôt sur le revenu courant septembre et m’a même laissé un reliquat que j’ai consacré à acheter un dériveur. Pour les ignorants des choses de la voile, un dériveur est un voilier de taille modeste parfois habitable (mais ce n’est pas le cas du mien) dont la dérive est mobile et peut s’effacer complètement afin de permettre la navigation sur hauts fonds et même d’aborder sur une plage. Engins relativement léger, celui que je viens de m’offrir est petit (et surtout ancien, 1969). Si ça t’intéresse d’en savoir plus, ami lecteur, sur ce symbole passé de la vie insouciante durant les 30 glorieuses, va donc voir par à quoi ils ressemblent.

 

Pour le sujet de cette gazette, qu’il te suffise de savoir que ce type de voilier (et surtout la remorque qui le transporte) doit être assuré, au moins pour faire face aux conséquences financière de la responsabilité civile. Dans mon cas, je souhaitais aussi une assurance vol et destruction (un mât de 6m50 ça attire la foudre facilement sur et près d’un plan d’eau) mais aussi une garantie juridique ; les avocats coûtent chers lorsque l’on doit se défendre pour avoir assommé et noyé un quidam, même si la baignade est interdite au dit quidam en ce lieu.

Or donc, je me suis rendu auprès de mon assureur pour souscrire la dite assurance. Je fus reçu une première fois. Je me suis vite rendu compte que pour un assureur, tous les bateaux se ressemblent (du Yacht princier au petit engin de plage) tout au plus fait-on une distinction entre le voilier et le navire à moteur… Mais j’ai réussi à obtenir le devis que je souhaitais (après plusieurs coup de fil passé par l’employé à sa hiérarchie). Il restait à revenir 48h plus tard pour la signature du contrat.

 

Revenant donc 2 jours plus tard, je suis tombé sur une autre employée qui n’était pas du tout au courant et qui a reconduit les mêmes démarches et qui au final m’a proposé un contrat qui n’était pas celui ‘tout risque’ que je souhaitais car, n’étant pas encore propriétaire du voilier, je n’avais pas pu fournir les certificats de propriété ni une photo du voiler en question ! Comme s’il était courant, ailleurs que dans la finance, de prendre une assurance pour couvrir un bien dont on n’est pas le propriétaire ! Bon, je la fais courte (quoique), je suis ressorti de chez l’assureur avec la conviction que je n’avais pas été bien servi ni bien écouté.

 

Le même type de mésaventure m’est arrivé aussi dans un autre registre. Ayant pris RDV pour changer le pneu arrière usé de ma moto, le mécano m’a annoncé que le pneu que je souhaitais (et dont j’avais indiqué la référence lors de la prise du RDV) était indisponible et qu’il allait devoir en monter un autre. Là encore je me suis senti mal servi et mal entendu lors de ma demande).

 

De même, je suis depuis plus de 5 semaines privé d’Internet, ma connexion ayant pour une obscure raison sauté sans crier gare. Aucune explication n’est disponible du coté de mon FAI. Je suis pourtant certain que ma facture mensuelle sera débité, naturellement.

 

Ayant fait le tour de mes connaissances, je me suis rendu compte que ce type de tracasseries était général, pour peu qu’on s’y attarde. Bien entendu, cela n’empêche pas de vivre, ni même d’être heureux, mais cela me rappelle furieusement la description que fait I. ASIMOV du déclin de l’empire galactique dans Fondation… L’explication que nous avons trouvé, les ami(e)s et moi est la suivante et je vous la donne pour ce qu’elle vaut : Les gens se désintéressent complètement de leur travail. Et le petit plus qu’ils faisaient autrefois pour assurer le fonctionnement de l’ensemble et qui leur valait la reconnaissance de leur pairs et supérieurs et la satisfaction du travail « bien fait » est oublié du fait même que ce petit plus n’est plus reconnu. Cela tient à la modération salariale, au stress au travail, au management « double bind » ou par impératifs contradictoire, combiné à une approche contrainte de la vie en « lâcher prise » et en « mode de fuite » pour se protéger psychologiquement.

 

Conclusion, la qualité des services, mais aussi du travail en général se dégrade conduisant à cette atmosphère délétère de « let it be » ou de « ça ira ». Faute de syndicats pour orchestrer le mouvement de mécontentement général, il reste aux individus cette arme qu’ils ont (re)trouvé instinctivement : le désengagement, un état qui n’est ni le travail ni la grève, juste un désintérêt pour le travail à faire ; on le fait mais en traînant les pieds, un peu comme ces ados vont « bûcher » leur bac alors que dehors, l’été approche et que les filles sont jolies…

 

Si tu es raisonnablement cultivé et de ma génération, ami lecteur, tu as fatalement entendu parler de Sacha GUITRY et en particulier d’une de ses œuvres : « si Versailles m’était conté ». L’histoire, servie par une distribution de comédiens français d’anthologie se termine sur le début de la révolution française, ou Edith PIAF chante dans la foule en colère aux grilles du palais de Versailles le célèbre « Ca ira » révolutionnaire. L’auteur, par l’entremise de Necker* (je pense) s’adressant au Roi propose juste avant une explication à ce chant qui n’est, je m’en suis avisé vers la fin de ma gazette, pas très différente de celle proposée ci-dessus… A méditer ami lecteur. Même si l’histoire ne se répète pas, puisse-t-elle au moins ne pas bégayer trop fort.

 

Ar c’hazh du.

 

(*) Le libéralisme des physiocrates (Turgot en tête) a conduit la France à la révolution. Necker, prônait une intervention de l’état au moins sur les « marchés » des denrées indispensables à la survie du peuple pour lutter contre la spéculation et l’accaparement. Trop dangereux pour les privilèges des aristocrates et des financiers, le Roi le contraint à la démission avec les conséquences tragiques que l’on sait.

Nos roitelets d’Europe sauront-ils entendre les leçons de l’histoire et faire entendre raison aux maîtres de la finance ? Je le souhaite plus que je ne saurais le dire mais j’en doute.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Dimanche 31 juillet 2011 7 31 /07 /Juil /2011 23:55

Miaou lecteur,

 

Voilà quelques temps que je n’ai pas fait mon économiste « non distingué ». Les économistes sont, quasi tous, qualifiés de « distingués » ; je ne sais plus qui avait fait ce constat mais il semble bien que la profession soit très auto-congratulante, un peu comme pour les Molières (ou les 7 d’or) où le théâtre (la télé) se récompense(nt) lui(eux)-même. Je suis non-distingué parce que je ne suis diplômé d’aucune école « d’économie » et que mes conjectures et mes considérations ne sont que le résultat des réflexions et de mes sentiments qui, à l’instar des lunettes noires que me fait porter mon ami de la même couleur (ne cherchez pas, c’est une private joke), ne sont que toutes personnelles.

En clair, ce que je dis n’est peut être pas la vérité mais c’est ma vérité. Et, à tout le moins, la sincérité de cette vérité doit être sinon indiscutable au minimum reconnue.

 

Bref, bien que n’étant pas économiste, il me semble tout de même  possible de faire de l’économie, en se basant sur sa logique, sa culture et son esprit d’analyse. N’en déplaise à ceux qui voit dans cette matière une amoralité, c'est-à-dire quelque chose par delà le bien et le mal, à l’instar de la façon dont Machiavel voyait le pouvoir, j’entends faire ici de l’économie sociale, c'est-à-dire définir le meilleur moyen de créer et répartir la richesse produite par tous de façon à améliorer la qualité de la vie de chacun, qualité que chacun doit bien sûr définir pour lui-même et non se voir imposer par un dispositif social, fut-il étatique ou pire encore d’obédience privée.

 

Cette économie sociale s’oppose à l’économie libérale qui postule, entre autre, des acteurs de marchés et une conduite de ces acteurs uniquement dirigée par le mieux de leurs intérêts. Cet « homo économicus » n’existe pas et n’existera jamais quoi que puisse rêver ces artistes (clowns ?) qui prétendent faire coller la réalité à leur modèle plutôt que de reconnaître les limites du-dit modèle. Cette approche, au passage,  est tout simplement totalitaire. L’homo sapiens lui existe et, outre sa fonction économique (que je ne dénie pas), il intègre aussi une fonction morale, éthique, artistique, culturelle, parfois religieuse, sentimentale et j’en passe, qui influent sur ces actes et ses décisions. Nous ne sommes pas que rationnels ou plutôt, nous ne sommes pas mu que par notre égoïsme primaire, et tant pis pour les rapaces, handicapés du sentiment, qui projettent sur tous leur triste personnalité.

 

L’économie (ainsi définie plus haut) donc n’est pas amorale et ce serait immoral que de laisser cette idée s’installer dans les esprits. Ce qui est amoral (et c’est bien différent), c’est l’estimation des coûts de production, de revient  et de répartition des richesses que le peuple entend définir comme souhaitable pour chacun. Toutefois ce financement doit être, lui aussi, éthique, c'est-à-dire relever de la justice sociale et de l’arbitrage des peuples quant à la part qu’il entend se donner à lui-même pour bien vivre et la part qu’il entend investir pour son mieux vivre futur et celui de sa descendance. Ce sont des choix qu’il doit faire, simplement parce que c’est lui qui les assume.

 

Or c’est précisément ce que le monde « opaque » de la finance (la petite frange de l’humanité qui s’enrichie sur le travail et, trop souvent, le malheur des autres) refuse de voir se réaliser. Les choix financiers qui sont faits à ce jour ne visent qu’à un seul objectif ; maximiser le retour sur investissement dans un délai aussi court que possible. Les conséquences de cette politique à œillère et court-termiste sont patentes : destruction de l’édifice social, maximisation des injustices, augmentation des inégalités, gâchis des ressources, destruction de l’environnement et partant, mise en danger de l’avenir des générations.

 

Ce choix de vie pourrait tout à fait se comprendre (même si pour ma part je le trouve regrettable) s’il était le résultat d’un accord massif de la population. Bien entendu, il n’en est rien, il n’est que le résultat du laisser faire de nos politiciens subjugués par l’argent et son pouvoir de corruption d’une part, et du peuple qui d’élection en élection (quand élection il y a) laisse s’installer une élite politique qu’il sait pourtant peu compétente (pour le moins) d’autre part.

 

Le résultat donc est évident. L’écart entre riche et pauvre, loin de se combler, se creuse car le capital se concentre. C’est là le résultat mécanique du prêt à intérêt dès que le montant du dit intérêt dépasse la richesse produite par l’investissement du capital qu’il rémunère. Par ailleurs, si la liberté est laissée aux financiers de créer de la valeur sans contre partie en richesse (des actions surcotées, des paris sans financements réels, des bulles spéculatives…), une grande partie de la valeur en cours n’est pas garantie ce qui conduit tôt ou tard à une disparition de la dite valeur. Tout le « jeu » de la finance est alors de répartir cette « perte » sur la plus grande assiette possible (too big to fail, risque systémique et autre aléa moral, autant de mot « magiques » pour couvrir une grosse arnaque). En clair, le bénéfice est privé et la perte est publique et ce avec l’aval de nos dirigeants. Ce deuxième effet de pompe conduit aussi à la concentration de capital en peu de mains.

 

Face à ce racket organisé des puissances de l’argent, il est une parade efficace mais hautement politique : l’annulation de la dette. Avec cette idée simple (mais non simpliste), du jour au lendemain, plus personne ne doit rien à quiconque. Bien entendu, tout créancier doit de son coté faire une croix sur l’argent prêté, il ne le reverra pas. Coté débiteur pur, on reste propriétaire de ses avoirs, sa dette est effacée. Et celui qui est entre deux, un peu créancier, un peu débiteur, le delta entre les deux indique ce qui lui reste. Avec cette approche, le riche perd beaucoup, le pauvre l’est moins et la classe moyenne perd (ou gagne) un peu. Unr sympathique façon de faire un vrai « New deal »

 

Es-ce faisable ? A voir.

Au niveau mondial, faute d’un gouvernement du monde ; il faudrait un accord multi états à l’ONU qui prendrait du temps. Or une situation « d’entre deux » paralyserait les échanges conduisant à la panique et la destruction de l’économie. Il faudrait donc des négociation secrètes ; Probablement irréalisable au niveau de 150 pays, sauf à garder ce scénario comme une arme d’ultime recours et de menace pour faire passer des mesures régulatrices plus « soft » envers la finance internationale.

Au niveau européen, c’est déjà plus jouable ; les chefs d’états membre pourraient étudier en secret (à 27 et sans leurs sherpas, pour une fois) ce scénario et faire  prononcer la décision par le président de l’Europe. Une garantie de remboursement pourrait même être envisagée hors Europe et le reste du monde pourrait ainsi se rassurer sur le fait que l’Europe fera « face » à ces engagements internationaux tandis qu’en interne toute dette d’un groupe social à un autre serait tenu pour nulle.

 

Autre piste, si décidément l’Europe ne voulait rien d’autre que de rester celle des marchands et surtout celles des financiers, se tourner vers un défaut partiel ou total « pays par pays » ou groupe de pays par groupe de pays (avec une seule monnaie unique, cela pourrait être « amusant »).

 

Au sujet du défaut d’un pays, pas de panique, il y a des précédents tout au long de l’histoire depuis le moyen âge, même (et surtout) en Europe, et bizarrement, le monde tourne encore ! Le récent défaut Islandais et Argentin, dont je te recommande, ami lecteur, la lecture de l’histoire ici devrait te rassurer ; même si tu y laisses des plumes un court moment (6 mois) parce que tu es « riche », petit loup blanc, le rebond est assez significatif pour confirmer que l’inégalité exagérée de la répartition des richesses est aussi toxique aux économies sociales que la totale égalité de la dite répartition. Une évidence que les Chicago boys et leurs thuriféraires aimeraient tant nous faire oublier…

 

Ar c’hazh du.

 

 

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 06:32

Miaou lecteur,

 

 

« L’optimiste voit le monde tel qu’il devrait être, le pessimiste le voit tel qu’il est. » Cet aphorisme (dont j’ignore le nom de l’auteur) m’a donné à réfléchir ces derniers temps.

Mon entourage me reprochant souvent de lui plomber le moral avec mon « pessimisme », je lui réponds tout aussi souvent que ce n’est pas moi qui suis pessimiste mais les temps que nous vivons et que je ne fais que les vivre et (me) les expliquer…

 

A l’image de la girouette qui tourne avec le vent ou du baromètre qui chute avant (et pendant) la tempête, le réaliste d’aujourd’hui ne peut guère voir autre chose que beaucoup de sombre dans son temps ce qui le rend apparemment pessimiste.

Certes, il est des raisons d’être heureux lorsqu’on est en bonne santé, qu’on a un travail générant un revenu, un ou une compagne (voir, une famille) dans un pays développé comme le nôtre. Mais le pessimisme n’est pas forcément quelque chose qui doit être vécu tristement et l’on peut être heureux à titre personnel tout en étant insatisfait du monde. L’optimisme comme le pessimisme n’est pas corrélé à une situation personnelle et seul un égoïste pourrait, parce qu’il va bien, penser que le reste du monde se doit être dans son cas.

 

J’aurais plutôt tendance à voir celui que l’on qualifie d’optimiste comme une personne égocentrée légèrement inconsciente, à tout le moins insouciante. L’image qui m’en vient serait une Marie Antoinette d’Epinal (c'est-à-dire telle que les révolutionnaires ont voulu nous la dépeindre) ou Marielle Le QUESNOY dans « La vie est un long fleuve tranquille ». Ces personnes vont bien, elles n’ont pas de vrais soucis, se figurent qu’elles n’en auront jamais car elles n’en ont jamais eu (puisque Dieu ou une autre forme de superstition les en préservent en récompense de leur vie méritante) et que les autres n’ont que la place (et les problèmes) qu’ils méritent, en admettant qu’elles jettent un œil sur la vie des autres.

 

Il existe certes des personnes moins favorisés socialement qui sont optimistes. La psychologie reste la même : égocentrée et insouciante. Le principe de réalité les rattrape en général plus vite que les privilégiés et les conduit finalement soit à la dépression soit à jeter leurs lunettes roses en réaction de résilience pour voir enfin le monde tel qu’il est.

 

Le pessimiste, plus ouvert sur le monde et les autres, se confronte quotidiennement à sa réalité, soit directement dans sa vie, soit emphatiquement dans celle des autres, soit au travers de l’image qu’il en a dans sa volonté de le comprendre.

 

Car c’est là que se situe l’explication : non pas que comme le dit cet autre aphorisme que « Celui qui accroît son savoir accroît son malheur », mais on accroît, de fait, de par une meilleure connaissance du monde, la confirmation de son imperfection et du hiatus qu’il y a entre ce qu’il devrait être, pour satisfaire à la justice (ou à la morale) et ce qu’il est, à savoir l’équilibre dynamique entre des enjeux de pouvoir. Commencer par comprendre cela est une bonne base pour rebondir vers un vrai optimisme, non pas celui béat du satisfait ou de l’inconscient naïf mais celui du réaliste qui mesure le monde et réfléchit à son amélioration. La religion et la pression sociale font des optimistes naïfs un outil de l’immobilisme et du conservatisme, tellement profitables aux exploiteurs de tous poils, et stigmatise le réalisme comme du pessimisme, afin de décrédibiliser les clairvoyants.

 

Car, au final, le pessimiste, constatant le hiatus évoqué plus haut, peut soit renoncer et disparaître à son tour dans la déprime, soit lutter pour le changement, changement qu’il pense possible, ce qui est finalement plutôt optimiste*.

 

Avec l’espoir de jours meilleurs pour le monde, le chat noir ami lecteur, te souhaite le bonheur de la même lutte.

 

Ar C’hazh Du.

 

(*) : Merci Jul pour la remarque pertinente...

Par Ar C'hazh Du
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 23:55

Miaou lecteur,

 

Un mot sur la prime exceptionnelle que le gouvernement entend faire verser par les entreprises à ces employés.

 

Tout d’abord, un rappel de la situation :

La raison majeure de l’appauvrissement général des populations (on dit aussi les masses laborieuses) est la confiscation systématique (c'est-à-dire résultant d’un système) d’une partie de la richesse produite par tous au profit d’une frange très minoritaire de la dite population. Lorsque cette confiscation n’excède pas le taux de remplacement des richesses détruites (par usure, obsolescence et maladresse), elle peut passer inaperçue, donc rester socialement acceptable, puisque le pouvoir d’achat moyen croit, même si cette croissance est amputée. Mais lorsque cette confiscation dépasse ce taux de remplacement, le pouvoir d’achat diminue et la population laborieuse s’appauvrit en dépit de la création de richesse.

Je raisonne là en terme macro, il va de soi que le pouvoir d’achat individuel peut être déjà très diminué pour certaines classes sociales tandis que les autres classes continuent de profiter d’une croissance faible en moyenne. Mais il ne fait pas de doute que si la ponction des classes les plus favorisées se maintient constante alors que la croissance s’essouffle, c’est l’ensemble des classes laborieuses (la partie du peuple qui produit la richesse) qui va s’appauvrir.

C’est exactement ce que nous vivons de nos jours, où banquiers, spéculateurs, grands capitaines d’industrie et autres petits porteurs retraités ou en passe de l’être exigent toujours plus de profits du capital investi alors qu’ils auraient du voir leurs investissements compromis par l’explosion de la bulle de 2008 si l’état, c’est à dire : nous, n’avait pas décidé de racheter leurs pertes ou, à tout le moins, de « garantir » leurs avoirs creusant en contre coup le déficit public et légitimant a posteriori la rigueur budgétaire justifiant à son tour le maintien de l’injustice sociale. Quelle admirable boucle sophistique !

 

L’idéologie néo-libérale qui favorise iniquement cette classe privilégiée, classe qui impose le modèle de société dans la ploutocratie qu’est devenu le monde globalisé, interdit aux états, et tout particulièrement en Europe ou l’expérience libérale est la plus dogmatique, d’exercer une quelconque fonction redistributrice via l’impôt, les nationalisations ou l’inflation. Que reste-il donc aux états, hormis la supplique aux entreprises (donc aux actionnaires) de lâcher quelques miettes à l’endroit des salariés pour éviter les émeutes de la faim ?

 

Or, il est piquant de constater que même dans cette tentative à visée principalement électorale, l’injustice se ferait largement sentir puisque seuls les salariés (donc ni les chômeurs ni les RMIste, ni les laissés pour compte en général), bénéficieraient de cette mesure… Ce seraient donc en fin de compte les plus « riches » des classes laborieuses qui verraient ainsi leur pouvoir d’achat augmenté.

 

Il est tout aussi piquant de voir que les chantres du libéralisme en sont réduits à de vulgaires mesures (mesurettes ?) de relance dans le style Keynésien, approche tant méprisé au nom de la lutte contre l’assistanat.

 

Fort heureusement, les dirigeants des entreprises sollicitées se refusent catégoriquement à se prêter à cette injustice ! Bien entendu, non par souci de justice sociale mais tout simplement parce que si leur entreprise distribue une prime aux salariés il y a moins de dividende à distribuer aux actionnaires. Et moins de dividendes aux actionnaires (dont ils font le plus souvent parti) cela signifie aussi  un risque non négligeable pour leur place. Par ailleurs, un titre boursier moins profitable chute, ce qui est aussi mauvais pour les stocks option. Bref, rien à gagner et beaucoup à perdre. Et inutile de parler de morale ; moraliser le capitalisme, c’est un discours à adresser aux électeurs, pas aux patrons qui en riraient dans les fumoirs des palaces ou ils descendent.

 

Au final, comme de coutume, beaucoup de bruit, un peu de poudre aux yeux et passez muscade. Que le peuple continue à se laisser manipuler ainsi me laisse toujours perplexe.

Mais se laisse-t-il toujours manipuler ? Les espagnols, portugais et grecs bougent, le couteau de la rigueur a glissé sur leur gorge une fois de trop semble-t-il et lorsque la menace exaspère, même les plus fatalistes peuvent se révolter… Attendre et voir donc ; mai 2011 pourrait bien avoir été le début d’un autre printemps des peuples.

 

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 22:17

Miaou lecteur,

 

Il est, je pense, bien connu de tous (au moins depuis que Bigard en a parlé dans l’un de ces sketch), que le chimpanzé (et dans une moindre mesure le gorille) partage une écrasante majorité de ces gènes avec notre espèce Homo (env. 99%). Il est peut être moins connu que le genre chimpanzé possède 2 espèces : le chimpanzé bien connu des amateurs des films de Tarzan, de la série Daktari de la planète des singes ou du film plus confidentiel « Link », et un chimpanzé tout différent (mais si semblable pourtant), le chimpanzé nain ou bonobo (respectivement donc le pan troglodyte et le pan paniscus comme disent les spécialistes et les pédants).

Même si de récentes études en milieu naturel ont, en partie, invalidé le mythe du bonobo doux et sociable, vivant en harmonie et dans un univers matriarcal et régi par les rapports sexuels en lieu et place des rapports de force, il n’en reste pas moins que le bonobo a, comparativement à son co-genre, un mode de vie plus participatif et partageux et surtout moins agressif.

Sans tomber dans un revival du mythe rousseauiste du bon sauvage, il est tentant de filer la métaphore et de discerner dans l’espèce humaine nos propres Chimpanzés et Bonobos ou plus précisément, les attitudes et comportements chimpanzés et bonobos.

 

Ainsi, le chimpanzé aime ce qui brille (les Rolex, les voitures (ou avions) clinquantes et les Pétasses), trouver sa place dans une hiérarchie (de préférence tout en haut), la compétition et la concurrence (qu’il prétend rendre libre et non faussée), raisonne à court terme et n’agit qu’en fonction de son intérêt immédiat, s’attribut les succès d’un groupe et rejette la responsabilité de ses échecs sur ce même groupe, pense que les autres sont aussi retors que lui et que, de ce fait, il a bien raison de s’en méfier et de s’en servir, se dit que si ce n’est pas lui alors un autre le fera, considère que les gens sont soit des loups ou des moutons et qu’il ne veut pas être tondu…

 

Le bonobo lui aime le partage, l’échange, pense que le groupe est plus fort que la somme de ces constituants, ne se sent ni supérieur ni inférieur et rejette toute forme de hiérarchie au profit de la synergie, sait que la concurrence libre et non faussée c’est celle du renard libre dans un poulailler libre, pense long terme et agit en conséquence même au détriment de son intérêt immédiat, reste modeste devant le succès qu’il attribut à une équipe et assume sa part dans un échec, espère les autres sympathiques et recherche les échanges empathiques, sait le groupe de moutons plus fort que le loup solitaire aussi longtemps que le groupe reste uni…

 

Le bonobo pense confiance et partage lorsque le chimpanzé pense défiance et profit. Si tu te sens bonobo, ami lecteur, je t’enjoins à rechercher tes pareils (ils existent mais ils se cachent, redoutant d’être victime d’un chimpanzé et tu devras doucement les apprivoiser), ils t’apporteront douceur, joie et réconfort. Mais je t’enjoins aussi et surtout à fuir les chimpanzés, physiquement fuir si c’est possible, mentalement (en n’écoutant ni leurs injonctions, ni leurs manipulations) sinon. Ces êtres sont toxiques, ils te sapent ta joie de vivre et tes bonheurs simples. Ils n’aiment pas te savoir heureux et feront tout pour te nuire moralement, voir, à l’extrême physiquement.

 

Epicure enseigne la recherche de l’Ataraxie par la fuite du déplaisir. Lutter ne sert de rien : si tu perds tu en seras malheureux, si tu gagnes tu deviens un chimpanzé, dans les deux cas, tu t’es oublié et n’es plus toi-même.

 

Pourquoi ce petit vademecum ? Pour moi-même d’abord, récemment victime de managers chimpanzés (les seuls existants désormais dans nos boîtes que seul le profit semble encore justifier) et pour vous, mes amis bonobos, si vous ne le saviez pas déjà.

 

Allons voici mai, le mois des fleurs et des espoirs, la saison des cerisiers, même au Japon ils ont fleuri…

 

Ar c’hazh du.

 

Par Ar C'hazh Du
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 23:55

Miaou lecteur,

 

Ce mois-ci, un nouveau cran passé sur la roue à rochet (système technologique astucieux qui permet la rotation dans un sens mais pas dans l’autre grâce à verrouillage par cliquet) qui nous rapproche inéluctablement de la révolte du (des) peuple(s), et du balayage conséquent de nos institutions démocratiques et de notre état de droit pourtant mis en place pour substituer la violence verbale de la politique à la violence physique de la guerre civile.

Pour les petits loups blancs qui passent par ici, je rappelle que je ne suis pas un contempteur de la révolution, que la violence me fait horreur, que j’aimerais un monde de fraternité et de partage des richesses produites en commun et dans la synergie ou chacun aurait son dû auquel s’ajouterait le partage équitable du surplus, produit de la dite synergie. Je pense ce monde possible du simple fait que j’y pense et de ce que les sociétés sont le résultat des réflexions et actions des hommes et non le résultat d’une fatalité ni d’un ordre divin.

 

Toutefois ce monde possible se heurte à un autre monde possible, le nôtre ! Heureusement je pense que notre monde est bien trop instable pour perdurer ainsi et qu’il s’engrène mécaniquement et inéluctablement (d’où la métaphore de la roue à rochet) vers une révolte, sporadique et isolée dans un premier temps, plus générale ensuite du simple fait de l’impossibilité qu’il y a à maintenir sous le joug un nombre croissant de personnes avec un nombre constant d’oppresseur pour le compte au final d’un nombre faiblissant de nantis toujours plus nantis.

 

Cela dit, les places parmi les oppresseurs étant chère, il faut faire montre de talent bien sûr, d’une absence totale de scrupules (être littéralement sans vergogne c'est-à-dire ne pas respecter les règles de la vie en société, à commencer par le respect élémentaire de la personnalité de chacun et la reconnaissance qu’autrui est son frère) mais il faut aussi, pour complaire, savoir faire la différence. Et en ce domaine, se montrer plus royaliste que le roi est toujours une valeur sûre. Dans ce but, un certain Lorezo BINI SMAGHI (voici sa bio ), membre du directoire de la Banque Centrale Européenne (BCE), essaie de se placer auprès de la cour pour un jour qui sait hériter du poste de banquier suprême de 350 millions d’européens et du pouvoir exorbitant qui va avec : décider de la richesse et surtout de sa répartition en Europe.

 

Son rêve de royaliste plus royaliste que le roi, c’est, après que les états aient été privés du droit de battre monnaie (traité de Maastricht), de les priver aussi du droit de faire de la dette. Et pour ce faire, de donner mandat à une organisation indépendante, comme l’est aujourd’hui la BCE, de lever les impôts nécessaires au comblement des dettes résultant du déficit public des états. Ma source .

Rappel :

-     Si les états émettent de la dette c’est parce qu’ils ont été privés du droit d’émettre de la monnaie pour payer la dite dette, monnaie qui, par le truchement de l’inflation quelle peut générer si elle est émise en quantité supérieure à la richesse produite, conduit à la dévalorisation du capital et, pour peu que l’inflation soit compensée par une politique salariale adéquate (l'indexation) permet une compensation des inégalités sociales causée par l’accumulation du capital.

-    Par ailleurs l’émission de dette conduit, aussi longtemps que les états remboursent (ce qu’ils font jusqu’à présent) à l’enrichissement du créancier. Or, la masse monétaire restant constante du fait du contrôle exercé par la BCE, c’est donc le citoyen qui s’appauvrit alors puisque son revenu est amputé par l’impôt servant à rembourser le créancier. Mais si l’état menace de ne pas rembourser, le créancier risque alors de se retrouver floué. Pour éviter ce sort funeste au créancier, Philippe le bel les arrêtait et les exécutait.

C’est donc afin de garantir le remboursement de la créance que Lorenzo BINI SMAGHI veut limiter le droit à la dette et lever l’impôt des états. En abandonnant cette fonction régalienne, comme il l’ont déjà fait pour la monnaie, les dirigeants des états pourraient ainsi se dédouaner à bon compte devant leurs électorats du poids de l’impôt que ferait peser alors « l’organisme indépendant » sur les citoyens et jeter encore une fois en pâture au loups blancs naïf ces « bureaucrates de Bruxelles » en passant sous silence que les dits bureaucrates n’ont que le pouvoir que leur lâcheté à bien voulu abandonner. L’impuissance de l’état devant les situations sociaux – économiques est une mascarades habilement orchestrée par des dirigeants couards qui ne vivent que pour l’apparat et l’illusion du la puissance.

Pour avoir une idée de ce qu’un tel système peut donner, il n’est que de se reporter sous l’ancien régime disons vers 1700 et de suivre l’histoire de la Ferme Générale  (Wikipedia en parle aussi) et de la haine qu’elle a suscitée au point d’être une des causes (et, de mon avis, non des moindres) de la révolution Française. Privatiser le recouvrement de l’impôt (car c’est de cela qu’il s’agit au fond) c’est donner à coup sûr le coup de grâce à ce qu’il nous reste de démocratie et donc, car il n’est de dictature qui dure éternellement, nous précipiter dasn une nouvelle révolution.

 

Miaule petit chat miaule, entends-tu le cliquet de la roue ? Mais baste, c’est le printemps, je vais aller respirer les derniers temps de la liberté dans les odeurs des arbres en fleurs et entendre son chant dans celui des oiseaux.

 

Ar c’hazh du.

Par Ar C'hazh Du - Communauté : solidar' infos
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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 23:55

Miaou lecteur,

 

Je vous avais fait part du décès en aout 2008 d’un pote motard dans un accident de circulation impliquant un automobiliste. Le jugement (Source la Dépêche) a été rendu récemment sur cet affaire : l’automobiliste a été condamné à 18 mois de prison avec sursis plus 25.000 euros pour préjudice moral. Voilà, justice a été faite, je n’ai pas l’intention de commenter cette décision, je laisse les loups blancs hurler s’ils en ont envie, moi je pense que le système a fait, bien ou mal je ne suis pas qualifié pour le dire, le travail pour lequel il est payé…

 

Payé ? Voire ! Une autre affaire, autrement plus sordide, vient de défrayer la chronique et a permis au président de notre république de faire une sortie dont il est hélas coutumier. Des coupables vont payer sur ce dossier ! Entendez comme coupable ceux qui ont laissé sortir le « présumé coupable ». Et oui présumé coupable (ce que nous sommes tous apparemment de nos jours). Il l’a déjà jugé et condamné notre bon Président, ce présumé innocent. En gros, en plus de la peau de « l’assassin présumé », il souhaite aussi la peau de ceux qui l’ont laissé sortir. Pour les détails sur le « palmarès » (je pense qu’on dit casier judiciaire) de l’individu, je vous renvoie au blog de Maître Eolas : Article 1 et Article 2 toujours aussi enrichissant.

 

Pour ma part, je rappelle aux petits loups blancs, prêt à entonner leurs hurlements sinistres avec lui, que le Président de la république, est au terme de notre constitution, le premier de nos magistrats et le garant de l’indépendance de la justice. Et que s’il accable le pouvoir dont il est le garant, il est aussi celui qui, par l’intermédiaire du gouvernement lui donne (ou non) les moyens de fonctionner au travers du budget présenté par l’exécutif à l’approbation du législatif. Or si ces deux derniers pouvoirs ne sont pas chiens pour eux même et les fonctions régaliennes qu’ils encadrent, ils sont beaucoup plus regardants pour le troisième.

Entre 2007 et 2010 le budget est passé de 6,2 à 6,8 Milliards d’euros (on annonce 7,1 pour 2011). Quasi stagnant en euros constants donc quoi qu’en dise le président, le gouvernement et les députés qui les soutiennent dont ni les chiffres ni les lettres ne semblent être décidément le fort. Par ailleurs notre place en part de budget au sein de l’Europe était 23ème sur 25 en 2007. Sur une plage plus étendu de 43 pays d’Europe nous sommes en 2010  en 37ème position. Pas de quoi être fier, pour un état de droit, que d’avoir une justice si mal traitée budgétairement.

On peut toujours arguer que c’est une question de méthode et d’amélioration de l’efficacité et que l’argent ne fait pas tout, il est clair que cette approche « managériale » a une limite et sans rien (ou avec peu) on a rien (ou peu). Par ailleurs, c’est assez piquant de voir cette élite politique prônant le désintérêt pour l’argent chez les autres quand elle n’a d’appétit que pour le clinquant, le bling bling et les yeux de chimène pour tout ceux qui, de près ou de loin, touchent aux métiers d’argents…

Le mépris et la mauvaise foi semblent décidément une mode et un mode de gouvernement. Exactement ce genre de mode qui font le lit des révoltes, voir des révolutions.

 

Le fond de l’affaire, à mon sens, est le suivant :

Durant les années 80 – 90 les juges ont commis un crime aux yeux des politiques (mais pas aux yeux de la loi, bien au contraire) ; celui d’oser regarder de plus près comment  cette élite politique se finance, comme parti politique mais aussi à titre personnel. Et ce que la justice a découvert était, bien entendu, fort nauséabond. Les rétro-commissions, les trafics d’armes, la France - Afrique (que l’on écrit aussi parfois la France à fric), Elf, Total, des vedettes à Taïwan, des casinos un peu partout, des emplois fictifs, du « recyclage » en comité de direction des grandes banques et entreprises diverses avec jeton de présence à l’appui la collusion avec les laboratoires… J’arrête là ami lecteur, tu sais aussi bien que moi de quoi (et par qui) sont fait tout ces scandales.

Là donc ou réside le crime, c’est que la justice s’est mise en tête de poursuivre des élites et cela, cela s’appelle de la « lèse majesté ». Et le pire c’est qu’en dépit de barrière juridique compacte, la justice a parfois trouvé des failles qui ont conduit à des succès (peu nombreux mais réel) deux exemples : un à droite A. JUPPE, un à gauche H. EMMANUELLI, pas de jaloux.

Et c’est cela que les politiques n’ont pas pardonnés. Et c’est la raison profonde de la volonté affirmée de supprimer le juge d’instruction, de « réformer » la justice et surtout du maintien de son budget a minima tandis que, par exemple, celui des forces de l’ordre se muscle et que les lois se « durcissent » conduisant à un engorgement mathématique des tribunaux. Si les magistrats n’ont qu’à peine le temps et le budget pour le tout venant, il laissera à coup sûr tranquille la délinquance en col blanc (perçue, à tort, comme moins toxique par les petits loups blancs) et les manipulations polico – financières des élites.

 

Que la justice assure la condamnation des coupables de délits et de crimes, c’est une nécessité sociale, qu'elle doive le faire aussi bien chez les puissants que chez les petits est un grand acquis des droits de l’homme. Cet acquis est insupportable aux puissants, comme leur est insupportable la notion de république sociale, de partage et de fraternité. La loi est la même pour tous, faisons en sorte que la justice qui en sanctionne le viol soit aussi humaine qu’universelle.

 

Cela demande du temps, de l’argent, de l’intérêt pour le peuple que l’on entend gouverner, et surtout, surtout, cela demande le courage politique d’assumer ses responsabilité lorsque le système dysfonctionne, car le risque zéro reste une utopie. Or l’exemple (comme le budget) viendra TOUJOURS d’en haut.

Prétendre tuer son chien parce qu’il la rage, rage que l’on a tout fait pour qu’il la contracte alors qu’on en est le maître, c’est tout simplement révoltant.

Je suis révolté.

 

Ar c’hazh du.

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