La gazette de décembre 2011 :

Publié le par Ar C'hazh Du

Miaou lecteur,

 

Nous voici donc à l’aube de la nouvelle année. Le bilan de celle qui vient de s’écouler est plutôt terne si l’on regarde les « fondamentaux » socio-économiques mais sur le font populaire, il permet de garder l’espoir. Le sud de la méditerranée a fait sa révolution et a mis fin a plusieurs régimes tyranniques. Ces révoltés tentent à présent de construire une constitution et de se doter de parlements représentatifs.

 

Que ces parlements se remplissent de religieux plus ou moins fondamentalistes donnent à penser que la pensée démocratique nord africaine est immature certes mais aussi que les peuples rejettent par là même le "modèle" occidental. Cela montre aussi que le modèle capitaliste ne fait plus rêver (l’a-t-il jamais fait ?). Le malheur c’est que ce peuple tend à jeter le bébé avec l’eau du bain et rejette avec le capitalisme, la démocratie comme si l’un était indissociable de l’autre…

 

Bien sûr il n’en est rien mais dans quel endroit du monde désormais peut-on trouver une démocratie ou le capitalisme est suffisamment maîtrisé et encadré pour que la libre entreprise assure la richesse commune sans permettre à quelques-uns l’accumulation de richesses inemployée au bien commun ? Peut être dans les pays nordiques ? Pas si sûr… On licencie désormais aussi chez Nokia. Quoi qu’il en soit, ce modèle était celui voulu pour la France au sortir de la guerre ; une république sociale au terme de sa constitution, ou la laïcité forçait le remplacement de la charité par la fraternité (et son corolaire, la solidarité). Faute d’avoir su le transposer (sans l’imposer) aux autres démocraties européennes, l’Europe a viré libérale sous l’impulsion de l’Angleterre et des Néo Libéraux, disciples de l’école de Chicago (Hayek et consort) dont on ne dira jamais assez le mal qu’ils ont fait au monde. Peut être un jour un tribunal pénal international jugera-t-il le crime financier à l'aune d'un crime contre l'humanité, espérons le.

 

La nième cure d’austérité qu’on a promis aux 350 millions d’européens pour sauver la monnaie indique clairement que nos dirigeants préfèrent sauver le matériel et lâcher l’humain. Un dogme a été établi ainsi : le rentier sera payé et tant pis si le peuple en meurt !

Peu avant la révolution française, Louis XVI demandait un soir à Versailles à Joseph Marie Terray alors son contrôleur des finances : Comment trouvez-mes fêtes ? Celui passe pour lui avoir répondu : impayables Sire…

Comme j’eusse aimé que nos décideurs européens se tiennent face aux marchés et répondent aux créanciers : nous trouvons vos dettes impayables !

L’on me dit qu’il faut protéger l’épargnant (dont je fais au passage parti), et bien je dis non ou alors en partie seulement. Car décider de protéger l’épargnant, c’est oublier beaucoup de chose :

 

C’est oublier que les dirigeants de nos états ont cru pouvoir remplacer l’impôt par la dette permettant aux épargnés de l’impôt de prêter l’argent ainsi économisé à ces même états et même percevoir des intérêts sur ces prêts.

 

C’est oublier que le prêteur est toujours co-responsable du défaut de paiement avec le débiteur, le risque encouru étant « couvert » par le taux d’intérêt. Le préteur est avant tout un joueur qui parie sur le retour de son capital et l’empochage des intérêts sur la base de la confiance que lui inspire le débiteur. S’il se trompe, il perd ! Or les marchés se sont trompés en croyant nos états de bons débiteurs par ces temps troublés. Qu’ils partagent aussi les conséquences de leur imprévoyance et s’en prennent aux agences de notations qui les ont faussement rassurés avec leur triple A !

 

C’est oublier enfin que protéger le préteur c’est frapper l’emprunteur et donc attaquer le faible pour protéger le fort, c’est voler au secours de la victoire. Une bonne politique sans doute pour un Prince machiavélique mais une politique immorale qui déshonore le but même de la politique : rendre possible la vie en commun.

 

Aujourd’hui, la récréation est finie. Une saine politique commande de revenir à une fiscalité en rapport avec la dépense. L’état ne peut plus s’endetter pour assurer son fonctionnement ? Soit ce qu’il ne pourra plus emprunter, il le percevra ! A commencer par l’annulation de la dette (ou sa restructuration si le mot choque) ou tout au moins une partie de celle-ci. Par exemple, celle qui asphyxie nos communes sur qui un état lâche s’est défaussé d’une partie de sa charge sans en transférer les budgets. Et s’il faut vraiment protéger la veuve de Carpentras, il est toujours possible de faire défaut tout en garantissant un remboursement d’une partie de l’épargne française (et européenne). Ainsi le défaut toucheras les « gros » poissons et laissera filer les petits. Un filet à maille large, c’est une bonne image de ce qu’il faudrait pour filtrer la dette.

 

Restent les banques ; soit elles sont restés propres et leurs pertes spéculatives leurs seront supportables, soit elles ont voulu se « gaver » d’actif pourris pour toucher un gros pactole et là leur perte les feront couler. L’état, bon Prince, les ramassera dans le caniveau par une nationalisation facile incluant une garantie des dépôts là encore à hauteur de ce que la veuve de Carpentras a en banque (mettons 5 fois le SMIC et brisons là). Ensuite il fera le tri des banques qui pourront faire des « affaires » des banques qui seront contraintes à la simple gestion des comptes de la veuve. Ceux qui décideront d’aller dans les premières y courront le risque de tout perdre, les autres bénéficieront de la couverture de l’état et de l’emploi de règles prudentielles drastique et fatalement d'un rapport moindre.

 

Et pour limiter la fuite des capitaux, cet état devra être à l’échelle de l’Europe.

Si règle il doit y avoir alors soyons y tous soumis, riche comme pauvre petit états comme les grands. Quel dirigeant ou prétendant tel osera placer ce type de gestion à son programme ?

Comme disait E. ZOLA en conclusion de son "J'accuse" : Qu'ils viennent, j'attends.

 

Ar c’hazh du.

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DIE WALKURE 10/01/2012 20:53

C'est ton blog qui est impayable, greffier ;)