La gazette de septembre 2011.

Publié le par Ar C'hazh Du

Miaou lecteur,

 

Je suis en retard pour cette publication mais il faut comprendre que les vacances de septembre avec une aussi belle arrière saison incitent plus aux activités nautiques qu’à l’introspection et la critique du temps (qui passe)…

 

Toutefois entre 2 sorties de mon dériveur et siestes farnientes, j’ai eu la possibilité de réfléchir un peu au mal qui ronge la démocratie. Si l’on admet le point de vue cynique que tout est le résultat d’un rapport de force dans le « jeu » politique, il faut bien admettre alors que le lieu des enjeux de pouvoirs s'est déplacés de la sphère publique vers une sphère que l’on qualifiera de « privé » pour faire simple.

Autrement dit, le ring où s’affrontait les tenants du conservatisme alliés du capital et les tenants du progrès social alliés aux masses prolétariennes (j’aime bien de temps en temps user d’un vocabulaire apparemment marxiste, et parler en terme de lutte des classes, cela fixe les idées même si l’on frise alors l’approximation), ce ring donc qui, dans une république doit se trouver sur le champs politique et recevoir des adversaires qui combattent dans le cadre d’un règlement constitutionnel, se trouve déplacé dans un champs beaucoup moins bien contrôlé, ou la règle est celle du plus fort et où tous les coups sont permis du simple fait que l’arbitre renonce à y faire appliquer ce règlement constitutionnel ; il s’agit de la sphère privée et plus exactement du champs clos et opaque de l’entreprise.

 

Selon l’idée anglo-saxonne qu’un « charbonnier est maître chez lui », il est admis plus ou moins tacitement et plus ou moins complètement que le patron, le P-DG (et son board représentant les actionnaires propriétaire), peuvent faire régner au sein de l’entreprise l’ordre qu’ils veulent fut-il en bute avec le dignité humaine. On m’objectera immédiatement le droit du travail et le syndicalisme et je répondrais benoîtement « mais lol » si je voulais faire D’jeuns… Je veux juste faire « Chat noir » et je réponds plutôt que le droit du travail, résultat de la lutte sur le ring autrefois placé sur le champs politique est tranquillement détricoté, maille par maille depuis le déplacement du ring vers le champs privé, au nom du libéralisme, seul garant de la prospérité (là encore « lol » car il faudrait peut être un jour s’interroger sur le partage de la dite prospérité, en admettant que la prospérité soit bien au rendez-vous puisque la « crise » dure quand même depuis 1973, c'est-à-dire bizarrement depuis que ce discours sur le « moins d’état » a commencé à faire effet sur le politique). S’ajoute la suppression des arbitres (les inspecteurs du travail), la limitation toujours plus drastique du droit de grève, le maintien (volontaire ou non, la question finira par se poser un jour j’en suis convaincu) d’un haut niveau de chômage, garantissant en contre-coup par la peur qu’il engendre une tenue en respect de la chiourme prolétarienne de plus en plus sévèrement contrôlée (appauvrie, harcelés, humiliés, maltraités) par des contremaître choisi pour leur bas niveau d’empathie et parfois même leur psychopathie (et de nos jours appelés « managers » pour faire plus propre), eux-mêmes soumis à des impératifs contradictoire : faire faire plus avec moins sinon c’est la relégation au banc des galériens…

 

Le pire de tout cela c’est que l’entreprise n’en retire pas les profits qu’elle espère de cette politique brutale pour la simple raison, (voir ma gazette du mois dernier) que chacun se protège alors de son mieux par le dé-engagement, résultat immédiat de la pratique du bâton à la place de la carotte. On assiste même à des effets complètement inattendus (ou au contraire complètement prévisibles selon la connaissance que l’on a de l’humain) où la compétence est punie tandis que l’incompétence est promue. En effet, l’important dans ce type de bureaucratie n’étant pas de savoir-faire le travail mais de savoir-être servile envers sa hiérarchie et impitoyable envers ces subordonnés. Le rêve Stalinien finalement réalisé en entreprise par les tenants du capital, voilà bien la preuve que les idéologies n’ont pas d’importance en matière de lutte de pouvoir. Dès lors que l’on renonce à l’humanisme, que l’on parte d’un bord ou de l’autre, le totalitarisme pointe rapidement son museau hideux.

 

Tout cela pour dire que si l’on n’instaure pas dans les entreprises un véritable « jeu » démocratique, le capital comme le travail se sont plus rémunérés et l’économie est dès lors condamnée. Comment, une fois le constat fait, s’assurer de la démocratisation de l’entreprise sans ouvrir la voie à la destruction de l’outil de production ?

Suspens, ami lecteur, une(des) proposition(s) est(sont) en gestation dans mon cerveau en vacances, je vous en parle le mois prochain. Il y sera question de promotion de l’intelligence, d’ambassadeur d’équipe et d’élection parmi les pairs.

 

Ar c’hazh du.

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Le Chevalier Noir 31/10/2011 11:13


nous voila fin octobre .... vivement l'article!