Pourquoi la crise ?

Publié le par Ar C'hazh Du

Mon cher Mignonkazh,

 

Tu m’as demandé récemment la cause profonde de l’agitation qui monte en ce moment dans les pays d’Europe et la raison qui empêchait les dirigeants de ces pays de parvenir à une solution qui ramènerait le calme dans les esprits et les corps.

 

Il faut tout d’abord que tu saches mon ami que l’espèce humaine, à la différence de la nôtre, est grégaire par besoin et non par envie. Il peut te sembler curieux voire révoltant que l’on ne soit pas spontanément porté à aider et aimer son congénère mais cette espèce, bien que comportant un certain pourcentage (malheureusement faible) d’individus portés à l’altruisme est majoritairement constitués d’individus qui recherche dans une quelconque association d’abord à prendre plutôt qu’à donner.

 

Connaissant plus ou moins empiriquement le principe de synergie qui veut que le tout est plus et mieux que la somme de ces parties, chaque humain tente à toute force d’obtenir pour son usage exclusif ce « plus et mieux » sans vouloir le partager, le considérant comme son dû et ayant la certitude que ce qu’il reçoit n’est jamais à la mesure de ce qu’il mérite.

 

Partant de là, il découle naturellement que la société est vécue comme un mal nécessaire pour obtenir ce « plus et mieux » et chacun se retrouve, bon gré mal gré, en compétition avec les autres membres de son espèce.

 

En se basant sur cet instinct fort de compétition et mieux encore sur la crainte de manquer, il a été assez facile à une poignée d’entre eux de légitimer cette situation et de monter les uns contre les autres par l’anathème et la stigmatisation. Usant d’un adage local « il faut diviser pour mieux régner », se forme dans tout groupe, toute assemblée tout rassemblement, un groupuscule qui se proclame « élite » et qui par la simple création d’une différence entre eux et le reste initie une hiérarchie auto-légitimée par la suffisance, l’arrogance, la morgue, le cynisme et parfois (souvent) la force. Le reste du groupe, par désintérêt, bêtise, servilité ou ignorance, rend alors à cette élite des hommages qui justifient à postériori, la hiérarchie ainsi instituée.

 

S’installe alors l’exploitation de l’ensemble par ce petit groupe. L’institution de règles non décidées en commun mais acceptées par tous pour les raisons ci-dessus fortifie cet écart et conduit chacun à trouver normales des situations complètement injustes et violentes. Lorsque le point de rupture est atteint, l’oligarchie est alors balayée dans un processus violent qui conduit à l’instauration d’une nouvelle élite (ou parfois à la restauration de l’ancienne).

 

Ce processus se répète au cours de l’histoire des peuples humains avec une dramatique constance. Et pourtant, depuis déjà de nombreux siècles ont été posé les bases d’un régime garantissant la paix civile. Ce régime appelé ici démocratie s’appuie sur le choix laissé au groupe de déterminer les règles qui le régissent et s’appuie aussi sur une limitation des abus des forts sur les faibles et donc des inégalités sociales.

 

Malheureusement, il est à ce jour impossible au groupe de choisir les plus dignes et les plus capables pour les représenter ou mieux de se passer de ces représentants. Ainsi s’installe la corruption, le populisme et la gabegie.

Les régimes d’Europe basculent aujourd’hui sous le poids des inégalités et la morgue de groupes dirigeants bien décidés à conserver à tout prix (fut-ce au prix du chaos) leurs privilèges. Dès lors, rien n’empêche l’écart entre les possédants et le reste du groupe de devenir insupportable.

Nous assistons là probablement à l’une de ces crises de société récurrente, voire à la fin d’une civilisation.

 

Je me réjouis, mon cher ami, que l’altruisme naturel des représentants de notre espèce nous mette à l’abri de telles horreur, et j’espère que les humains sauront un jour l’apprendre faute de l’avoir reçu d’instinct.

 

Ar c’hazh du.

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clovis simard 26/04/2012 03:36

Voir mon blog(fermaton.over-blog.com),No-27. - THÉORÈME ÂGE4. - Âge limite de l'Humain.

chevaliernoir 23/04/2012 20:29

j'ai cliqué sur "ajouter un commentaire pour te demander tes sources lorsque tu affirmes a tord : "l’espèce humaine, à la différence de la nôtre, est grégaire par besoin et non par envie", mais a
ce moment une fenêtre dégoulinante de bonheur m'invitait a m'inscrire a un site de rencontre. "Love", "Easy Flirt" et tout et tout. Tu vois comme quoi même la technologie sait t'écraser avec un
message d'amour! et toc.

mrpayne 04/03/2012 12:29

j'aime bien ton concept des lettres persannes ;même si à mon sens cela appel moins le commentaire .
merci pour cette prose tout à fait rafraichissante