In Mémoriam Newton*

Las, je viens ce matin de voir porter en terre,

Un de ceux qui courent le bitume sur deux roues.

Un de ceux qu’on traite souvent de casse-cou,

De blouson noir et d’Archange de Lucifer.

 

N’en déplaise à la môme Piaf et sa chanson,

J’ai jamais vu d’aigle brodé sur ton blouson.

Ta moto tu la maniais bien gentiment,

Et ta Marie-Lou tu l’aimais honnêtement.

 

Moi tu me servais un café après ma bière,

Tous les jeudis quand les zicos tapaient leur bœuf,

Parfois même tu t’expliquais avec les keufs,

Faut dire aussi que c’était toi l’chef du repaire.

 

Quant t’es sorti de cette église on a lancé,

Nos bourrins pour faire un barouf à tout casser,

J’ai failli croire que ça allait te ramener,

Pardon de te le dir’ mais là t’as tout gâché !

 

Moi je ne suis qu’un chat noir plutôt solitaire,

Toi tu avais la meute pour te mettre en terre,

Et pour aider ceux que tu as laissés derrière.

D’en avoir fait aussi parti j’suis plutôt fier.

 

J’suis pas du genre à croire les bondieuseries,

Ni à écouter curés et autres ovates,

N’empêch’ que quand sur ton sapin j’ai mis la patte,

Je crois que c’est une de mes vies qui est partie...

 

Ca m’a fait mal ce bout de moi qui s’en allait,

Gardes-le au cas ou l’on se retrouverait.

En attendant je gard’ de toi ce regard clair,

Et ton sourir’ de faux-dur qui veut avoir l’air.

 

Ar c'haz du. Août 2008.

 

* Sur "Le vieux Léon" de Georges.