La gazette de janvier 2010.
Miaou lecteur,
Voici donc l’an neuf, ou plutôt l’an dix...
Pour changer un peu et pour faire plaisir à celle qui a la clef de mon cœur, voici une gazette qui se penche sur les raisons d’espérer.
Quand on considère l’univers au travers de ce que peuvent en dire les astrophysiciens, l’espèce humaine, même si elle est précieuse, ne représente pas grand-chose et mieux, ne risque pas de le mettre en danger, ce qui est une chance pour les autres éventuelles espèces de l’univers. Jusqu’à un certain point, il en va de même pour la terre. Même transformée en planète Vénus surchauffée et invivable ou en planète Mars glacée et sans atmosphère, elle continuera à tourner sereinement autour du soleil. De plus, l’aptitude qu’à la vie à persister et à s’adapter laisse à penser que même sans l’espèce humaine, la biomasse continuera à exister. L’histoire des dinosaures qui deviennent des oiseaux suite au grand bouleversement marquant la fin du Jurassique et la survie de la biomasse à plusieurs épisodes d’extinctions massives le démontrent. La question qui se pose en matière d’écologie apparaît donc plus comme le maintien de l’espèce humaine dans l’éco-système plutôt que la survie de l’éco-système face à l’humain.
Cette constatation faite, il faut maintenant réussir à transmettre le message aux membres de la dite espèce. A savoir, faire comprendre à chacun que la solution à notre survie passe par la prise de conscience que « trop c’est mal » et que vouloir toujours plus de représentant de l’espèce conduit à la dégradation des conditions de vie de chacun de ces membres dans un premier temps, à la guerre de chacun contre tous pour sa survie dans un second temps et à la disparition de l’espèce toute entière dans un troisième temps. Avec dans l’intervalle l’effondrement de nos civilisations, de nos sociétés et une somme de misère et de malheur indescriptible. Des cas similaires (sorte de répétition à petite échelle) se sont déjà produit, voir par exemple sur l’île de Pâques.
Pour parvenir à faire passer le message, on peut se référer à Auguste Comte et à Thomas Malthus (parmi d’autres). On peut penser sur la base des idées du premier que les progrès de la science ne génère pas le malheur contrairement à ce que nous disent les obscurantistes mais que la science est « neutre » et l’homme par son organisation sociale est seul responsable du bonheur et du malheur. Le second nous rappelle que même si les progrès de la science (justement) ont retardés les effets de la surpopulation, le risque est toujours là et qu’il serait temps pour chacun d’en prendre conscience.
L’éducation du peuple s’effectue toujours plus, et c’est un vrai espoir. Les états despotiques essaient à toutes forces (voir le récent épisode Google vs China ou les réactions fanatiques des dirigeant Iraniens aux manifestations de protestations) d’empêcher le savoir de se diffuser mais c’est un combat d’arrière garde. Internet permet, avec tous ces défauts, à chacun d’acquérir des connaissances et de recevoir la diffusion des idées. Le monde se mondialise un peu chaque jour et si les capitaux ont commencé la mondialisation, la contamination des idées de liberté, de droit au bonheur et de l’homme en général les suit de près désormais.
Autre raison d’espérer : L’échec de la récente conférence de Copenhague. Cela peut paraître paradoxal. Mais après un tel battage médiatico-politique aboutissant à cet échec retentissant, il est patent que les hommes qui dirigent nos nations sont complètement débordés, inconscients, manipulés et / ou stupides. Pour beaucoup, ce n’est pas un scoop mais cela veut dire que l’homme providentiel n’existe pas (autant pour ceux qui ont « cru » en Obama le sauveur l’an passé) et, en tout cas, qu’on a pas le temps d’attendre qu’il se manifeste. Conclusion, la solution est dans la prise de conscience de chacun. Et chacun n’a pas besoin de mot d’ordre pour décider d’agir pour lui-même et les siens. Si un discours politique célèbre pouvait faire sens, ce serait celui de Roosevelt « la seule chose que nous devons craindre, c’est la peur » ou celui de Kennedy « ne demandez pas ce que le pays peut pour vous mais plutôt ce que vous pouvez pour le pays » (en remplaçant « pays » par « monde » bien entendu). Or je trouve réconfortant que chacun puisse à son niveau prendre sa part de la destiné de tous. Si c’est le cas, il se trouvera toujours assez de politiciens pour affirmer qu’il incarne cette aspiration. Le syndrome « Lafayette » (« il faut bien que je les suive puisque je suis leur chef ») caractérise bien les leaders politiques de temps troublés… J’entends ces derniers temps de ci de là des voix jusqu’à présent purement néolibérale commencer à chanter, par opportunisme n’en doutons pas, un chant plus réfléchi. Qu’importe alors ces Lafayette, les temps semblent changer…
Au final, il ne s’agit pas de savoir si oui ou non un autre monde est possible, mais de comprendre et de faire comprendre à chacun qu’un autre monde est indispensable et donc que le changement est inévitable. Le changement est constitutif des phénomènes physiques et partant l’activité humaine l’est aussi. Rien n’est jamais figé, un autre monde se dessine donc tous les jours. La vraie question serait plutôt de savoir comment nos organisations politiques, économiques et sociales peuvent accompagner ces changements et faire en sorte que le corps social ne se délite pas sous les coups de boutoir du capitalisme d’une part et les impératifs bio / physico / chimique d’autre part.
Avec la volonté, à mon sens bien plus utile que l’espoir, d’aider à progresser, je te souhaite, ami lecteur, une riche (à entendre au sens non capitalistique bien entendu) année 2010.
Ar c’hazh du.