La gazette de mai 2010 :
Miaou lecteur,
Ce mois-ci je voulais parler de retraites ou de la gabegie financière mondiale mais il est arrivé un évènement bien plus grave : la mort de Ronnie James DIO.
Qui était cette grande voix du heavy métal, nombreux seront les blogs et articles média qui le diront. Mais, en manière d’hommage à l’un de mes chanteurs favori, je dirai ici ce qu’il était pour moi.
Je l’ai découvert assez jeune, comme tout ceux de ma génération, dans le clip qui servait d’interlude à Antenne 2 et qui est sans doute pour le profane le plus connu de l’artiste : « Love is all », extrait d’un album OVNI de la planète Rock paru en 1974 : « The Butterfly Ball (and the Grasshopper’s Feast) ». J’étais trop jeune pour comprendre les paroles faussement naïves de cette chanson, mais son rythme entraînant, les petits personnages animaliers et les saynètes cocasses et primesautières, m’ont dès lors, et toujours depuis, fait associer cette musique binaire qu’est le rock à l’insouciance et la gaité.
Dans le milieu des années 80, j’ai renoué avec cette première expérience lorsque Deep Purple, groupe que je révérais déjà, se sépara et, telle une cellule en mitose, donna deux groupes aussi mythiques : Whitesnake et Rainbow. RJ DIO chanta quelques albums de ce second groupe… Et tandis que ma génération tombait dans le spleen déprimant de la New Wave que le groupe The Cure incarnait si bien (mal ?), quelques irréductibles au nombre desquels j’étais fier de me compter, avaient les cheveux longs (mais pas trop sales dans mon cas) et sautaient plus qu’ils ne dansaient sur ces musiques plus « Boogie Rock » ou « Heavy Metal » que vraiment « Hard Rock », et essayaient qui de travailler les solos fou de Richard Blackmore, qui de chanter comme DIO. Il me reste de cette époque, le souvenir d’une vraie joie de vivre, une rage de loup garou là ou d’autres s’enterraient dans une déprime de mort vivant. « If you don’t like Rock & Roll » illustre bien ce que je veux dire même si ce n’est pas le titre ou la performance vocale est la plus déterminante.
La transition 80 – 90 fut pour moi la découverte de Black Sabbath (Période DIO of course). Les 2 albums « Mob Rule » et « Heaven or Hell » accompagnèrent pas mal de mes inspirations lorsque je m’essayais au difficile apostolat de « maître de jeu » de jeux de rôles Médiéval Fantastique. Les riff pesants accompagnaient bien les apparitions de « grand Méchants » et certaines paroles de chansons semblaient tout droits tirées des combats que nous menions contre les démons des plans infernaux que nous osions alors explorer. « Lady Evil », succube superbe et maléfique, représentaient assez bien le sentiment ambivalent que m’inspiraient alors les filles : des objets de conquête mais aussi des animaux (très) dangereux *.
Dans les années 90, en plein hip hop et autre rapperies abêtissantes , et tandis que je commençais à me frotter au « monde du travail », un collègue me recommanda Elf, en fait l’un des premiers groupe de RJ DIO. Là encore, une révélation ! Une musique qui sent le bayou et un rock bluesy, au moment où je m’intéressais au blues de plus près, voilà qui tombait à pic. Et puis, toujours une pointe d’humour sexy comme dans « Streetwalker », un hommage à une muse moderne, « honnête » travailleuse des rues.
Voilà donc ce qu’été pour moi, cette voix. De l’homme qui vient de rendre son dernier soupir, je n’en dirais rien, de sa voix, d’autres disais-je en parleront mieux que moi. Il me reste l’émotion qui est la mienne à l’idée que le temps passe, que 67 ans c’est bien jeune pour mourir (si tant est qu’il y ait un âge ou l’on est assez vieux pour mourir), et que comme Isaac ASIMOV, René BARJAVEL et Georges BRASSENS, RJ DIO dont la voix, ce week-end encore m’accompagnait tandis que ma moto et moi roulions vers celle qui est chère à mon cœur, parce que « Love is all », est constitutive de moi-même.
Merci monsieur de m’avoir aidé à devenir ce que je suis, par delà « Heaven & Hell », vivant et libertaire.
« Long live Rock and Roll » !
Ar c’hazh du.
(*) : Rassurez vite les ligues de vertu et de défense des droits des femmes, je ne considère plus les filles comme des « objets » de conquête, mais toujours comme des animaux très dangereux…