La gazette de novembre 2009 :
Miaou lecteur,
Novembre déjà s’enfuit. J’ai de moins en moins de temps pour mes gazettes, non pas que je me désintéresse des sujets mais, comme j’y faisais rapidement référence le mois passé, l’actualité, frénétiquement agitée par notre despote élu pour 5 ans, reste sidérante. Or de mon coté, la vie s’accélère un peu ces derniers temps. Mais baste, à défaut de pouvoir traiter l’ensemble du mois, je choisirai désormais un sujet récurent des derniers mois…
Ce mois ci, celle qui habite mon cœur m’a mise au défi de parler « chiffon » dans ma gazette. Je relève le gant ! Voici donc l’occasion de te parler, ami lecteur, de cette commission parlementaire crée il y a 6 mois et en charge de se prononcer sur la mode (si, si) et d’élaborer une proposition de loi pour dire à chacun (et en particulier aux femmes), ce que ces dernières peuvent et surtout ce qu’elles ne peuvent pas porter sur le sol de la république.
Je reconnais bien là la volonté normative d’un état qui prétend dire à chacun ce qui est bon et surtout ce qui est mauvais pour lui, chacun étant, bien entendu, supposé identique à autrui et tous fondus dans le grand creuset républicain pour devenir à ces yeux citoyen indifférencié, français moyen, ou même parfois (de plus en plus souvent ?) consommateur lambda, suivant la couleuvre qu’on souhaite faire avaler à chaque êtres humains, pourtant uniques, qui constituent le peuple français ou mieux le groupe d’individus vivant sur le sol de la république et partant, soumis à ces lois.
Cette fois-ci, il s’agirait de dire aux femmes que décidément non, le port de la burqa, en France, c’est impossible et de légitimer cette impossibilité par la loi. Certains députés de cette commission envisagent aussi de proscrire le port du niqab.
Rapide rappel : Le générique de ce type de « voile » semble (je dis semble parce qu’Internet, rapidement consulté, est peu clair) être le hidjab, voile dont l’étendue va donc de couvrir la chevelure et le cou (un peu comme les fichus des élégantes européennes des années 50) à dérober au regard tout le corps. Le niqab (ou tchador, suivant les pays d’origines) ne couvre « que » la tête. La burqa est un vêtement ample qui couvre l’ensemble de la silhouette (une sorte de gros sac) avec une fente pour les yeux.
Esthétiquement, je trouve ces hidjabs (même les petits) hideux, souvent informes et qu’ils enlaidissent son porteur (ma chéri, là dedans, tu as l’air d’un sac…). Tous ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime regarder les filles qui vont légères et court-vêtues et comme j’aime les savoir libres dans leur tête et dans leur corps. Par ailleurs, je considère que s’auto-aliéner ou se soumettre à une discipline par ferveur religieuse ou pour tout autre raison est un déni de joie de vivre.
Mais, et c’est là le point clé, ce dernier paragraphe n’est que MON avis ! Rien ne permet d’affirmer que toutes les femmes au monde seraient heureuses de s’habiller à l’européenne et de montrer leur corps ou du moins leur silhouette en public. De même, rien ne permet d’affirmer que l’auto-contrainte et le respect de préceptes que je juge de l’ordre de la superstition et dans l’ensemble être un obstacle à MON bonheur, sont bien des obstacles au bonheur pour autrui. La plus élémentaire tolérance et le respect des droits de l’homme (de la femme ici) veulent dont que chacun puisse, dans les limites de la décence et du respect de l’autre se vêtir comme bon lui semble. Pourquoi alors, n’interdiraient-on pas alors la cornette des nones, voir l’ensemble des vêtements des religieuses ou les robes des moines qu’ils soient bouddhiste ou catholiques ? Faudra-t-il donc interdire aussi de diffusion Don Camillo, que j’aime tant voir et revoir, parce que Fernandel y joue en costume de prêtre ? Je sais, je force le trait (encore que, pas tant que cela), mais c’est pour faire saisir l’idée…
N’en déplaise à Elisabeth BADINTER, cette approche du problème par la loi me semble bien être contraire à ce qu’elle pense défendre : les femmes et le droit des femmes.
De deux choses l’unes, ou ces femmes s’habillent ainsi « librement » (pour autant qu’on puissent se dire libre dans un contexte culturel et religieux contraignant) et il n’y a pas de raisons pour que le droit de chacun à embrasser un culte soit contesté pourvu que l’ordre public ne soit pas troublé, ce qui n’est pas le cas en l’espèce, ou ces femmes sont contraintes de se vêtir ainsi et c’est alors aux oppresseurs que doit s’en prendre la loi et la force publique.
Car s’il faut lutter contre la violence faites aux femmes (et je souscris avec ferveur à cette lutte), il est pour le moins maladroit que de leur interdire le port de vêtements que leurs oppresseurs (frères ou maris) les forcent à porter, de même qu’il était imbécile d’inventer le délit de « racolage passif » pour interpeller une femme, contrainte à la prostitution, qui affiche sa « profession » par une tenue provocante (selon quels critères au passage ?), autorisant ainsi les forces de l’ordre à s’en prendre à la victime au lieu de rechercher les souteneurs. Espérer mettre fin à la prostitution subie par le harcèlement policier des prostitués subissant l’oppression sans lutter activement contre les souteneurs est un des plus beaux exemples récents de violence faites aux femmes par le gouvernement de mon pays. Récidiver, cette fois-ci dans le sens inverse, ne fait que rajouter à l’idiotie. L’état attendrait-il donc des femmes qu’elles soient ni trop ni trop peu vêtue ?
Ce serait risible si ce n’était que la moitié de la population française (les femmes) risquent désormais devoir se poser la question avant de sortir : Suis-je trop ou trop peu vêtue ? Certes, elles se posaient auparavant cette question à chaque fois, mais la réponse qu’elles y apportaient dépendait de leur humeur et de leur désir de plaire et / ou se plaire et en aucun cas de prescription émanant de la loi.
La république ne reconnait ni ne subventionne aucun culte ; elle ne doit s’intéresser à eux que lorsqu’ils peuvent entraîner des troubles à l’ordre public ou éventuellement des atteintes physiques ou psychologiques à leurs membre. Lutter contre la violence faite aux femmes sous le couvert d’une religion passe davantage, me semble-t-il, par le dialogue que pourrait instaurer une représentante, féminine, des forces de l’ordre avec une femme « voilée » pour lui demander, dans un lieu public et loin du regard de sa famille, donc « neutre », si elle se sent libre ou si elle entend déposer plainte, par la fourniture de tracts d’associations de femmes battues ou maltraitées, par la mise à disposition de locaux d’accueil, d’écoute et d’hébergement de femmes en fuite avec ou sans leurs enfants, par la solidarité républicaine due aux faibles via les assistantes sociales, les associations caritatives et les pouvoirs publics que par une amende ou une arrestation pour « port du hidjab sur la voie publique ».
Evidemment, c’est plus difficile, sans doute très couteux et moins porteur politiquement de s’occuper vraiment de ces problèmes que de légiférer dans la haine et la bêtise des lois inapplicables et / ou liberticides pour satisfaire l’électorat vieillissant d’une France qui, de plus en plus, déteste la différence…
Bonnes fêtes de fin d’année à tous, moi je vais de ce pas ré-écouter « Miss Maggie » de Renaud.
Ar c’hazh du.