La gazette de Janvier 2008 :

Publié le par Ar c'hazh du.

Miaou Lecteur,

Janvier, c
’est le mois des frimas et des vœux.

Notre despote élu pour 5 ans s’est particulièrement illustré lors de ces vœux à la presse en amusant sa (basse) cour par des saillies d’une spiritualité digne d’un animateur du club med. Bonne fille, la (basse) cour s’est esbaudie toute émoustillée d’être dans le saint des saints auprès du souverain. Après tout, le peuple ne mérite sans doute guère plus et les propagandistes se chargeront bien volontiers de diffuser ces bonnes paroles du leader auprès des masses qui s’en délecteront.

Ils rient ces bons apôtres, ils rient et j’ai froid.

On remboursera moins les médicaments. La pharmacie est un secteur ou les profits sont rondelets mais on continue à nous sanctionner pour notre attitude irresponsable face aux médocs. Nous avons, paraît-il, des médicaments " de confort "… Quel confort, quand on souffre, que de moins souffrir certes ! Ce confort doit être donc réservé aux riches ? La douleur d’un pauvre ça doit être moins douloureux, surtout pour le riche. Et puis ils sont sans doute habitués à force, ces pauvres, à souffrir… Voilà encore une grande avancée sociale, l’accès aux soins quelque soit sa richesse que l’on remet en cause. Bien sûr pas brutalement et tout à trac, mais doucement subtilement, un non-remboursement par ci, une hausse des prix de la consultation par là, sans rien dire tandis que la cour rit.

La pharmacopée rit, et le malade à froid.

On vient de tuer ce qui restait du droit du travail. Désormais un patron pourra se débarrasser d’un employé par consentement mutuel. J’imagine déjà le dialogue " d’égal à égal : "

Le Boss : - Machin je vous vire, vous êtes d’accord ?

Machin : - Mais pourquoi ? J’ai fait une faute ?

Le Boss : - Ce n’est pas une réponse, c’est moi qui pose les questions ! Je vous vire, êtes vous d’accord ? Si oui signez là, sinon je vous vire pour faute grave et vous n’aurez droit à rien.

Machin : - Mais je n’ai pas fait de faute grave !

Le Boss : - Vous pouvez toujours attaquer la boîte aux Prud’homme. Avec un peu de chance et beaucoup d’argent dans 2 ans on vous donnera raison. D’ici là, j’aurais mis la clef sous la porte de cette boîte qui sera dans l’impossibilité de faire face à la décision du tribunal. Moi j’en aurais ouvert une autre rassurez-vous ! Alors, vous êtes d’accord ?

Machin : - Bin et si je dis oui ?

Le Boss : - Alors on signe un papier, vous êtes viré mais vous avez droit à vos indemnités de chômage…

Machin : - En gros ou j’accepte et je touche ou je refuse et je ne touche probablement jamais mais de toute façon je suis viré ?

Le Boss : - Voilà, ça s’appelle la flexi-sécurité, vous êtes flexible et je suis en sécurité ! Allez, signez là, on se sépare à l’amiable c’est pour votre bien !

J’ai entendu un type sur France Culture (oui j’écoute cette radio et je vous recommande d’en faire autant) qui expliquait que cette mesure était une bonne mesure car elle permettait à un employé en désaccord avec son patron sur la conduite de la boîte de quitter celle-ci et de toucher quand même des indemnités de chômage. Il faudra un jour que je vous dise comment les Assedics font pour ne pas payer les chômeurs mais un autre jour.

En réponse à ce clown, je crois que le vrai problème serait plutôt de donner aux employés les moyens de virer un patron " à l’amiable " quand ils ne sont pas d’accords sur la conduite de la boîte…

En attendant il rit le Boss, il rit et l’ex-employé à froid.

Crack en bourse.

Depuis le temps que cela couvait, ce n’est pas surprenant. C’est comme le Big One à Frisco. Il couve, le jour ou il sera là on dira : " Ah tout de même, depuis le temps ! ". Et bien là ça y est, c’est là les " sub primes " ont déclenché le truc. La spéculation des financiers géniaux des 20 dernières années se révèle au grand jour. Les bulles explosent les une après les autres, la confiance (LE mot clef de ce milieu) disparaît. Tout le monde prend peur et personne ne veut plus risquer un kopec dans le jeu qui les a tous grassement enrichi jusque là. Enrichi de quoi ? De rien justement ! Mais comme tous ont fait semblant d’être riche et fait semblant de croire les autres riches le système fou fonctionnait.

Mais quelqu’un a dit : oh ! Le roi est nu ! Grand silence ! Panique et chute des cours. On le savait tous, quelques journalistes (des vrais, de ceux qui enquêtent, pas de ceux qui rient aux facéties pitoyables du souverain) avaient même écrit à ce sujet, sur les " hedge funds ", les " sub primes ", les " effets de leviers " et autres euphémismes gentils pour décrire la spéculation et l’âpreté aux gains. On prédisait la chute, la chute est là. La Fed baisse ces taux, la BCE fait le contraire. On ne sait que faire, les " économistes " sont partagés, faut-il une relance keynésienne, faut-il " assainir " le marché ?

Quand la bourse monte les riches s’enrichissent, quand elle descend, les pauvres s’appauvrissent ! On disait autrefois maudite soit la guerre et pourquoi la guerre ? On doit dire aujourd’hui maudite soit la bourse et pourquoi la bourse ?

Le Chat Noir rit car il faut se dépêcher de rire de tout de peur d’avoir à en pleurer, le Chat Noir rit, il rit mais il a froid en cette fin janvier.

Alors puisqu’il faut vouer malgré tout :

Je souhaite à tous ceux qui travaillent pour vivre, qui mènent une vie honnête quoique laborieuse, le bonheur auquel ils aspirent, la justice qu’ils méritent, la santé qu’il leur faut et la joie d’une vie remplie.

Je souhaite aux autres d’ouvrir leur cœur de comprendre la folie, la futilité et l’inanité de leurs actes et de revenir aux valeurs universelles qui doivent nous éviter tous ces drames humains et planétaires.

Ar c'haz du.

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J
ET bien, si on se prends la tête sur certains points sur les MT, je vois que l'on est du même avis ;-)<br /> <br /> En tout cas continu comme ça longue vie au chat blanc
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