La gazette de janvier 2009 :

Publié le par Ar C'hazh Du

Miaou lecteur,

 

Janvier, un an de passé depuis l’ouverture de mon blog…

L’an passé à pareille époque, j’avais pointé la gouaille triomphante du despote élu pour 5 ans devant un parterre de journaliste hilares. Cette année les vœux à la presse et à la France se sont déroulés sous un autre signe ; Celui de la chape de plomb. L’amuseur ne fait plus rire et présente plutôt désormais le hideux visage de l’autoritarisme. Il a perdu de sa superbe notre dirigeant. En un an, d’agitation frénétique en effet d’annonce de nomination surprise en production de lois scélérates, son activisme a fini par lasser, au sein de ses troupes et même dans les couches populaires, le noyau de naïfs qui avaient cru que les promesses populistes faisaient de leur auteur un ami du peuple. Alors, à défaut de soutien, à défaut de légitimité, faute de pouvoir désormais convaincre, et afin de masquer son désastreux bilan économique et social, le fiasco de sa politique interne comme externe, il lui reste la force, celle que lui confère sa fonction. Et il poursuit cette folle fuite en avant. " Réforme ", réforme toujours et toujours plus vite. Comme Robespierre, il réclame de l’audace encore de l’audace toujours de l’audace pour sauver… Sauver quoi la république ? Non, lui même et sa clique bling bling, d’affairiste et de corrompus, avides de se refaire suite à leurs déboires, le crack spéculatif leur a coûté cher reconnaissons-le, " vite Mr Président sauvez-nous ! "

 

Tentative de passage en force sur l’audiovisuel. La presse et la télévision privée, par nature soumise aux impératifs de rentabilité, donc peu encline à dénigrer le grand capital, dont elle attend des subsides publicitaires et qui peut même se payer le luxe de l’acheter afin de faire publier " l’info qu’il faut ", ont suffisamment montré au cours des années passées à quel point elles étaient inféodées au pouvoir, hypnotisées par ses ors et incapable même d’esprit critique, à défaut d’esprit de contradiction. Le rapport des potins de cour, de la vie sexuelle du président à la déchéance de tel (ou telle) ministre, a cédé le pas sur l’analyse des projets de loi, de la situation économique et sociale du pays, ou de l’avancée de la construction européenne… Certes, il reste un petit bunker d’irréductibles dans la presse ; Marianne et quelques autres ont dit et continuent à dire, et souvent avec panache, le mal qu’ils pensaient du néo-libéralisme mais ils ne prêchent qu’un petit nombre de convertis. Je n’évoque le cas des médias Internet que pour la forme, leur faible lectorat les rend, hélas, marginaux. Quand a la radio je manque de recul, n’écoutant que France Culture qui, en dépit de son incontestable qualité n’a qu’une audience marginale. Toutefois, pour entendre parfois dans les bus les radios plus " populaires ", il me semble bien qu’elles sont le reflet sans image de la télé en matière d’information. Quoi qu’il en soit, la principale source d’information, pour le peuple, reste la télévision et sa " grande messe du 20h ".

Mais son " opinion " se fait aussi par l’entremise de séries de fiction, policières pour la plupart, souvent importées des USA, et qui distillent un message d’intolérance, de peur, et donne à penser que la Patrie, le Pays (celui des civilisés) vit sous la loi martiale, dans une atmosphère de guerre civile ou les bons, c’est à dire les forces de l’ordre, luttent, dans un Ragnarök crépusculaire, contre les forces du mal, à savoir en vrac, les terroristes, les fanatiques religieux (forcément islamistes), les petites frappes des quartiers aux ordres des barons de la drogue, les " ultra " gauchistes et tant d’autres figures épouvantails encore… Des séries ou les " bons " parce qu’ils sont " bons " ont donc tout à fait le droit d’utiliser la force et le pire de la force, l’exécution sommaire et la torture, contre les " méchants " justement parce qu’ils sont " méchant ".

Cette " justification " sournoise, lancinante, martelée de la barbarie m’est insupportable. Mais ce qui m’est encore plus insupportable c’est de penser que ces séries rencontrent le succès populaire. Petit loup blanc comme tu es faible ! Panem et circenses, la recette romaine fonctionne toujours et, par la violence et l’angoisse qu'elles distillent, ces séries rebondissent sur une actualité volontairement noircie issue du 20h, entretenant l’idée que nous sommes en guerre et même en état de siège et, par là, qu’il est normal, voir légitime, que le gouvernement prenne des " mesures " énergiques, difficiles et autoritaires et que le peuple fasse des sacrifices à commencer par celui de ces libertés les plus fondamentales.

Mais pour que cela fonctionne, encore faut-il s’assurer que, dans le même temps, il ne soit pas possible de montrer à la télévision, un chef de l’état et sa clique gouvernementale en vacances (au hasard au Brésil), nageant dans les eaux bleus d’une piscine luxueuse à bord d’un yacht, ou au bras d’un mannequin croulant sous le poids de l’or de ses bijoux, ou un verre de champagne à la main dans un jet privé vautré dans un fauteuil grand confort et tout sourire devant (ou derrière...) une " hôtesse " prévenante. Ces images je ne dis pas qu’elles existent, je dis qu’elles pourraient exister. Et c’est là le problème ; difficile de maintenir le peuple en état de guerre, donc en état de soumission aux chefs, s’il peut se rendre compte que ce n’est pas forcément le cas pour ces même chefs. Donc il faut un contrôle des images, surtout celles qui touchent les dirigeants. C’est le vrai sens de la réforme de l’audiovisuel public. Si le PDG des chaînes privées pour des raisons évidentes d’intérêt bien compris, se gardera de montrer quoi que ce soit qui gênerait le pouvoir, un " PDG " de chaîne publique, hors de contrôle, pourrait lui commettre une telle bévue… Mieux vaut l’en dissuader en lui faisant savoir, dès sa prise de fonction, qu’il est révocable directement par le Prince sur simple caprice de celui-ci, comme était embastillable quiconque par simple lettre de cachet scellée par le roi peu avant 1789…

Pour être objectif, si faire se peut, je pense que la suppression de la publicité sur le service public est une bonne chose pour peu que la perte de recette soit intégralement compensée par l’état, donc par l’impôt et / ou par une taxe prise aux chaînes privées sur leur recettes publicitaire. A ce jour, ce point fait toujours débat. Toutefois, il était inutile de placer dans cette même loi l’autorisation d’augmenter la part de la publicité dans la grille des chaînes privées par l’adjonction d’une seconde " coupe publicitaire ". Sauf, bien sûr, à plaire aux dirigeants des chaînes privées, vieille pratique du séné et de la rhubarbe… Je vois même poindre dans un futur proche, 2 ou 3 ans, le rétablissement de la pub sur les chaînes publiques au motif que les finances de l’état ne permettent plus d’en assurer leur financement. Bien entendu, on ne reviendra alors pas sur la seconde coupe publicitaire pour les chaînes privées… Là aussi vieille tactique stalinienne du salami. Mais je fais là sans doute de la politique fiction et, en tout cas, un procès d’intention.

Quoi qu’il en soit, le sénat, traditionnel bastion conservateur et opposé à tout changement trop brutal vient de conditionner la révocation du PDG des chaînes publiques, à l’assentiment des 2/3 du parlement. Cet amendement va déplaire à l’exécutif… Heureusement que la chambre des députés a le dernier mot. Mais ce dernier mot sera-t-il celui du despote élu pour 5 ans ? A suivre...

 

Seconde round dans le plan de relance. L’état constate que son action de relance pourtant présentée alors comme rapide, massive et pertinente, suite au plus gros crack économico-financier enregistré depuis 1929 (mais le " record " pourrait bien tomber dans les mois, voir semaines, qui viennent…) est loin d’être suffisant. Je dis  " économico-financier " car il est assez difficile finalement de savoir qui est la poule et qui est l’œuf dans cette affaire. La faillite financière a-t-elle entraîné la récession ou la récession était-elle en germe déjà l’an passé et a-t-elle entraîné la faillite financière, précipitant à son tour la récession ? Peut importe au fond, le système était pourri depuis longtemps. Quant un bateau fait eau de toute part, peu importe de savoir s’il coule dans l’eau ou si c’est l’eau qui le remplit, les passagers et les marins se noient et ce d’autant plus vite qu’ils sont à fond de cale. Le capitaine, ses officiers et leurs mignons, eux, auront toujours une place dans une chaloupe…

Le plan donc était insuffisant, les banques se font tirer l’oreille pour lâcher un peu de l’argent reçu de l’état vers les particuliers et les entreprises et leurs dirigeants refusent de lâcher leur prime de Noël. Toujours pas la moindre, en dépit de discours moralisateurs, ébauche de proposition pour mettre la spéculation au banc de la finance...

On envisage même de refinancer l’automobile, secteur moribond d’une société ou le tout pétrole vit son chant du cygne, la bagnole représente toujours la liberté, l’indépendance et un statut social. Mythe d’autant plus dépassé que la voiture est désormais dans presque tous les ménages y compris les plus défavorisés et que le temps perdu dans les embouteillages n’est certes pas un gage de liberté…

La société a, depuis plus de 30 ans, obérée toutes chances de recherches sérieuses d’alternative crédible aux hydrocarbures, et refusée tous investissements importants dans la recherche (hormis le trop peu connu et mal financé programme ITER), au motif que demain est un autre jour et qu’on a assez de souci avec le présent ; une mentalité de vieux nantis. Au lieu de saisir, via cette crise et le couteau sous la gorge, la chance de changer l’approche passéiste et conservatrice, nos dirigeants préfèrent alimenter, une fois encore, les industries condamnées au lieu de soutenir les innovations. Le couteau va donc immanquablement s’enfoncer dans la gorge, la nôtre celle de ceux qui ont besoin de progrès techniques pour dynamiser le progrès social pour améliorer leurs vies.

Par ailleurs, l’accord UNEDIC ratifié par un seul syndicat " social traître " est dénoncé par les autres qui en appelle désormais à l’arbitrage du gouvernement. Dans le climat social chauffé " au rouge " par la crise, je suis curieux de voir la décision que va prendre le gouvernement, c’est à dire le chef de l ‘état puisque celui-ci assume désormais de nouveau ce rôle depuis qu’il n’a plus la présidence de l’union Européenne. Faute de grive, il doit manger des merles... Mais je deviens moqueur.

 

Action sociale du 29. Nul besoin donc d’expliquer plus avant pourquoi la grève générale du 29 a rencontré le succès que l’on sait. Dire que le droit de grève a été limité au point que : " Désormais quand il y a une grève en France personne ne s’en aperçoit ! " comme le pérorait le 5 juillet dernier devant un parterre de militant encostardé, notre despote élu pour 5 ans. Env. 1 million de personnes, je crois que là, on s’en est aperçu. Qu’eut ce alors été sans les lois de service minimum et autre ?

Alors, l’aube d’une nouvelle ère ? Nouvelle prise de la bastille ? Sans doute pas. Réveil des forces sociales faute d’une représentation politique sérieuse, peut être. Cette fin de mois de janvier j’ose penser, un peu, à une possibilité de changement... Je nous le souhaite à tous en tout cas, puisse 2009 nous ouvrir une porte.

 

Ar c’hazh du.

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L
... quant a l'analyse des greves... vu de tres loin, je ne partage pas ton entousiasme sur ce succes.<br /> J'ai l'impression que c'est "juste" une greve qui dit "on n'est pas content, ca va pas". Bref pour raler comme tout bon Francais. Remarque c'est peut etre un certain sentiment nationaliste qui s'exprime comme ca? C'est bien typiquement Francais. Si on mettait la meme energie a faire des choses (faire sa vie, faire un monde meilleur, aimer, bosser, jouer ... qu'importe) la France serait un pays merveilleux.
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L
je suis tres duvergeatif au sujet de ton analyse du plan de relance automobile.<br /> L'aide n'a pas pour but de donner une nouvelle voiture aux citoyens comme je le comprends dans otn texte, mais de soutenir les boites qui vivent de la production de voiture.<br /> A noter d'ailleurs que plous ca va, plus l'ultra liberalisme tend a ressembler au cumunisme, avec un état choisissant tel ou tel projet industriel et le financant, ou l'état intervient a fond dans les choix des entreprises ... et dicte la vie du citoyen. "L'esclavage, c'est la liberté"
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L
C'est quoi la "vieille pratique du séné et de la rhubarbe…"?
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L
sur quoi te bases tu pour ecrire "Je n’évoque le cas des médias Internet que pour la forme, leur faible lectorat les rend, hélas, marginaux." Le net me semble au contraire une source inepuisable de visions alternatives, documentées ou pas, partisanes ou non. Certes. En tout cas, c'est une source bien plus riche que la presse ecrite. Justement parce qu'elle echappe aux pressions ou simples besoins de subsistances que tu évoques. Maintenant, est ce que le net est plus ou moins lu que Mariane et les autres? J'en sais fichtrement rien. poil aux mains.
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L
Bien cher matou.<br /> Il y a un element tres derangeant dans cette page. Cela me chat-grine d'autant plus que je vous connais pointilleux, au point que je me lance pour vous en faire la remarque.<br /> a la 14eme ligne du 2nd paragraphe, une virgule s'est glissée avant un point.<br /> Si le point virgule eut été votre désir, pourquoi donc reffuser la position supérieure du point en ne le placant qu'après?<br /> <br /> Ou alors une préposition située entre la virgule est le point a été suprimée. <br /> - Par l'auteur plein de remord? <br /> -Par les services spéciaux désirant protéger le citoyen de toute pensée alternative, c'est a dire qui est n'est donc pas dans la lignée de la cour, qui peut donc pousser a la revolte populaire, donc au desordre et au manque de sécurite, et qui serait donc un premier pas vers le terrorisme?
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