La gazette de mai 2011 :

Publié le par Ar C'hazh Du

Miaou lecteur,

 

Un mot sur la prime exceptionnelle que le gouvernement entend faire verser par les entreprises à ces employés.

 

Tout d’abord, un rappel de la situation :

La raison majeure de l’appauvrissement général des populations (on dit aussi les masses laborieuses) est la confiscation systématique (c'est-à-dire résultant d’un système) d’une partie de la richesse produite par tous au profit d’une frange très minoritaire de la dite population. Lorsque cette confiscation n’excède pas le taux de remplacement des richesses détruites (par usure, obsolescence et maladresse), elle peut passer inaperçue, donc rester socialement acceptable, puisque le pouvoir d’achat moyen croit, même si cette croissance est amputée. Mais lorsque cette confiscation dépasse ce taux de remplacement, le pouvoir d’achat diminue et la population laborieuse s’appauvrit en dépit de la création de richesse.

Je raisonne là en terme macro, il va de soi que le pouvoir d’achat individuel peut être déjà très diminué pour certaines classes sociales tandis que les autres classes continuent de profiter d’une croissance faible en moyenne. Mais il ne fait pas de doute que si la ponction des classes les plus favorisées se maintient constante alors que la croissance s’essouffle, c’est l’ensemble des classes laborieuses (la partie du peuple qui produit la richesse) qui va s’appauvrir.

C’est exactement ce que nous vivons de nos jours, où banquiers, spéculateurs, grands capitaines d’industrie et autres petits porteurs retraités ou en passe de l’être exigent toujours plus de profits du capital investi alors qu’ils auraient du voir leurs investissements compromis par l’explosion de la bulle de 2008 si l’état, c’est à dire : nous, n’avait pas décidé de racheter leurs pertes ou, à tout le moins, de « garantir » leurs avoirs creusant en contre coup le déficit public et légitimant a posteriori la rigueur budgétaire justifiant à son tour le maintien de l’injustice sociale. Quelle admirable boucle sophistique !

 

L’idéologie néo-libérale qui favorise iniquement cette classe privilégiée, classe qui impose le modèle de société dans la ploutocratie qu’est devenu le monde globalisé, interdit aux états, et tout particulièrement en Europe ou l’expérience libérale est la plus dogmatique, d’exercer une quelconque fonction redistributrice via l’impôt, les nationalisations ou l’inflation. Que reste-il donc aux états, hormis la supplique aux entreprises (donc aux actionnaires) de lâcher quelques miettes à l’endroit des salariés pour éviter les émeutes de la faim ?

 

Or, il est piquant de constater que même dans cette tentative à visée principalement électorale, l’injustice se ferait largement sentir puisque seuls les salariés (donc ni les chômeurs ni les RMIste, ni les laissés pour compte en général), bénéficieraient de cette mesure… Ce seraient donc en fin de compte les plus « riches » des classes laborieuses qui verraient ainsi leur pouvoir d’achat augmenté.

 

Il est tout aussi piquant de voir que les chantres du libéralisme en sont réduits à de vulgaires mesures (mesurettes ?) de relance dans le style Keynésien, approche tant méprisé au nom de la lutte contre l’assistanat.

 

Fort heureusement, les dirigeants des entreprises sollicitées se refusent catégoriquement à se prêter à cette injustice ! Bien entendu, non par souci de justice sociale mais tout simplement parce que si leur entreprise distribue une prime aux salariés il y a moins de dividende à distribuer aux actionnaires. Et moins de dividendes aux actionnaires (dont ils font le plus souvent parti) cela signifie aussi  un risque non négligeable pour leur place. Par ailleurs, un titre boursier moins profitable chute, ce qui est aussi mauvais pour les stocks option. Bref, rien à gagner et beaucoup à perdre. Et inutile de parler de morale ; moraliser le capitalisme, c’est un discours à adresser aux électeurs, pas aux patrons qui en riraient dans les fumoirs des palaces ou ils descendent.

 

Au final, comme de coutume, beaucoup de bruit, un peu de poudre aux yeux et passez muscade. Que le peuple continue à se laisser manipuler ainsi me laisse toujours perplexe.

Mais se laisse-t-il toujours manipuler ? Les espagnols, portugais et grecs bougent, le couteau de la rigueur a glissé sur leur gorge une fois de trop semble-t-il et lorsque la menace exaspère, même les plus fatalistes peuvent se révolter… Attendre et voir donc ; mai 2011 pourrait bien avoir été le début d’un autre printemps des peuples.

 

Ar c’hazh du.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article