La gazette d'avril 2011 :
Miaou lecteur,
Il est, je pense, bien connu de tous (au moins depuis que Bigard en a parlé dans l’un de ces sketch), que le chimpanzé (et dans une moindre mesure le gorille) partage une écrasante majorité de ces gènes avec notre espèce Homo (env. 99%). Il est peut être moins connu que le genre chimpanzé possède 2 espèces : le chimpanzé bien connu des amateurs des films de Tarzan, de la série Daktari de la planète des singes ou du film plus confidentiel « Link », et un chimpanzé tout différent (mais si semblable pourtant), le chimpanzé nain ou bonobo (respectivement donc le pan troglodyte et le pan paniscus comme disent les spécialistes et les pédants).
Même si de récentes études en milieu naturel ont, en partie, invalidé le mythe du bonobo doux et sociable, vivant en harmonie et dans un univers matriarcal et régi par les rapports sexuels en lieu et place des rapports de force, il n’en reste pas moins que le bonobo a, comparativement à son co-genre, un mode de vie plus participatif et partageux et surtout moins agressif.
Sans tomber dans un revival du mythe rousseauiste du bon sauvage, il est tentant de filer la métaphore et de discerner dans l’espèce humaine nos propres Chimpanzés et Bonobos ou plus précisément, les attitudes et comportements chimpanzés et bonobos.
Ainsi, le chimpanzé aime ce qui brille (les Rolex, les voitures (ou avions) clinquantes et les Pétasses), trouver sa place dans une hiérarchie (de préférence tout en haut), la compétition et la concurrence (qu’il prétend rendre libre et non faussée), raisonne à court terme et n’agit qu’en fonction de son intérêt immédiat, s’attribut les succès d’un groupe et rejette la responsabilité de ses échecs sur ce même groupe, pense que les autres sont aussi retors que lui et que, de ce fait, il a bien raison de s’en méfier et de s’en servir, se dit que si ce n’est pas lui alors un autre le fera, considère que les gens sont soit des loups ou des moutons et qu’il ne veut pas être tondu…
Le bonobo lui aime le partage, l’échange, pense que le groupe est plus fort que la somme de ces constituants, ne se sent ni supérieur ni inférieur et rejette toute forme de hiérarchie au profit de la synergie, sait que la concurrence libre et non faussée c’est celle du renard libre dans un poulailler libre, pense long terme et agit en conséquence même au détriment de son intérêt immédiat, reste modeste devant le succès qu’il attribut à une équipe et assume sa part dans un échec, espère les autres sympathiques et recherche les échanges empathiques, sait le groupe de moutons plus fort que le loup solitaire aussi longtemps que le groupe reste uni…
Le bonobo pense confiance et partage lorsque le chimpanzé pense défiance et profit. Si tu te sens bonobo, ami lecteur, je t’enjoins à rechercher tes pareils (ils existent mais ils se cachent, redoutant d’être victime d’un chimpanzé et tu devras doucement les apprivoiser), ils t’apporteront douceur, joie et réconfort. Mais je t’enjoins aussi et surtout à fuir les chimpanzés, physiquement fuir si c’est possible, mentalement (en n’écoutant ni leurs injonctions, ni leurs manipulations) sinon. Ces êtres sont toxiques, ils te sapent ta joie de vivre et tes bonheurs simples. Ils n’aiment pas te savoir heureux et feront tout pour te nuire moralement, voir, à l’extrême physiquement.
Epicure enseigne la recherche de l’Ataraxie par la fuite du déplaisir. Lutter ne sert de rien : si tu perds tu en seras malheureux, si tu gagnes tu deviens un chimpanzé, dans les deux cas, tu t’es oublié et n’es plus toi-même.
Pourquoi ce petit vademecum ? Pour moi-même d’abord, récemment victime de managers chimpanzés (les seuls existants désormais dans nos boîtes que seul le profit semble encore justifier) et pour vous, mes amis bonobos, si vous ne le saviez pas déjà.
Allons voici mai, le mois des fleurs et des espoirs, la saison des cerisiers, même au Japon ils ont fleuri…
Ar c’hazh du.