La gazette de novembre 2010 :

Publié le par Ar C'hazh Du

Miaou lecteur,

 

Maintenant que le sujet a (enfin) fait long feu, je peux vous en parler calmement : Je fais allusion au « grand débat » sur « l’identité nationale ». Calmement, c'est-à-dire en passant sous silence toute la pestilence populiste, racoleuse et pour tout dire xénophobe voir raciste que véhicule fatalement ce genre de « sujet ».

 

Car évoquer l’identité des membres de la nation fausse le problème et conduit quiconque y prend part dans un piège ; En effet parler en ces termes, c’est faire comme s’il existait un modèle identitaire auquel tous nous devrions ressembler et que dans sa grande magnanimité, notre gouvernement nous appelait à définir par le truchement d’un vaste débat… Y participer est donc accepter un présupposé scandaleux : il existe une bonne (et donc une mauvaise) façon d’être français.

Et bien non, ces prémices sont faux et donc le débat sans objet. La loi encadre ce qui fait de nous des citoyens de la république française (naissance, naturalisation et dans des cas extrêmes déchéance). Le reste c’est de la bouillie pour les chats et pour les chiens comme disait mon maître Georges.

 

La France est un état de droit et un état qui se veut exemplaire au regard des droits de l’homme. Force est de constater qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et que selon la formule de Maître Eolas, à ce sujet, elle est « croyante mais non pratiquante ». Toutefois puisque nous, citoyen de la république française aspirons à éclairer le monde, des lumières de la raison, nous ne saurions nous reconnaître dans une identité mesquinement nationale, du simple fait que notre culture prétend, ambitieusement j’en conviens, à l’universalisme.

 

Par ailleurs, la France est signataire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui est, je le concède, une simple déclaration, mais aussi de la Convention Européenne des Droits de l’Homme qui est annexée aux traités européens et en tant que telle à force de loi. Et cette convention accorde des droits non pas aux « Citoyens de l’union » mais à « Toutes personnes ».

 

C’est cet universalisme magnifique qui me fait aimer ce texte et les hommes chargés de le faire respecter. Quelle belle largeur de vue comparée à cette minable et détestable « identité nationale ». Au sein des pays de l’union (donc en France), ressortissant des pays signataires ou pas, « toute personne » est garantie de droits. Il resterait, pour être parfait, à définir ce qu’est une personne mais j’ose espérer qu’on m’accordera qu’une telle définition s’applique aussi aux ressortissants des pays n’appartenant pas à l’union européenne…

 

Parmi ces droits, il y a, excusez du peu, le droit à la vie (publique et privée) et à la liberté (de mouvement et de conscience). En sus, la discrimination est interdite par ce même texte.

Or cette notion « d’identité nationale » par le conformisme sous-jacent qu’elle implique, dénie, le doit de chacun à être comme il le souhaite en le contraignant à être ou, au moins, paraître ce qu’il n’est pas. Elle institue de fait une discrimination entre les « bons » (car conformes) et les « mauvais » (car réfractaires) français.

 

Par ce « débat », le droit à la vie et à la liberté de conscience est, au moins potentiellement, menacé, ce qui est inacceptable d’un point de vue moral et illégal au regard des traités signés par la France. Un gouvernement tout acquis à un président constitutionnellement gardien des traités devrait être plus respectueux de nos institutions, cela lui éviterait pour de bas motif d’opportunisme électoral, de sombrer dans le populisme puant et l’illégalité internationale…

 

Fin donc de ce non-débat, bonne fin d’année à tous,

 

Ar c’hazh du.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article