La gazette de mars 2011 :
Miaou lecteur,
Ce mois-ci, un nouveau cran passé sur la roue à rochet (système technologique astucieux qui permet la rotation dans un sens mais pas dans l’autre grâce à verrouillage par cliquet) qui nous rapproche inéluctablement de la révolte du (des) peuple(s), et du balayage conséquent de nos institutions démocratiques et de notre état de droit pourtant mis en place pour substituer la violence verbale de la politique à la violence physique de la guerre civile.
Pour les petits loups blancs qui passent par ici, je rappelle que je ne suis pas un contempteur de la révolution, que la violence me fait horreur, que j’aimerais un monde de fraternité et de partage des richesses produites en commun et dans la synergie ou chacun aurait son dû auquel s’ajouterait le partage équitable du surplus, produit de la dite synergie. Je pense ce monde possible du simple fait que j’y pense et de ce que les sociétés sont le résultat des réflexions et actions des hommes et non le résultat d’une fatalité ni d’un ordre divin.
Toutefois ce monde possible se heurte à un autre monde possible, le nôtre ! Heureusement je pense que notre monde est bien trop instable pour perdurer ainsi et qu’il s’engrène mécaniquement et inéluctablement (d’où la métaphore de la roue à rochet) vers une révolte, sporadique et isolée dans un premier temps, plus générale ensuite du simple fait de l’impossibilité qu’il y a à maintenir sous le joug un nombre croissant de personnes avec un nombre constant d’oppresseur pour le compte au final d’un nombre faiblissant de nantis toujours plus nantis.
Cela dit, les places parmi les oppresseurs étant chère, il faut faire montre de talent bien sûr, d’une absence totale de scrupules (être littéralement sans vergogne c'est-à-dire ne pas respecter les règles de la vie en société, à commencer par le respect élémentaire de la personnalité de chacun et la reconnaissance qu’autrui est son frère) mais il faut aussi, pour complaire, savoir faire la différence. Et en ce domaine, se montrer plus royaliste que le roi est toujours une valeur sûre. Dans ce but, un certain Lorezo BINI SMAGHI (voici sa bio ), membre du directoire de la Banque Centrale Européenne (BCE), essaie de se placer auprès de la cour pour un jour qui sait hériter du poste de banquier suprême de 350 millions d’européens et du pouvoir exorbitant qui va avec : décider de la richesse et surtout de sa répartition en Europe.
Son rêve de royaliste plus royaliste que le roi, c’est, après que les états aient été privés du droit de battre monnaie (traité de Maastricht), de les priver aussi du droit de faire de la dette. Et pour ce faire, de donner mandat à une organisation indépendante, comme l’est aujourd’hui la BCE, de lever les impôts nécessaires au comblement des dettes résultant du déficit public des états. Ma source .
Rappel :
- Si les états émettent de la dette c’est parce qu’ils ont été privés du droit d’émettre de la monnaie pour payer la dite dette, monnaie qui, par le truchement de l’inflation quelle peut générer si elle est émise en quantité supérieure à la richesse produite, conduit à la dévalorisation du capital et, pour peu que l’inflation soit compensée par une politique salariale adéquate (l'indexation) permet une compensation des inégalités sociales causée par l’accumulation du capital.
- Par ailleurs l’émission de dette conduit, aussi longtemps que les états remboursent (ce qu’ils font jusqu’à présent) à l’enrichissement du créancier. Or, la masse monétaire restant constante du fait du contrôle exercé par la BCE, c’est donc le citoyen qui s’appauvrit alors puisque son revenu est amputé par l’impôt servant à rembourser le créancier. Mais si l’état menace de ne pas rembourser, le créancier risque alors de se retrouver floué. Pour éviter ce sort funeste au créancier, Philippe le bel les arrêtait et les exécutait.
C’est donc afin de garantir le remboursement de la créance que Lorenzo BINI SMAGHI veut limiter le droit à la dette et lever l’impôt des états. En abandonnant cette fonction régalienne, comme il l’ont déjà fait pour la monnaie, les dirigeants des états pourraient ainsi se dédouaner à bon compte devant leurs électorats du poids de l’impôt que ferait peser alors « l’organisme indépendant » sur les citoyens et jeter encore une fois en pâture au loups blancs naïf ces « bureaucrates de Bruxelles » en passant sous silence que les dits bureaucrates n’ont que le pouvoir que leur lâcheté à bien voulu abandonner. L’impuissance de l’état devant les situations sociaux – économiques est une mascarades habilement orchestrée par des dirigeants couards qui ne vivent que pour l’apparat et l’illusion du la puissance.
Pour avoir une idée de ce qu’un tel système peut donner, il n’est que de se reporter sous l’ancien régime disons vers 1700 et de suivre l’histoire de la Ferme Générale (Wikipedia en parle aussi) et de la haine qu’elle a suscitée au point d’être une des causes (et, de mon avis, non des moindres) de la révolution Française. Privatiser le recouvrement de l’impôt (car c’est de cela qu’il s’agit au fond) c’est donner à coup sûr le coup de grâce à ce qu’il nous reste de démocratie et donc, car il n’est de dictature qui dure éternellement, nous précipiter dasn une nouvelle révolution.
Miaule petit chat miaule, entends-tu le cliquet de la roue ? Mais baste, c’est le printemps, je vais aller respirer les derniers temps de la liberté dans les odeurs des arbres en fleurs et entendre son chant dans celui des oiseaux.
Ar c’hazh du.